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Pour ne pas oublier que ce qui se passe à Sderot a commencé par l'évacuation du Goush Katif.


Evacuation de Névé Dékalim en 2005
6 janvier 2007 6 06 /01 /janvier /2007 06:09

Patrick Saint-Paul, correspondant du Figaro à Jérusalem 

 
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« Fort de l'appui des chiites iraniens et libanais, le Hamas continue de défier le président Mahmoud Abbas et le Fatah »
« Fort de l'appui des chiites iraniens et libanais, le Hamas continue de défier le président Mahmoud Abbas et le Fatah »
AP.

A Gaza, le feu couve, en dépit de la trêve. Conclue il y a deux semaines entre le Fatah et le Hamas et déjà violée à plusieurs reprises, celle-ci ne tient plus qu'à un fil. Car aucune solution ne se profile pour sortir de l'impasse politique entre les islamistes du Hamas et les nationalistes laïcs du Fatah. Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a fait un pari risqué en décidant d'organiser des élections législatives et présidentielles anticipées. Sa décision n'a fait qu'attiser les flammes entre les militants armés des deux partis.

Porté au pouvoir, il y a un an à peine, à l'issue d'une victoire écrasante sur le Fatah aux élections législatives, le Hamas dénonce une tentative de putsch institutionnel. « La loi fondamentale est très claire, explique le politologue indépendant Khalil Chikaki, Abbas n'a pas le pouvoir de dissoudre le Parlement et d'appeler à de nouvelles élections ». Abbas s'appuie sur une phrase stipulant que « le peuple est la source de tous les pouvoirs », pour s'arroger le droit de retourner aux urnes. Selon Ahmed Bahar, député du Hamas et vice-président du Conseil législatif (CLP, Parlement palestinien), « Abbas oublie de préciser que le pouvoir du peuple s'exerce à travers le Parlement et que celui-ci est élu pour un mandat de quatre ans inaliénable. Même en décrétant l'état d'urgence, le président n'a pas le droit de dissoudre l'Assemblée. »

Confortés par un contexte international qu'ils jugent favorable, les islamistes comptent résister par tous les moyens au projet d'élections du président Abbas. La formation d'un gouvernement d'union nationale avec le Fatah, ouvrant la voie à la levée des sanctions financières internationales, paraît désormais totalement improbable, le Hamas ayant rejeté définitivement les conditions du Quartette pour le Proche-Orient : reconnaissance d'Israël, ainsi que de tous les accords signés par l'Autorité palestinienne et le renoncement à la violence.

Fort de l'appui financier de l'Iran, le premier ministre, Ismaïl Haniyeh, qui était considéré jusqu'alors comme un pragmatique, s'est aligné sur les faucons. Il s'appuie sur « trois phénomènes importants », qu'il a identifiés depuis l'arrivée au pouvoir du Hamas, en mars : « la défaite de l'armée israélienne » au Liban, « la défaite américaine en Irak », mais surtout la « résistance et la patience du peuple palestinien ». En d'autres termes le maintien du gouvernement issu du Hamas, malgré les sanctions occidentales et israéliennes. Résultat : le mouvement sunnite a abandonné son alliance traditionnelle avec les régimes modérés du Golfe sous l'influence de Washington, tels que l'Arabie saoudite, pour s'investir dans une alliance contre nature avec les chiites. Un axe de l'intransigeance, Iran-Hezbollah-Hamas, auquel est aussi associé le régime sunnite de Syrie, est en train de voir le jour.

Abbas a lancé un pari électoral hasardeux, pour tenter de sortir de la crise. D'abord parce que son parti, le Fatah, risque de perdre à la fois le Parlement et la présidence. Les instituts de sondages donnent les deux partis au coude à coude dans les deux scrutins. « Le Hamas a perdu des voix auprès de ses supporteurs en raison de la crise financière, politique et sécuritaire que traverse l'Autorité palestinienne depuis son arrivée au pouvoir, explique Ibrahim Abrash, professeur de sciences politiques à l'université al-Azhar de Gaza. Mais sa base s'est affaiblie, sans que celle du Fatah ne se soit renforcée. » Le Fatah a concentré toute son énergie à faire chuter le gouvernement formé par le Hamas. Le parti laïc ne s'est pas réformé et reste miné par les divisions et les luttes de pouvoir internes, notamment entre les vieux dirigeants, discrédités par des affaires de corruption, et la jeune garde réformatrice. Ces tiraillements avaient déjà pesé lourdement sur le score électoral du Fatah en janvier 2006.

Autre question de poids : Abbas sera-t-il candidat à sa succession ? Le président de l'Autorité palestinienne a annoncé à plusieurs reprises qu'il ne briguerait pas de nouveau mandat. Certains dirigeants du mouvement nationaliste estiment qu'il n'y a pas de meilleur candidat que lui. Seul le chef du Fatah en Cisjordanie, le très populaire Marouane Barghouti, emprisonné en Israël, représente une alternative crédible. Mais il est peu probable qu'Israël acceptera de le libérer. Même si aucune loi n'interdit à des Palestiniens détenus de se porter candidat à une charge élective, il lui serait difficile de faire campagne depuis sa cellule.

Il est improbable que les élections auront lieu dans le délai de six mois, prévu par l'entourage d'Abbas. Le Hamas a dit vouloir boycotter le scrutin et fera tout pour empêcher sa tenue, y compris en utilisant la violence. « Il existe un risque que la guerre civile s'installe sans que le Hamas ou le Fatah ne l'aient réellement cherché, estime Ibrahim Abrash. La ligne de fracture se situe entre les laïcs du Fatah et les religieux du Hamas. Elle est alimentée par l'étranger, qui joue un camp contre l'autre, sans se soucier des conséquences. »

Même si elles sont organisées, ces élections ne résoudront vraisemblablement pas le contentieux entre le Hamas et le Fatah. Ibrahim Abrash envisage trois scénarios possibles.

Si le Hamas remporte à la fois les élections législatives et présidentielles, cela aura pour effet, selon lui, d'aggraver la situation. Car l'Occident pourrait alors couper tous les ponts avec l'Autorité palestinienne, en l'absence d'un président modéré. Si chaque parti gagne l'un des deux scrutins, la situation actuelle perdurera. Et si le Fatah gagne les deux élections, le Hamas en rejettera immédiatement les résultats. Les violences reprendront. Le mouvement pourrait alors relancer la résistance armée avec une campagne d'attentats suicides, visant à empêcher le Fatah d'appliquer son programme et de renouer le dialogue avec Israël.

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Published by Haim - dans Articles
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