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Pour ne pas oublier que ce qui se passe à Sderot a commencé par l'évacuation du Goush Katif.


Evacuation de Névé Dékalim en 2005
27 novembre 2007 2 27 /11 /novembre /2007 07:16

Efraim Inbar pour Jerusalem Post 
Titre original : The great American delusion


Traduction : Objectif-info

 
La conférence organisée par les États-Unis à Annapolis pour faciliter la création d'un État démocratique palestinien, libéré de la corruption et du fléau des milices, vivant en paix aux cotés d'Israël, est vouée à l'échec. L'initiative américaine repose en effet sur un certain nombre de présupposés sans fondements.

Le premier de ces présupposés est que la société palestinienne peut être réformée à l'initiative d'étrangers. Les sociétés du Moyen Orient ont déjà fait la preuve de leur capacité résistance aux tentatives des puissances occidentales de les amener à mettre de coté leurs vieilles méthodes pour régler les affaires en suspens. Il est naïf d'imaginer que les dynamiques sociales et politiques enracinées dans des traditions centenaires peuvent être facilement infléchies dans le sens voulu par des Occidentaux bien intentionnés mais présomptueux. Le président Georges W. Bush aurait du tirer cette leçon de son expérience irakienne.

Les changements des sociétés palestiniennes et moyen-orientales en général peuvent se produire exclusivement sous l'influence de facteurs internes. Et si une évolution positive de cette nature pouvait intervenir, elle serait plus probablement l'œuvre d'un autocrate que d'étrangers occidentaux aux intentions généreuses.

En outre, la capacité des Américains de modifier la politique extérieure d'acteurs internationaux même mineurs ne doit pas être surestimée. L'ancien dirigeant syrien, Hafez Assad a dit "non" au président Bill Clinton à Genève (mars 2000), et Yasser Arafat a fait comme lui à Camp David (Juillet 2000).

La seconde erreur est de croire que l'aide économique aux Palestiniens peut tempérer les différends politiques. Depuis les accords d'Oslo de septembre 1993, l'Autorité palestinienne a reçu l'aide économique par tête la plus importante du monde. Pourtant les millions d'euros qui lui ont été transférés ont été détournés ou gaspillés. Comme d'autres acteurs de la troisième guerre mondiale, l'Autorité palestinienne a habilement redirigé une fraction significative de l'aide vers des personnes qui n'avaient pas le plus grand besoin d'une assistance extérieure.

De plus, l'aide économique ne vaut que par l'aptitude de l'économie et du gouvernement bénéficiaires d'en faire un usage productif. Il est donc hypothétique que l'injection de volumes financiers croissants dans une économie palestinienne qui ne fonctionne pas donne quelque chose de bon.

La troisième erreur consiste à penser que Mahmoud Abbas puisse devenir un agent de changement et qu'il mérite pour cela le soutien de l'Occident. Le bilan de Abbas comme dirigeant est lamentable. Il n'est pas parvenu à unifier les services de sécurité comme il s'y était engagé et il n'a pas mené jusqu'au bout les promesses de lutte contre la corruption de sa campagne électorale. Peut-être que le chaos qui règne au sein de l'Autorité palestinienne s'est même accru sous sa présidence. La prise de contrôle de Gaza par le Hamas est une illustration évidente de sa faiblesse.

La quatrième erreur est d'imaginer que la société palestinienne peut-être rapidement transformée en un voisin fréquentable d'Israël et qu'un accord solide est à portée de mains. Depuis les accords d'Oslo, le système d'éducation et les média de l'Autorité palestinienne, associés à un processus spectaculaire de militarisation, ont causé des ravages dans la psychologie collective des Palestiniens. Une société hypnotisée par l'usage de la force et enflammée par le shahid (martyr) prêt à se faire exploser au milieu d'Israéliens honnis ne changera pas du jour au lendemain. De nombreux aspects de la société palestinienne se sont radicalisés : l'influence et la popularité du Hamas, toujours plus étendues, donnent une indication claire de cette tendance.

A la différence de l'Égypte et de la Jordanie où des politiques pragmatiques ont débouché sur des accords de paix avec Israël, la politique des Palestiniens n'est pas pragmatique et elle est plus extrémiste que jamais sous l'influence du Hamas et d'une jeune génération de va-t-en-guerre. Ce qu'ils veulent obtenir d'Israël est tout à fait irréaliste. Les différences entre les Israéliens et les Palestiniens sont insurmontables. Après avoir subi une campagne terroriste entamée en 2000, il est peu probable que les Israéliens ferment les yeux sur les risques d'une solution aléatoire. Les exigences palestiniennes d'un retour dans l'État juif de refugiés partis il y a 60 ans accompagnés de leur descendants, et d'un contrôle sur une partie de Jérusalem, ne sont tout simplement pas acceptables par Israël aujourd'hui.

En outre, Israël a déjà obtenu l'accord des américains pour conserver de vastes blocs d'implantation proches des lignes d'armistice de 1949, et il n'abandonnera pas la Vallée du Jourdain qui a une importance stratégique.

La cinquième erreur est de penser qu'il est possible de retirer au Hamas le contrôle de Gaza par des transactions politiques entre Palestiniens. La prise de contrôle du Hamas sur Gaza a été correctement analysée par les États-Unis comme une victoire des forces islamistes au Moyen-Orient et un élément défavorable à un rapprochement israélo-palestinien. Un Fatah conduit par Abbas ne peut pas ramener le Hamas dans le giron de l'Autorité palestinienne. Les Palestiniens de Cisjordanie sont trop faibles pour imposer leur volonté à Gaza et ils ont peu d'influence sur les politiques des gazaouis faute de contigüité territoriale.

Et en réalité, ce sont les activités anti terroristes israéliennes qui empêchent la Cisjordanie de tomber entre les mains du Hamas, et pas Mahmoud Abbas.

Les Américains n'atteindront probablement pas leurs objectifs magnanimes et le conflit israélo-palestinien continuera d'être alimenté car les Palestiniens ne parviennent pas à agir ensemble.

Je verrai bien l'Égypte et la Jordanie intervenir avec plus d'insistance dans les affaires des Palestiniens pour limiter les conséquences de la faillite de leur État. Pour Israël, le mieux à faire est de contenir le terrorisme et d'attendre patiemment des temps meilleurs.

L'auteur est professeur de sciences politiques à l'université Bar-Ilan et directeur du Centre d'Études Stratégiques Begin-Sadate (BESA)

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Published by Haim - dans Annapolis
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