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Evacuation de Névé Dékalim en 2005
7 octobre 2007 7 07 /10 /octobre /2007 13:06
Par Gérard Huber

L'énigme Mohamed Al Dura

Sept ans après les faits, la Justice demande à France 2 de présenter les 27 minutes de rushes de son reportage sur la mort de Mohamed Al Dura, le 30 septembre 2000, au Carrefour de Netzarim (Bande de Gaza), devant la Cour d’appel de Paris. La Cour rendra un arrêt le 3 octobre 2007, visionnera les rushes le 14 novembre 2007 et entendra les parties sur le fond le 27 février 2008.Telle est la décision du Tribunal qui, le 19 septembre 2007, a examiné l’appel formé par Philippe Karsenty, directeur de l’agence de notation des médias Media-Ratings (http://www.m-r.fr/index.php), condamné pour diffamation dans le procès que lui ont intenté France 2 et le correspondant de la chaîne à Jérusalem, Charles Enderlin.

En tant qu’auteur de Contre-Expertise d’une mise en scène (Paris, Éditions Raphaël, 2003), je ne peux que me réjouir de cette décision qui ne manquera pas de lever un coin du voile dans lequel la vérité de l’événement capturé par la caméra d’Abu Rahma est enveloppée, comme les visages des amants sur le fameux tableau de Magritte.

J’ai, en effet, le premier, contre-expertisé les résultats de l’enquête de Nahum Shahaf, je ne m’en suis pas seulement saisi, comme l’affirme Karsenty (http://france2-aldoura.blogpremium.com), mais je les ai croisés avec tous les rushes des autres chaînes qui étaient disponibles, avec les accusations palestiniennes et l’enquête israélienne, puis avec tous les écrits et déclarations des principaux protagonistes. À la fin, j’ai conclu, devant l’avalanche de leurs désaveux et autres dénégations, sans parler des contradictions et invraisemblances, que, parmi l’avalanche d’images de saynettes de guerre filmées ce jour-là par différentes chaînes de télévision, il y avait bien eu une mise en scène palestinienne d’un faux meurtre d’enfant palestinien par des soldats israéliens.

Or, si je n’ai jamais envisagé l’hypothèse que ces désaveux et dénégations eussent pu être l’indice d’une manipulation de la chaîne France 2, c’est parce que je suis intimement convaincu que le crédit qu’Enderlin a donné au récit d’Abu Rahma relève de l’auto-hypnose, de l’auto-suggestion, et non de l’intention consciente de nuire à l’image d’Israël. L’injonction verbale proférée par Abu Rahma – « l’enfant est mort ! » - a provoqué une modification de l’état de conscience d’Enderlin, pour la raison que, celui-ci n’ayant pas été le témoin direct de ce que l’image reflétait, il a, lui-même, été hypnotisé par le regard fixe que ce même enfant (mais aussi l’adulte) jetait à l’adresse du spectateur –via la caméra- à l’intérieur d’une image qui elle-même fixait, par la volonté de ce qu’elle voulait montrer, son propre regard. « Scotché », comme l’on dit aujourd’hui, au regard de l’enfant qui, pourtant ne peut normalement pas penser à tourner ses yeux vers la caméra au moment où il est censé s’effondrer, tandis qu’il est atteint mortellement sur le coup par une balle à haute vélocité, Enderlin n’a pas pu s’arracher à l’effet de l’image, prendre de la distance et la déconstruire. Ou plutôt, il l’a fait machinalement, un instant seulement, le temps de montrer au porte-parole de l’armée israélienne les images qu’il allait diffuser, dans l’espoir inconscient, sans doute qu’elle le stoppe dans son élan. Mais pendant les deux heures qui se sont déroulées entre le moment où Enderlin a eu les images en provenance d’Abu Rahma et leur diffusion sous la forme d’un reportage, l’armée israélienne n’a rien trouvé de mieux à faire que silence radio.

On ne peut écarter l’idée que le porte-parole de cette armée ait lui-même été hypnotisé par le regard que l’image projetait sur l’armée, puisque, le lendemain 1er 0ctobre 2000, celle-ci n’a pas hésité à reconnaître les faits, en espérant, de la sorte, faire passer quelque excuse destinée à calmer le courroux – devenue désormais légitime – des populations télévisuellement impressionnées, dans les pays arabes, au premier chef, mais aussi en Europe et partout dans le monde. En effet, est-il pensable que les experts de l’armée israélienne n’aient pas vu qu’aucune balle n’avait pénétré dans les corps de l’adulte ni de l’enfant ? Qu’il n’y avait pas la moindre trace de sang ? Que la lueur rouge qui apparaissait, à un moment donné sur le corps de l’enfant, se déplaçait au fur et à mesure des modifications de sa position ? Assurément non. Bien sûr, c’est ce qu’elle veut nous faire croire, aujourd’hui, lorsque, le 10 septembre 2007, elle demande officiellement à France 2 et à Enderlin de lui communiquer les rushes. Mais elle sait fort bien que les images les plus évidentes de la mise en scène, elle les connaît, elle les a vues, puisque ce sont celles qui ont été retirées du reportage de France 2 qui a fait le tour du monde sur toutes les chaînes (celles-là même que les spectateurs français n’ont jamais vues), mais qui ont été données à l’armée israélienne et insérées dans le reportage que les chaînes de télévision israéliennes ont diffusées, dès le lendemain, à la différence de France 2. On peut d’ailleurs se demander pourquoi Gissin, Seaman et les autres porte-parole de l’actuel gouvernement, sont actuellement convaincus qu’il s’agit d’une mise en scène palestinienne, alors qu’ils n’ont pas vu l’intégralité des rushes de France 2. La raison en est simple : comme tout spectateur israélien, ils ont vu ces images qui, parmi les rushes, sont décisives. (Reste à savoir pourquoi ce n’est qu’aujourd’hui, sept ans après les faits que l’armée et le gouvernement israéliens jouent les étonnés).

De ce fait, voir ces rushes, c’est assurément, pour les uns, tenter d’y trouver les preuves du meurtre et de l’agonie de l’enfant, mais c’est aussi, pour les autres, vérifier si ces images ont pu produire l’effet hypnotique que je viens de décrire, lui-même reproduit par auto-hypnose, c’est-à-dire effort pour s’auto-convaincre qu’il n’y a pas de trace d’hypnose.
À partir de là, j’engage ceux qui, bien qu’ils n’aient pas envisagé un seul instant mon hypothèse, qualifient cette énigme de nouvelle »Affaire Dreyfus » de ne pas joindre la paranoïa à la confusion. C’est ainsi que, le 29 août 2007, FrontPage a publié un article de Joanna Chandler sous le titre : « A new Dreyfus Affair ». Elle y affirme que

« In reality, Mohamed al Durah’s « death » was a staged media event aimed at tarnishing the reputation of the State of Israel, and demonizing her in the eyes of the world community by depicting IDF soldiers as heartless killers who deliberately target children. »

Sous prétexte que l’État d’Israël ainsi que les Juifs d’Israël et de la diaspora ont eu à subir une vague antisémite mondiale pour un crime qu’ils n’ont pas commis, elle infère que la comparaison est justifiée. Or elle ne l’est pas, pour la bonne et simple raison qu’on ne peut comparer
- La stratégie d’un producteur d’images palestinien, en 2000, avec la décision institutionnelle d’une armée qui, à la fin du 19ème siècle, engage son État (la France) dans la falsification,
- Le complot anti-Juif de la hiérarchie de cette armée avec la diffusion d’un reportage d’une chaîne de télévision nationale ,
- La couverture officielle du scandale par l’État Français de cette fin de 19ème siècle avec le laisser-aller auto-hypnotique des médias et des Etats qui, en 2000, partout dans le monde, y compris en Israël, n’ont strictement rien fait pour qu’une enquête internationale digne de ce nom soit organisée dans les meilleurs délais.

Sept ans après l’événement, ni Abu Rahma, ni Enderlin, puis France 2, les médias internationaux , les États du monde, l’ONU et Amnesty International n’ont levé le petit doigt pour que la vérité éclate. Pourtant ces images ont mis le feu aux poudres dans le Proche et Moyen-Orient, puis, dans d’autres régions du globe également. S’il en est ainsi, c’est parce qu’une telle mise au point n’est pas possible par elle-même, sans une authentique démolition de la sphère hypnotique politique et médiatique. Mais ceci est un autre sujet.

Pour conclure, je renvoie mon lecteur à la sagesse d’un maître de l’hypnose : Hyppolite Bernheim. Originaire d’une famille juive de Mulhouse et engagé dans la lutte contre l’antisémitisme qui monte en Europe, à la fin du XIXème siècle, il n’hésite pas,  au chapitre VIII de De la Suggestion dans l’état hypnotique et dans l’état de veille, et après avoir démontré que la doctrine de la suggestion (qui est au fondement de l’hypnose) résout de très nombreux problèmes cliniques, à appuyer sa thèse sur une analyse très fine d’un procès retentissant. Il s’agit de la fausse accusation portée, en 1882, contre dix-neuf familles juives de Tisza-Eslar (Hongrie) soupçonnées d’avoir tué une jeune fille de 14 ans, dans le but de disposer de son sang et de le mêler au pain sans levain de leur Pâque (Pessah). Bernheim ne se contente pas, en effet, du verdict d’innocence qui est délivré par la Justice à laquelle il rend hommage. Non content de se solidariser avec ses coreligionnaires, il tente d’expliquer l’antisémitisme dont ils ont fait l’objet par le pouvoir de la suggestion. Ce qui l’intéresse, dans ce livre, c’est donc aussi d’alerter la société en général sur le fait que sa découverte des mécanismes de l’hypnose lui permettra de ne plus porter de jugement à l’emporte-pièce contre quiconque et de ne plus se laisser abuser par de faux aveux. 
Je laisse le soin à mon lecteur de faire les transpositions qui s’imposent, s’il veut commencer à entrer dans l’énigme de la fiction télévisuelle de la « mort de Mohamed Al Dura ».

Livre publié en janvier 2003 publié chez Raphael
Diffusée par toutes les chaînes de télévision, l'image du petit Mohamed a bouleversé le monde : un enfant cherche à s'abriter derrière son père, au milieu d'un accrochage entre Palestiniens et soldats israéliens. L'enfant crie, l'enfant est terrorisé, il s'affaisse. Véritable icône de la lutte palestinienne, la scène de la mort de Mohamed Al Dura symbolise aujourd'hui la seconde Intifada. Mais que s'est-il réellement passé au carrefour de Netzarim (bande de Gaza), le 30 septembre 2000 ? Savoir, comprendre, expliquer : c'est le but de ce livre. L'analyse des accusations et des justifications des uns et des autres (cameramen, journalistes, experts, protagonistes impliqués) fait surgir incertitudes, contradictions et incohérences.
L'auteur, qui a visionné nombre de rushes relatifs à l'affrontement, montre que l'image de la " mort " de d'enfant représente une fiction utilisée comme stratégie de communication, et racontée comme une épopée. Un livre fort, précis et rigoureux : une authentique contre-enquête.

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