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Pour ne pas oublier que ce qui se passe à Sderot a commencé par l'évacuation du Goush Katif.


Evacuation de Névé Dékalim en 2005
17 novembre 2006 5 17 /11 /novembre /2006 07:05

Jacques Chirac est un nostalgique.

Nostalgique de la grandeur d’une France qui ne semble plus autant compter aux yeux du reste du monde depuis la perte de son empire colonial.

Mais aussi, tout simplement, nostalgique de la seconde qui vient de s’écouler et qui a vu le monde changer. Chirac rêve d’un monde figé, car peut-être plus simple à comprendre, et toute modification de la donne géopolitique ressemble, à ses yeux, à un crève-cœur.

Son amour pour le statu quo peut expliquer, à bien des égards, sa politique étrangère de ces dernières années.

Jacques Chirac n’aime pas que l’on déboulonne les dictateurs pour installer on ne sait quel régime.

Il n’aime pas que l’on s’attaque aux solides potentats orientaux, certes pourvoyeurs de misère, de discrimination sexiste, de morts violentes et d’indigence culturelle, mais tellement garants de cette stabilité que Jacques Chirac semble affectionner avant tout.

Il voit sans doute en Israël cet élément déstabilisateur de l’harmonie qui règnerait, pense-t-il, au Proche-Orient sans l’enclave hébreu au sein du monde arabe.

En même temps, Chirac est un cheval fou qui a besoin d’action pour exister. Mais les seules modifications qu’il affectionne sont celles qu’il provoque lui-même. S’il peut changer quoi que ce soit aux relations libano-syriennes, il en sera très heureux. Il est prêt, pour cela, à faire sauter, sans état d’âme, le régime alaouite des Assad, à condition qu’aucune autre puissance étrangère ne vienne perturber ses plans.

L’immobilisme : voilà peut-être la grande ligne qui se dégage du portrait d’un Président brossé par deux journalistes de Libération, Eric Aeschimann et Christophe Boltanski dans leur ouvrage, Chirac d’Arabie, sous-titré «les mirages d’une politique française». Il est le fruit d’un labeur considérable au cours duquel les auteurs n’ont pas lésiné en travail de documentation, en recherche de confidences de proches de Chirac, en quête d'indiscrétions.

 

Cette représentation est à la fois complexe et révélatrice d’une certaine carence du personnage. La face secrète est constituée par un goût très marqué pour l’Orient en général, certes théorique, mâtiné d’un certain mépris pour l’Occident, ce qui lui avait valu ses propos sur les racines autant musulmanes que judéo-chrétiennes de l’Europe. Cette disproportion d’appréciation trouve son explication quand on parcourt l’ouvrage d’Aeschimann et Boltanski.

D’incroyables insuffisances chiraquiennes sont également révélées par les auteurs : sa désinvolture dans l’affaire du nucléaire irakien, sa gestion catastrophique des rapports franco-israéliens comme lorsqu’il finit par absoudre le premier ministre malais, Mahathir Mohammad, après sa diatribe antisémite du 16 octobre 2003 ; son ignorance vertigineuse de l’histoire et de la culture juive : au milieu des années 1980, il ignorait encore le chef d’accusation qui avait frappé le capitaine Dreyfus ! Plus tard, lors d’un dîner avec Sharon, il fera remarquer que les Juifs ne mangent pas de viande parce que la viande n’est pas un aliment Kasher !

Ce livre consacre une longue partie - justifiée - aux liens très forts qui unissaient Jacques Chirac et Rafic Hariri, l’ex-premier ministre libanais assassiné le 14 février 2005. On y voit à quel point cette amitié ancienne, née probablement en 1979, a très fortement influencé la politique étrangère de la France.

On circule également parmi les sombres officines pro-arabes propres au monde gaulliste. Ces cercles d’amitiés franco-arabes ont très tôt, du temps du Général déjà, servi de plates-formes où étaient institutionnalisées toutes sortes de trafics plus ou moins occultes, où circulaient des barbouzes obscures, des commerçants et des idéologues arabophiles, souvent antisémites.

Elles ont proliféré sous le règne de Chirac avec l’apothéose du scandale des bons de pétrole détournés par des cadors du gaullisme. Parmi eux le fameux Serge Boidevaix dont on apprend, au passage, qu’il fut l’un des principaux initiateurs du dialogue euro-arabe aux côtés de Michel Jobert, le fameux Eurabia cher à l’historienne Bat Ye’or.

Les 400 pages de ce livre se dévorent comme un roman. Malgré la désagréable et sempiternelle analyse du «bourbier irakien», malgré la considération non pertinente que le Hezbollah n’est pas une vraie organisation terroriste en raison de l’existence d’une branche sociale, on ne peut que féliciter les deux auteurs de ce portrait-bilan écrit au vitriol, sans concession mais sans méchanceté excessive pour Chirac.

Celui pourtant dont la capacité de nuisance a abondamment empoisonné les rapports israélo-palestiniens qui n’en avaient pourtant pas besoin.

Jean-Paul de Belmont © Primo-Europe, 7 novembre 2006
* Chirac d’Arabie d’Eric Aeschimann et Christophe Boltanski. Editions Grasset

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Published by Haim - dans Articles
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