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  • : Israël, ce pays qui pousse l'individu à la recherche de lui-même. Un voyage de retour vers l'Histoire, vers sa propre Histoire.
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Pour ne pas oublier que ce qui se passe à Sderot a commencé par l'évacuation du Goush Katif.


Evacuation de Névé Dékalim en 2005
11 septembre 2007 2 11 /09 /septembre /2007 06:15
Par Jean Tsadik © Metula News Agency
assad

Alors voilà, mercredi dernier, les chasseurs-bombardiers du Hei’l Avir ne se sont pas contentés de survoler le territoire de Béchar Al Assad...
 
Le 14 septembre 1973, soit moins de trois semaines avant le déclenchement de la Guerre de Kippour, l’armée de l’air israélienne envoya une douzaine de ses avions faire un tour du côté de Lattaquié. Lattaquié est le port principal de la petite bande côtière par laquelle la Syrie accède à la Méditerranée. Coincée entre la Turquie et le Liban, cette zone renferme tout ce que le pays possède d’industries, à commencer par ses raffineries, jusqu’à ses usines et ses entrepôts d’armements de destruction massive.

Au printemps et en été 73, des rumeurs avaient couru quant à la réception par la Syrie et l’Egypte de nouveaux missiles soviétiques sol-air, qui auraient une efficacité démoniaque. Pour l’Etat hébreu, il était donc vital d’aller tâter ces systèmes, d’abord, pour s’assurer qu’ils avaient bien été livrés et intégrés par les armées ennemies, puis, pour tester leur dangerosité réelle, et enfin, pour permettre aux équipements de mesure, embarqués sur des navires postés devant Lattaquié, d’appréhender leur mode de fonctionnement.

Mais pour y parvenir, il fallait que les Syriens allument les radars et les instruments électroniques de guidage des SAM, puis qu’ils en tirent contre les appareils du Hei’l Avir (l’armée de l’air israélienne).

Le meilleur moyen de parvenir à ces fins, pensait-on à l’état major de Tsahal, c’était d’envoyer un nombre conséquent d’avions, en formation d’attaque, contre la prunelle du régime de Hafez Al Assad, la zone stratégique de Lattaquié.

Face à la menace des Phantom, pensait-on à la Kiria, le centre de commandement de l’armée, situé en plein cœur de Tel-Aviv, si Assad possédait ces nouvelles fusées, il serait bien inspiré de les utiliser.

L’opération eut lieu, mais les Syriens, entourés par des stratèges soviétiques, n’utilisèrent par leurs nouveaux missiles. En lieu et place, ils envoyèrent leurs meilleurs pilotes, sur leurs meilleurs avions, à la rencontre des Phantom. En résulta un véritable carnage, qui se déroula au-dessus des flots de la Méditerranée : 13 Mig-21 furent abattus en quelques minutes, sacrifiés par la Syrie aux plans de la Guerre de Kippour qu’elle était en train de préparer. Mais en sacrifiant ces véritables Kamikazes, la dictature alaouite avait envoyé deux messages troublants aux stratèges de Tsahal : 1) elle ne possédait pas les nouveaux SAM dont parlait le monde du renseignement et 2), par le sabordage du fer de lance de son aviation, s’il elle en avait possédés, la Syrie les aurait utilisés.

Cette opération coïncida avec l’une des plus célèbres intoxications de l’histoire du renseignement militaire moderne. A l’état-major israélien, on commit l’erreur fatale de sous-estimer son adversaire ; on croyait les Syriens trop stupides et trop fiers pour envoyer leurs pilotes au casse-pipe plutôt que d’abattre quelques avions portant l’étoile bleue de David sur leur carlingue. En fait, l’armée israélienne goba pleinement les deux hypothèses que les hommes d’Al Assad et leurs conseillers soviétiques leur avaient concoctées. Dans les semaines qui suivirent, l’aviation de l’Etat hébreu allait payer au prix fort les effets de la vanité de ses stratèges : elle allait perdre plus de cent appareils, en quasi-totalité abattus par ces missiles "qui n’existaient pas".

La période actuelle ressemble en bien des points à celle qui prévalait en septembre 1973. Même période de l’année. Même tension guerrière à la frontière, mêmes rumeurs quant à la livraison par la Russie, à la Syrie et à l’Iran, d’un nouveau missile sol-air : le Pantsyr-S1E, en français, le "coquillage".

Selon les experts, il s’agirait cette fois de la plus formidable machine à abattre des avions jamais imaginée par l’homme. Elle défendrait totalement une aire de 20 kilomètres de long, jusqu’à une hauteur de 10 000 mètres. Le Pantsyr est capable de lancer – même pendant que ses transporteurs sont en mouvement - 12 missiles, qui peuvent se fixer sur deux cibles à la fois, à raison de douze cibles par seconde. Il est efficace contre tous les avions, drones et hélicoptères, mais également contre les missiles de croisière, et même contre des cibles au sol, type blindés légers.

Et pour couronner le tout, les Russes se sont engagés auprès de leurs clients sur ce que le Pantsyr était imbrouillable : grâce à des radars fonctionnant simultanément en modes multiples, des systèmes optiques de contrôle de tir ainsi que des radars plurispectraux, il ne devait pas être possible, pour les instruments de contre-mesures électroniques embarqués dans les avions, d’empêcher, de fausser ou de détourner les tirs de ce monstre.



Un transporteur du Pantsyr
Avec, en prime, ses deux canons de 30mm. en action.
Imbrouillable ?
Evidemment, à l’heure où ils envisagent d’attaquer les usines d’armement iraniennes, il était indispensable pour Israël et les Etats-Unis de pouvoir enregistrer les émissions électroniques du Pantsyr en action, et de mesurer son efficacité contre des appareils dotés des contre-mesures les plus avancées à disposition des forces du bien.

Il n’était pas question de répéter l’erreur de septembre 1973 : cette fois-ci, on n’allait pas se contenter de survoler Lattaquié, on allait carrément attaquer des objectifs stratégiques à l’intérieur du territoire syrien. Et pour être certain des résultats qu’on allait obtenir, on allait choisir les cibles les plus précieuses à l’ennemi. Celles auxquelles on était sûr que les Syriens affecteraient les dix premiers systèmes Pantsyr qu’ils avaient reçus, sur les 50 qu’ils ont commandés.

A la Ména, nous ne possédons aucune information en provenance du terrain, des officiels israéliens ou même syriens. Nous sommes, cependant, par recoupement des informations circulant dans le domaine public, en mesure de risquer notre réputation, conscients que, dans quelques jours ou quelques mois, les faits seront connus du public et que nous seront jugés sur pièces :

Alors voilà, mercredi dernier, les chasseurs-bombardiers du Hei’l Avir ne se sont pas contentés de survoler le territoire de Béchar Al Assad, comme cela a été dit. Les avions ont attaqué les bases de lancement des Scud A, B, C et D, qui correspondent aux centres de stockage des armes non conventionnelles, chimiques et bactériologiques.

J’avais abondamment décrit ces bases, photos à l’appui, dans un article L’Iran et la Syrie s’envoient en l’air de juin 2005. Cet article contient également le lien menant vers la description, par mon confrère libanais Michaël Béhé, d’une autre tentative de s’attaquer au programme d’armes non conventionnelles syrien [lire "Immense explosion dans une fabrique syrienne !"]. C’était déjà, à l’époque, une information exclusive diffusée par notre agence.

A en juger par les réactions des uns et des autres, ces bases gigantesques ont été mises hors d’état de nuire. Ces réactions sont, d’abord, le mutisme absolu des organes gouvernementaux et militaires – fait extrêmement rare – en Israël. Les ministres, à qui on a retiré leurs téléphones portables, hier, à l’entrée du conseil des ministres hebdomadaire ! La censure militaire, qui a prévenu tous les rédacteurs en chef des media de ne pas parler de ce qu’ils savent de l’évènement.

Le message d’avertissement envoyé, simultanément à l’opération, selon Ehoud Ya’ari, le plus fiable de nos confrères analystes, aux Syriens : "Il ne peut y avoir de petites guerres, ou des actions, style Hezbollah. N’importe quelle attaque syrienne, fût-elle partielle, serait repoussée par Tsahal en utilisant toute la puissance à sa disposition.".

bases

Les emplacements de ces bases, dans la région de Lattaquié, dessinés par un général ennemi ayant fait défection

 

De fait, une fois anéanties les armes de destruction massive au service des Syriens, leur capacité à se mesurer à Israël est devenue nulle. Par transposition aux échecs, il s’agirait désormais pour eux de se livrer à une agression, sans leur dame et privés de leurs deux tours. En termes militaires, un conflit immédiat n’est plus envisageable, tout ce que l’on craint, c’est un sursaut d’orgueil et de rage suicidaire des alaouites de Damas ; c’est pour cela que Tsahal demeure sur ses gardes, et que les sources gouvernementales à Jérusalem ont prévenu contre des attaques visant des intérêts israéliens ou juifs à l’étranger. Pas sur le Golan !

 

L’opération de mercredi, si nous ne nous trompons pas (ce serait bien la 1ère fois !) aurait fait d’une pierre trois coups : 1. Annihiler toute menace stratégique à partir de la Syrie. 2. Désamorcer le risque d’une attaque syrienne conventionnelle – on ne s’attaque pas à Israël lorsque l’on n’a plus de Scud et que l’on est privé de protection anti-aérienne efficace – et 3. Prendre acte, pour les Américains et les Israéliens, que l’on peut conduire des raids en Iran sans encourir de grands risques.

 

Les mines réjouies d’Olmert, d’Ehoud Barak, des officiers de l’armée en disent plus long que tous les discours et tous les communiqués. De même, le message lu par Ehoud Olmert en conseil des ministres, qui, sans les nommer spécifiquement, a félicité les forces armées pour leurs exploits.

 

Pourquoi ne pas croire à un simple survol du territoire syrien ? – Parce qu’ils s’en produit chaque semaine et que cela n’a jamais suscité de menaces de représailles de la part du gouvernement de Damas. Tenez – ce n’est pas un secret, tous ceux qui n’ont pas les oreilles bouchées, de la buée devant les yeux, et qui habitent la région l’ont forcément vu – ce matin, vers 11h 30, alors que j’étais déjà sur cet article, deux aéronefs sont passés sur Metula et ont pénétré dans le ciel ennemi. Et alors ? Damas ne s’en est pas plaint auprès du Grand Turc, elle ne portera pas l’affaire devant le Conseil de Sécurité, et la Russie ne diffusera pas de communiqué condamnant l’acte israélien et s’en remettant aux lois et à la diplomatie internationale.

 

Mohamed Habash, le “député” syrien chargé des communiqués officieux ne dira pas : “si Israël avait réussi, elle aurait couru annoncer l’opération au monde, comme Israël l’avait fait après avoir bombardé le réacteur nucléaire iraquien en 1981″.

 

Voilà qui en dit trop, il ne s’agit manifestement pas d’un survol, mais au moins d’une tentative d’attaque. Et pourquoi, côté syro-irano-russe, on fait la soupe à la grimace ? Pourquoi, à Damas, l’oculiste se ballade-t-il du matin au soir en uniforme, depuis jeudi ? Et pourquoi, simultanément, à Washington et Jérusalem on sourit de toutes ses dents ? Ehoud Barak, le ministre de la Défense, comme un enfant, met son indexe en perpendicularité avec ses lèvres et fait “chuuut” ? Pour un survol sans frais, lors duquel les Russes n’auraient certainement pas allumé les Pantsyr ?

 

Les Américains, goguenards, se refusent, officiellement, à commenter un évènement qui n’a pas eu lieu, selon les Syriens, puisqu’ils auraient mis nos appareils en fuite.

 

Al Assad se fait filmer par sa télévision, dimanche, du côté du port de Tartous. Non loin de l’un des sites qui a, plus que probablement, été attaqué. Pour montrer à la population que les substances qui ont dû s’en échapper ne sont pas dangereuses ?


Se pourrait-il qu’un objectif différent ait été attaqué ? Je n’en vois aucun, en Syrie, qui réponde aux critères nécessaires : être suffisamment névralgique pour entraîner l’allumage des Pantsyr. Valoir qu’Israël risque la vie de plusieurs de ses pilotes ainsi qu’une crise diplomatique et peut-être un conflit (en cas d’échec).

 

L’affaire a été rondement menée et préparée dans ses moindres détails. On a ainsi attendu que Javier Solana soit reçu par Béchar Al Assad pour lancer l’opération. Il était porteur d’un message à l’attention du dictateur syrien, lui proposant une diminution réciproque supplémentaire des forces stationnées sur le Golan.

 

L’opération qui s’est déroulée fut de l’ampleur de la destruction d’Osirak-Tamouz. Elle met, pour un temps, la population d’Israël à l’abri des armes de destruction massive d’Al Assad. Elle met la région à l’abri d’une guerre dans les mois à venir. Elle permet d’envisager sereinement une solution militaire pour résoudre le problème iranien.

 

La Syrie se tait, pour ne pas avouer sa cuisante défaite. Israël se tait, parce que, lorsqu’à la Roulette vous avez fait sauter la banque, vous n’avez aucun besoin de le crier sur les toits. Ehoud Olmert aurait pourtant bien besoin de pouvoir annoncer cette opération à son peuple, histoire de redorer son blason et de se refaire une crédibilité. Peut-être le fera-t-il à l’occasion des fêtes du Nouvel an, qui débutent cette semaine. Sûr qu’il n’aurait pas pris de risque aussi grand si la décision n’avait pas été entérinée par le spécialiste de la stratégie qu’est Ehoud Barak.

 

  
Balle dans le camp russe. A eux de revoir leur système de défense antiaérienne absolu. Une affaire de quelques mois au moins, durant lesquels on a des tas de choses à faire. A l’heure de mettre le point final à ce texte, la technologie des avions l’emporte sur celle des armes contre-avions. C’est appelé à changer, à changer, puis à changer encore, et encore…

 

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Published by Haim - dans Syrie
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