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  • : Israël, ce pays qui pousse l'individu à la recherche de lui-même. Un voyage de retour vers l'Histoire, vers sa propre Histoire.
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Pour ne pas oublier que ce qui se passe à Sderot a commencé par l'évacuation du Goush Katif.


Evacuation de Névé Dékalim en 2005
14 novembre 2006 2 14 /11 /novembre /2006 07:29
« Le mouvement sioniste a réussi à sortir le Juif du stéréotype antisémite traditionnel : le juif usurier arc bouté autour de son Livre. »
Par Johanna Issan pour Guysen Israël News
Lundi 13 novembre 2006 à 22:19
Géopolitologue et essayiste français, Frédéric Encel est professeur de relations internationales à l’ESG et maître de séminaires à Sciences-Po. En répondant à la question « le sionisme est-il un nationalisme religieux ? » lors de la conférence qu’il donnait mardi 7 novembre dernier, il nous présente son nouvel ouvrage Géopolitique du sionisme, stratégies d’Israël (éd° Armand Collin).

Guysen Israël News : « Un des objectifs premiers du sionisme était de redonner l’estime du juif en tant qu’individu. C’est ce que vous appelez « L’homme juif nouveau ». Le sionisme a-t-il mis fin à la perception du juif comme le décrivait Albert Londres dans « Le Juif Errant est arrivé » ? »

Frédéric Encel : « « L’Homme juif nouveau » c’est effectivement le fait d’échapper au stéréotype antisémite traditionnel : le juif usurier, sur intellectualisé, et finalement tout à fait ghettoïsé et arc-bouté autour de la Torah. Le « paysan-soldat » sioniste a contribué à la création de l’Etat d’Israël moderne, et finalement à sortir l’ensemble du peuple juif de cette auto dévalorisation renvoyée par les non-juifs.
Aujourd’hui, il est ridicule de considérer les juifs comme lâches et fainéants au vu des résultats militaires et agricoles d’Israël. »

GIN : «Dans votre livre, vous parlez des adversaires du sionisme du début du XXème siècle, entre autres : les bourgeois assimilés d’Europe occidentale, les ultra orthodoxes et l’antisionisme chrétien.
Comment se fait-il qu’aucun pionnier du sionisme n’a senti la moindre opposition et menace de la population arabe autochtone ? »

FE : « Certains évoquent ce problème potentiel dès les années 1880. Mais globalement, l’un des impensés du mouvement sioniste est effectivement celui qui concerne la présence d’une population arabe autochtone. Il ne s’en est pas préoccupé, jusqu’au moment où les émeutiers arabes ont fait comprendre qu’il fallait bien changer la donne à cette question. C’est la raison pour laquelle que la Haganah (Défense) ne s’est créée qu’en 1920, date excessivement tardive du point de vue de l’établissement des premiers pionniers juifs en Eretz Israël/Palestine. Et en même temps, on peut difficilement imaginer qu’en tenant davantage compte des représentations et des aspirations des arabes autochtones, le sionisme aurait mieux réussi. Tout simplement parce que de toute façon ce mouvement était considéré comme totalement illégitime, fantasque voire hérétique par les Arabes.

GIN : « Samedi 4 novembre, les Israéliens commémoraient le 11ème anniversaire de l’assassinat d’Yitzhak Rabin, ce drame fratricide pèse t-il encore dans les mentalités israéliennes ? »

FE : « L’assassinat de Rabin a marqué une première. Il est évident qu’un tel drame pourrait se reproduire. Cela dit on reste à un niveau de violence politique tout de même inférieur à beaucoup d’autres Etats, y compris démocratiques. Israël fait encore bonne figure du point de vue de ses rapports en interne. »

GIN : « Les Israéliens ont-ils craint une menace des extrémistes lors de l’évacuation forcée des implantations de Gaza l’année dernière ? »

FE : « En réalité, aucune violence concrète n’avait eu lieu lors du retrait forcé des implantations de Yamit (Sinaï) en 1982. En 2005 aussi, l’évacuation forcée a réussi de façon pacifique. Elle a été l’illustration de la cohésion démocratique et fraternaliste des Israéliens. Encore une fois, des extrémistes peuvent tenter de nouveau, un jour ou l’autre, un attentat ou empêcher l’évacuation d’autres implantations, mais pour l’instant, force est de reconnaître que l’unité nationale, le loyalisme démocratique et le socle sioniste tiennent bon. »

GIN : « En 1956, une alliance franco-israélienne se créé. Mais surtout, un échange d’armes lourdes se met en place entre les deux Etats. Peut-on croire aujourd’hui à un renouvellement de ces échanges entre la France et Israël, ou était-ce juste une aide mutuelle où chacun y trouvait ses intérêts ? »

FE : « Une alliance extrêmement forte a prévalu pendant environ trois ans entre la France et Israël.
C’est court, mais ces deux Etats se sont retrouvés en guerre contre la même puissance, qui était l’Egypte.
D’autre part et surtout, Paris et Jérusalem ont collaboré sur le plan nucléaire. Au point que la France a accéléré son processus et qu’Israël a obtenu la bombe atomique. Il est très improbable qu’une telle intimité stratégique se renouvelle, même si rien n’est totalement impossible dans les relations internationales.
Depuis maintenant deux ans et demi, les relations entre ces deux pays sont en tout cas devenues bien meilleurs qu’au cours des trois décennies précédentes. Et la preuve en est que les échanges technologiques militaires se font toujours entre les deux Etats.

GIN : « On ne peut parler de la politique extérieure d’Israël, sans parler de ses relations avec l’Iran de Mahmoud Ahmadinejad. On apprend dans votre ouvrage, qu’Israël entretenait de bonnes relations avec l’Iran du Shah dans les années 70. Reste-il des traces de cette entente ? Comment pensez vous que les relations Iran/Israël vont pouvoir évoluer ? »

FE : « Le régime politique du Shah d’Iran était totalement et radicalement différent du régime des mollahs, et en particulier de celui fascisant d’Ahmadinejad. Une entente peut parfaitement se recréer si ce régime se modifie en profondeur. Ces bonnes relations sont recherchées par Israël en vertu de cette fameuse ligne géostratégique fondamentale de la « Deuxième ceinture » derrière celle des Etats arabes plus ou moins hostiles. L’Iran fait partie de cette « Deuxième ceinture », ainsi que l’Ethiopie et la Turquie, mais on parle déjà de « Troisième ceinture » d’Etats partenaires, constituée de nouveaux clients très importants pour l’industrie civile et militaire israélienne qui sont l’Inde, la Chine et la Russie. »

« Géopolitique du sionisme, Stratégies d’Israël »
éd° Armand Colin, octobre 2006
Frédéric Encel

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Published by Haim - dans Articles
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