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  • : Israël, ce pays qui pousse l'individu à la recherche de lui-même. Un voyage de retour vers l'Histoire, vers sa propre Histoire.
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Pour ne pas oublier que ce qui se passe à Sderot a commencé par l'évacuation du Goush Katif.


Evacuation de Névé Dékalim en 2005
6 janvier 2007 6 06 /01 /janvier /2007 06:25

Par le colonel Hervé de Weck

  Aujourd'hui, les militaires n'ont plus autant de pouvoir en Israël qu'auparavant, quand ils dictaient jusqu'à la politique étrangère du pays. Les nombreux succès de Tsahal avaient forgé le mythe d'une armée invincible au service d'une peuple meurtri par l'histoire, une force qui n‘ignorait rien de ses adversaires. Aucun des candidats aux élections de mars 2006 n'a fait carrière dans l'armée, mais Tsahal, fait remarquer Pierre Razoux, auteur d'une Nouvelle histoire de l'armée israélienne[1], occupe toujours une place centrale dans la société de l'Etat hébreu, car elle reste le seul véritable ferment d'unité dans un pays morcelé et tiraillé par des forces antagonistes.

En Palestine sous mandat britannique, les premiers affrontements entre communautés juives et arabes se produisent en automne 1919; une organisation militaire juive est créée dans la foulée, la Haganah, et un syndicat, le Histadrout. Dans les années 1930, David Ben Gourion dirige les deux mouvements. La Haganah dispose alors de 2000 combattants permanents et de 13000 réservistes. Apparaît une organisation militaire dissidente ultranationaliste, l'Irgoun, qui prêche à la fois le combat contre les Arabes et les Britanniques, ainsi qu'une formation d'élite, le Palmach. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des formations juives combattent aux côtés des Britanniques, ce qui n'empêche pas Londres, en 1945, de refuser une immigration juive massive en Palestine. Les sionistes disposent de combattants aguerris ayant l'expérience du feu.

Le 14 mai 1948, l'Etat d'Israël est proclamé, immédiatement attaqué par les Etats arabes voisins. Faisant preuve d'une efficacité relative, Tsahal, qui a intégré non sans peine toutes les autres organisations militaires juives, remporte la victoire sur des forces arabes peu efficaces et motivées, mais en payant le prix fort: 5700 morts et 12000 blessés graves (le 2,5% de la population juive). 

Le choc, la manoeuvre et le feu

A la fin de la guerre d'indépendance, Ben Gourion fixe trois priorités stratégiques: sanctuariser le territoire, dissuader l'adversaire et nouer une alliance avec, au moins, une grande puissance, entre autres afin de bénéficier d'un approvisionnement sûr en matériel militaire. Pour préserver l'économie et la population israéliennes, il faut éviter des conflits longs et coûteux, donc opter pour une stratégie offensive privilégiant l'offensive par surprise contre un seul ennemi à la fois et des opérations sur son territoire, surtout basées sur des raids. Dans ce cadre, la mobilisation doit s'effectuer dans les plus brefs délais, les soldats, qu'ils appartiennent aux troupes actives ou aux réserves emportent chez eux l'essentiel de leur matériel et leur arme. Aujourd'hui, on voit souvent des citoyens vaquer à leurs occupations civiles, le fusil sur l'épaule... Cette doctrine repose sur un maintien rigoureux du secret que la généralisation d'Internet et des téléphones portables a remis en question. Dès lors l'autocensure a pris la relève, les Israéliens se l'imposent, convaincus de participer ainsi à la défense du pays.

Contrairement à beaucoup d'autres armées, les forces terrestres de Tsahal n'ont pas d'école de formation initiale pour officiers. Officiers et sous-officiers sortent du rang et suivent tous la même formation de base, mais les promotions sont rapides. Un élève-officier termine son cursus à 21 ans, il peut commander une compagnie à 24 ans, avant de devenir major, trois ans plus tard. A 31 ans, il peut être lieutenant-colonel et commander un bataillon, les meilleurs ayant des chances d'être à la tête d'une brigade, comme colonel, à 33 ans, et de devenir général de brigade à 36 ans. La limite d'âge tombe comme un couperet à 45 ans, les officiers d'active, versés dans la réserve, commencent alors une deuxième carrière. Israël est l'un des rares Etats à avoir introduit un service obligatoire de deux ans pour les femmes, mais pas dans les formations de combat.

Après la guerre d'indépendance, les chefs de Tsahal ne croient pas encore aux chars et aux opérations mécanisées. Il faut attendre jusqu'en 1956 la reconnaissance de l'importance des blindés. Le choc s'efface alors devant la manœuvre qui devient l'expression privilégiée de l'art de la guerre israélien; la guerre-éclair est magnifiée. C'est dans l'Arme blindée que le renforcement du potentiel israélien s'avère le plus spectaculaire: le nombre de chars de combat passe de 400 en 1956 à plus de 1000 en 1967, les brigades blindées de 3 à 8, alors que 3 autres brigades deviennent de grandes formations mécanisées. L'état-major s'appuie sur l'action conjointe des avions, des chars et des parachutistes. Dans un premier temps, l'aviation cherche à conquérir la maîtrise de l'espace aérien, afin de soutenir la progression des troupes au sol. Pour ce faire, elle neutralise les forces aériennes ennemies lors de frappes préventives.

1956: pertes matérielles de la guerre

 Pays

Avions

Chars

 Artillerie

 Egypte  340  700  700
 Jordanie  30  180  470
 Syrie  60  120  470
 Irak  20    
 Total  450  1000  1640
 Israël  54  394

 40

 

 

 

 

 






A l'issue de la guerre éclair de 1967, la superficie des territoires contrôlés par Israël quadruple, et la longueur des frontières diminue d'un tiers. Les nouvelles lignes de cessez-le-feu écartent toute possibilité d'attaque surprise égyptienne. La victoire militaire sur les Etats arabes est totale, plus de 10000 militaires arabes tués, 20000 blessés pour 800 morts israéliens.

Le «Tout blindé» devient la règle, l'aviation devant leur ouvrir la voie. Ces deux composantes des forces armées absorbent le 80% des dépenses consenties pour la défense. Au début de la de la guerre du Kippour, les chars interviennent sans le moindre soutien d'infanterie ou d'artillerie, l'aviation effectue des attaques au sol avant d'avoir circonscrit des défenses anti-aériennes très denses et efficaces. A l'état-major israélien, l'efficacité des missiles engagés par les forces arabes engendre une révolution tactique: l'allongement des distances d'engagement des armes et l'apparition d'une compagnie mécanisée dans les bataillons de chars. Les technologies du renseignement et de la détection sont adaptées, les contre-mesures et la guerre électronique prenant une réelle ampleur. Si le char reste l'élément central du combat, l'action des fantassins de choc et des parachutistes devient au moins aussi importante. Pour engager ces formations d'élite, rien de tel que l'hélicoptère!

Les moyens de Tsahal



Années
 


Effectif permanent


Effectif a
près
mobilisation



Brigades



Chars


Pièces
artillerie lourde


Avions combat



Hélicoptères


Navires combat

1948

17000

80000

12

16

40

27

2

1956

25000

100000

16

400

150

230

2

4

1967

55000

225000

21

1050

380

237

45

6

1973

85000

315000

35

1850

600

400

75

15

1978

165000

400000

43

3000

900

540

155

21

1982

172000

500000

55

3500

1200

600

155

25

1990

175000

550000

62

4000

1600

*540

240

28

1995

182000

615000

60

*3600

*1300

*435

290

23

2000

172000

600000

58

*3000

*1250

*400

*240

17

2005

161000

586000

56

*2600

*1200

*370

*215

14

*Sans compter les matériels anciens stockés en réserve

Israël, puissance nucléaire

Bien que l'Etat hébreu ait toujours officiellement nié détenir l'arme nucléaire, on admet qu'il la possède depuis la fin des années 1960. Les travaux, supervisés par Shimon Peres, ont bénéficié de l'aide française. Nasser aurait provoqué la guerre des Six Jours pour détruire le potentiel nucléaire d'Israël... dont l'arsenal comprendrait aujourd'hui entre cent et deux cents têtes nucléaires. La stratégie de dissuasion semble consister en des représailles massives contre les centres de pouvoir et les populations adverses, au cas où les intérêts d'Israël - qui volontairement ne sont pas définis - viendraient à être gravement menacés.

Les effets néfastes de la victoire de 1967

A la fin de la guerre des Six-Jours, Tsahal est au faîte de sa puissance et de sa gloire, avec un arsenal incomparablement supérieur à celui de ses adversaires potentiels, et des généraux suffisamment influents pour orienter la politique gouvernementale. Mais la victoire peut avoir des effets néfastes! Les responsables politiques, de nombreux officiers supérieurs et généraux manifestent de la suffisance, le gaspillage et une certaine corruption sévissent dans l'armée qui s'oriente vers une stratégie défensive que révèle la ligne Bar-Lev sur le canal de Suez et les positions sur le plateau du Golan, alors qu'on entretient le culte de l'offensive. De plus, les renseignements militaires commettent des erreurs d'appréciation amplifiées par de gros dysfonctionnements internes.

L'état-major israélien se trompe lourdement pendant la guerre d'usure (1969-1970), la première phase de la guerre du Kippour (1973) et lors de la guerre du Liban (1982-1985). Certains généraux se comportent en proconsuls, voire en tyrans envers les populations civiles soumises à leur autorité, d'autres prennent des risques inconsidérés, quitte à mettre en danger l'équilibre mondial, pendant la guerre des Six-Jours (1967), la guerre du Kippour et la première guerre du Golfe (1991). Volontairement ou non, des responsables militaires ont permis ou couvert des violences...

Depuis la guerre du Liban (1982-1985), ce que certains appellent le «bourbier libanais», Tsahal suscite des critiques, même en Israël, son image se brouille et le prestige des généraux en prend un coup. Malgré l'assistance colossale des Etats-Unis et une débauche d'armes ultra-modernes, l'état-major israélien peine à définir une stratégie adaptée à l'enlisement de l'Intifada et l'évolution du contexte international. 

Pertes israéliennes au combat

 


Tués et
disparus


Blessés


Chars


Avions combat


Hélicoptères


Navires de combat

Guerre d'indépendance (1948)

5700

12000

8

33

Campagne du Sinaï (1956)

230

850

50

18

Guerre des Six Jours (1967)

800

2500

394

54

Guerre d'usure

1500

3000

30

27

4

1

Guerre du Kippour

3000

8000

840

128

6

Guerre du Liban (1982-1985)

680

3500

150

2

3

Présence Sud-Liban (1985-2000)

600

4000

20

4

8

1ère Intifiada

430

3000

2e Intifada

1060

6000

4

Total

14000

42850

1496

*266

21

1

*La Force aérienne israélienne a perdu presque autant d'avions par accident, compte tenu de la dureté de l'entraînement des pilotes.

La première Intifada pose des problèmes à une armée conventionnelle, comme la deuxième, qui n'a plus le caractère populaire de la première et devient rapidement un conflit militarisé.  Elles portent toutes deux atteinte au moral des troupes de l'Etat hébreu. Le nombre des militaires qui refusent de servir en Cisjordanie et dans la bande de Gaza augmente considérablement. Le commandement autorise à accepter toutes les excuses invoquées pour ne pas aller combattre l'Intifada, et cela mine insidieusement l'édifice militaire en institutionnalisant le mensonge, alors que, pendant des décennies, Tsahal a fonctionné sur le principe de la franchise.

Pourtant, cela ne doit pas faire oublier des succès et des évolutions significatives; les forces israéliennes se montrent très performantes dans des opérations comme la libération des otages à Entebbe (1976) ou la destruction du réacteur nucléaire expérimental de Saddam Hussein (1981).

«Un siècle après l'apparition des premières organisations paramilitaires juives, précise Pierre Razoux dans sa conclusion, Tsahal est devenue une armée post-moderne, tout à tour outil de défense, d'intégration, de conquête, de développement industriel, voire parfois de répression. L'armée israélienne s'est révélée également un acteur majeur sur la scène politique intérieure, tout comme un instrument de puissance sur la scène extérieure. Elle a permis aux généraux israéliens d'exercer le pouvoir par procuration depuis juin 1967, grâce à leurs nombreux et puissants réseaux d'influence. A l'inverse de bien d'autres Etats, l'institution militaire n'a pas eu besoin de s'emparer du pouvoir par les armes, puisqu'elle a fait en sorte d'en contrôler les principaux rouages par des voies détournées.»

H.W.


[1] Tsahal. Nouvelle histoire de l'armée israélienne. Paris, Perrin, 2006. 618 pp.

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Published by Haim - dans Articles
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