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  • : Israël, ce pays qui pousse l'individu à la recherche de lui-même. Un voyage de retour vers l'Histoire, vers sa propre Histoire.
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Pour ne pas oublier que ce qui se passe à Sderot a commencé par l'évacuation du Goush Katif.


Evacuation de Névé Dékalim en 2005
4 octobre 2007 4 04 /10 /octobre /2007 05:55
Il se pourrait qu’en mettant publiquement en cause la chaîne nationale française de télévision France II, Israël ait pris le risque – calculé ou non - de déclencher un incident diplomatique.
 
[Sur le procès en appel de Ph. Karsenty, le principal protagoniste du litige avec France 2 et Ch. Enderlin, voir : Véronique Chemla, "Compte rendu d'audience à la Cour d'appel, à propos de l'affaire al-Dura". Voir aussi le dossier de l’enquête détaillée et documentée, réalisée par le cinéaste Pierre Rehov, entre octobre 2000 et juin 2001 (© UPJF), et la remarquable vidéo en français, réalisée et commentée, fin 2006, par le prof. R. Landes, expliquant et illustrant les nombreuses mises en scène réalisées par des Palestiniens, le jour de l’incident al-Dura. Celles et ceux qui n'ont pas suivi les débats qui font rage, depuis 7 ans, dans les médias et surtout dans la blogosphère, pourront faire un choix dans la liste de quelque 230 articles relatifs à cette affaire, en ligne sur le site debriefing.org. Voir aussi et surtout les 55 secondes d'images qui ont fait d'Israël le Dreyfus du XXIe siècle, et une autre vidéo (en anglais) qui expose en détail la supercherie. M. Macina].
 
02/10/07
 
 
Nombreux sont celles et ceux qui, informés du soudain revirement du gouvernement israélien dans l’affaire al-Dura, se demandent, non sans inquiétude, de quel prix diplomatique, voire géopolitique, Israël va devoir payer cette 'audace', si tant est que c’en soit une.
 
De fait, il y a peu de chances que les Palestiniens et les anti-Israéliens de toutes obédiences passent à l’ordre du jour, sans accorder la moindre importance à cette démarche musclée, à moins de deux mois de la conférence régionale de paix israélo-palestinienne, à laquelle doivent participer des représentants de pays arabes qui n’ont pas de relations avec le minuscule Etat hébreu.
 
Est-ce à dire qu’Israël est prêt à mettre son honneur dans la balance même au prix d’une rupture de ces pourparlers, voire à celui d’un incident diplomatique avec la France, principale concernée, puisque sa chaîne nationale est gravement mise en cause ? Et cette fois, ce que d’aucuns appellent déjà une 'provocation' n’est pas le fait d’"ultras", ou de "têtes brûlées", comme on l’a répété à l’envi jusque dans un passé récent, mais celui  d’un des services les plus névralgiques de l’Etat d’Israël.
 
Il est significatif que le Bureau gouvernemental de presse soit rattaché aux Services du Premier ministre. En effet, si tous les pays sont attentifs à l’importance de la communication, tant nationale qu’internationale, Israël ne peut plus se permettre d’y être indifférent. Après avoir été longtemps sceptique à l’égard de l’impact effectif de ce qu’il considérait avec dédain comme une vulgaire propagande, ou, au mieux, des opérations de relations publiques, Israël a désormais expérimenté, jusque dans sa chair, ce que coûte à un Etat une mauvaise image médiatique internationale. Et c’est peu dire que celle d’Israël est au plus bas.
 
On conviendra que les lamentations à ce sujet ne seront d’aucun secours pour l’Etat des Juifs, et pour celles et ceux qui veulent la paix pour Jérusalem. Les relations internationales ne font pas dans le sentimental et, dans cette arène aux dimensions de la planète, les jeux du cirque géopolitique sont d’une cruauté et d’une brutalité extrêmes et impitoyables. Ce qui compte, ce n’est pas d’être, mais de paraître, pas d’édifier, mais de détruire, pas d’être fraternel, mais de terrifier. Quand des Etats-voyous siègent dans une Commission onusienne de défense des droits de l’homme, et disposent d’une majorité automatique de pays arabes et non alignés, tous unis quand il s’agit de donner tort à Israël, comment espérer que la justice, la vérité et la bonne foi soient entendues ? Bref, le cynisme s’étale du haut en bas des institutions internationales. Et à cette calamité s’ajoute le poids croissant de l’opinion publique, versatile et aisément manipulable, que sensibilisent et noyautent des Organisations non gouvernementales (ONG), évangélistes des droits de l’homme, presque unanimement hostiles à Israël, pour divers motifs (ou prétextes) qu’il serait trop long d’exposer et encore davantage de discuter ici.
 
Hasard ou nécessité ? Il semble qu’on assiste, depuis quelque temps, à une véritable révision, par Israël, des paramètres de sa politique médiatique. On a l’impression que la traditionnelle attitude de retenue, de non-réaction aux mensonges, aux manipulations médiatiques et aux accusations les plus délirantes, qui avait été majoritairement privilégiée depuis la création de l’Etat d’Israël, est en train de céder la place à une posture plus pugnace, voire à l’adoption, par l’Etat juif, de certaines stratégies et méthodes, pas toujours très honorables, de nos adversaires.
 
Est-ce à ce nouvel état d’esprit que l’on doit le changement radical d’attitude, qui vient d’être rendu public, concernant l’affaire al-Dura ? Bien entendu, chacun y va de ses pronostics.
 
Avant de formuler le mien, je pose carrément la question : pourquoi ce durcissement soudain ? Et son corollaire : s’agit-il d’une démonstration de muscles ou d’un réel changement de politique ?
 
Dans un article mis en ligne aujourd’hui sur ce site, on peut lire : 
 
« …après consultation avec le Procureur général, Menahem Mazuz, le directeur du Bureau gouvernemental de Presse [Daniel Seaman] a décidé qu’Israël ne lancerait pas de procédures pénales à l’encontre des journalistes de France 2, et qu’il ne révoquerait pas les accréditations gouvernementales de presse, qui leur ont été accordées à Jérusalem. »
 
Difficile d’échapper à l’impression que, si dérapage il y a eu (ce qui reste à prouver), c’est un dérapage (très) contrôlé. On avait pu lire, ça et là, la nouvelle prématurée, selon laquelle Charles Enderlin et son caméraman palestinien allaient se voir retirer leur accréditation. On voit qu’il n’en est rien. Et comme pour enfoncer le clou, on apprend, par le même article, que Daniel Seaman a reçu pour instruction du procureur général de traiter cette affaire « sous l’angle médiatique et non sous l’angle pénal ».
 
Certes, la puissante association de juristes internationaux, Shourat ha-Din, ne l’entend pas de cette oreille et prévient qu’elle
 
« saisira la Haute Cour de justice pour faire retirer cartes de presse et autres accréditations, à tous les membres de l’équipe de France 2 en Israël, et ce jusqu'à ce que la chaîne reconnaisse publiquement que le reportage sur l’affaire al-Dura a été mis en scène et réalisé de manière tendancieuse ». (Lire). 
 
Mieux: la même association
 
 « envisage d’exiger des dommages et intérêts pour les torts et leurs effets cumulés, causés par le reportage, et, en particulier, pour la série d’attentats et d’émeutes qu’il a provoqués.»
 
Mais, même si les propos de "Shourat ha-din" ne sont pas des menaces en l’air, et que cette association a la volonté et les moyens de pousser ce rocher de Sisyphe jusqu’au sommet de la montagne de France-Télévisions, sans qu’il lui retombe sur la tête, ce ne sera jamais qu’une initiative privée qui n’engagera en rien le gouvernement israélien.
 
Force est donc d’attendre la suite des événements pour voir si, après avoir affirmé, officiellement et publiquement, que les images diffusées dans le monde entier par France 2 ont été mises en scène, et que l’enfant Mohammed al-Dura n’a pas été tué, le directeur du Bureau de Presse du gouvernement, Daniel Seaman, aura les moyens de sa politique annoncée et surtout si le gouvernement l’aidera à savoir jusqu’où aller trop loin. Car, il y a peu de chance qu’Israël laisse saboter la conférence de paix au Moyen-Orient, prévue pour novembre 2007, en cas de violente réaction palestinienne à la grave accusation formulée par le directeur du Bureau gouvernemental israélien de Presse.
 
Reste une autre inconnue, beaucoup plus problématique et lourde de conséquences : la réaction de la France à cette grave mise en cause de l’intégrité et de la fiabilité de journalistes de sa chaîne nationale. Si scandale il y a, il ne fait pas de doute qu’il éclaboussera Madame Arlette Chabot, directrice de l’information, sans parler, à un échelon moindre, du célèbre correspondant permanent de France 2 en Israël, Charles Enderlin, qui jouit d’une excellente réputation auprès de ses collègues français et étrangers, et qui fait, à tort ou à raison, figure de spécialiste du Moyen-Orient. 
 
Il faudra également et surtout compter avec la haute idée que se fait de la France et de ses chaînes médiatiques nationales, le nouveau Président de la République, Nicolas Sarkozy.
 
L’homme, on le sait, n’aime guère être mis en difficulté, et encore moins perdre la face et/ou l’initiative. Sa personnalité hors pair et son volontarisme le rendent souvent imprévisible. On peut donc se demander quelle attitude il adoptera dans cette affaire. En tout état de cause, il serait imprudent de trop spéculer sur son capital de sympathie – au demeurant, indéniable – envers l’Etat d’Israël, et de parier sur un désamorçage "préemptif" de ce dossier explosif, qu’opérerait le verbe magique de sa médiation. Et en cas d’échec, il y a fort peu de chance que Nicolas Sarkozy aille à Canossa, ou qu’il y envoie Arlette Chabot. Après tout, il y va de l’honneur d’un service public de la France.
 
Je n’irai pas plus loin dans la spéculation. J’ai mis sur la table les pièces du puzzle. Pour qu’elles s’assemblent et composent une image intelligible et harmonieuse, il faut éviter à tout prix que des pressions trop fortes ne déforment leur géométrie, rendant leur assemblage difficile et incertain, ou pire, qu’une explosion les rende définitivement inutilisables.  
 
Reste une dernière hypothèse, plus complexe, plus retorse également. Elle nécessite, pour être convenablement élaborée et exposée, plus d’expertise politique que je n’en ai. Je veux parler d’un stratagème souvent employé, aux dames comme en politique, et qui consiste à "sacrifier" un ou plusieurs pions, pour parvenir à "dame", et, dès lors, être à même de se mouvoir d’un point à l’autre du damier, sans être trop vulnérable et tout en causant le plus de dégâts possibles à l’adversaire. Peu importe, en définitive, sur quelle case on "arrive à dame". Souvent ce ne sera pas celle qu’on avait ciblée, l’instant d’avant. Les mouvements de l’adversaire vous ont obligé à louvoyer, mais vous avez atteint un but, et c’est l’essentiel.
 
Et pour filer la métaphore, je conclurai que, si j’ai vu juste, on peut s’attendre à ce qu’Israël louvoie avec sa "dame" de l’affaire al-Dura, et y renonce finalement au profit d’une autre, qu’il n’aurait pu briguer sans avoir cette précieuse monnaie d’échange. Exemple de 'deal' (on peut toujours rêver) : la promesse de M. Sarkozy, que la France mettra tout son prestige dans la balance pour que l’ONU reconnaisse la souveraineté israélienne sur Jérusalem-ouest. Dans ce cas de figure, on trouvera une formule de compromis permettant à chacune des parties de sauver la face. France 2 plaidera l’inattention dans l’examen des images, et jurera, la main sur le cœur, qu’il ne lui est pas venu à l’idée que quelqu’un ait pu commettre une malversation en amont (il suffira de trouver un fusible vraisemblable, qui pourra être Talal Abu Rahma, ou un assistant à lui). Et il va de soi que la chaîne renoncera à toute poursuite contre qui que ce soit.
 
 
Mais, comme l’écrivait Salomon,
 
"tout cela est vanité et poursuite de vent…" (Qo 1, 14, etc.).
 
 
Menahem Macina
 
© upjf.org
 
Mis en ligne le 2 octobre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

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