Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Am Israël Haï
  • Am Israël Haï
  • : Israël, ce pays qui pousse l'individu à la recherche de lui-même. Un voyage de retour vers l'Histoire, vers sa propre Histoire.
  • Contact

Vidéos

  


 
 

 

Recherche

Fréquentation du blog

outils webmaster

 

 

Archives

à voir



Rah'em

Pour ne pas oublier que ce qui se passe à Sderot a commencé par l'évacuation du Goush Katif.


Evacuation de Névé Dékalim en 2005
17 mars 2007 6 17 /03 /mars /2007 18:01

Par Sami El Soudi
© Metula News Agency

Parce que Mahmoud Abbas est un diplomate mais nullement un chef d’Etat, parce qu’il n’a pas su organiser notre défense et celle de nos choix d’avenir...

C’est par les sites Internet du Hamas que nous avons eu accès, ce matin, à des extraits de la plateforme politique du gouvernement palestinien d’union nationale qui a vu le jour cette semaine.

Plus tard dans la journée, le 1er ministre Ismaïl Hanya a remis au président Abbas, à Gaza, la liste de ses ministres et ce dernier l’a acceptée. Le cabinet reste dirigé par Hanya et il est composé de membres du Hamas, du Fatah, d’indépendants, d’un communiste à la Culture, M. Bassam Shali, et d’un adhérant du FDPLP, Salah Zidan, aux Affaires Sociales.

La composition de ce gouvernement sera soumise samedi au parlement afin d’obtenir son aval. La séance se déroulera par cameras web entre Gaza et Ramallah, puisque les membres du Mouvement de Résistance Islamique, le Hamas, et d’autres députés impliqués dans le terrorisme ne disposent pas de l’autorisation de Jérusalem de fouler le territoire israélien.

Durant des semaines, les discussions en vue de la formation de ce gouvernement butaient sur les portefeuilles des finances et de l’intérieur. Finalement Hamas et Fatah se sont entendus sur les personnes de Hani Kawasmeh à l’Intérieur et de Salam Fayyad aux Finances.

Personne ne se fait pourtant d’illusions quant aux moyens effectifs qui seront à la disposition de Kawasmeh, les deux clans n’ayant aucune intention de lui transférer le commandement de leurs dispositifs sécuritaires.

Quant à Salam Fayyad, un homme connu pour ses compétences et sa probité, il ne disposera d’aucun fond à gérer, puisque l’aide internationale n’est pas prête d’être renouvelée. De plus, la présidence a mis au point un canal financier parallèle, qui permet à Mahmoud Abbas de recevoir des fonds américains, destinés à l’entraînement et à la dotation de ses troupes d’élite. Ce canal non plus n’aboutira pas dans les caisses vides qui sont promises à Fayyad. De plus, les USA ont interrompu, voici une dizaine de jours, le transfert desdits fonds, devant l’indécision du président Abbas et son rapprochement avec le Hamas.

La plateforme du nouveau gouvernement procède d’une radicalisation objective de la position du Fatah, reprenant la quasi-totalité des thèses des fondamentalistes. Il y est question que le cabinet poursuive son soutien à la résistance – il faut lire au terrorisme – tant que l’occupation n’aura pas cessé – comprendre : jusqu’à la destruction physique totale d’Israël -.

Il n’est nulle part question de paix ou de la notion des deux Etats figurant sur la Carte Routière. On y mentionne uniquement une "fin de la résistance" et on la conditionne à la fin de l’occupation, à l’obtention de la liberté et au retour des réfugiés de 47 "sur leur terre et dans leurs biens".

Cela ressemble beaucoup plus à une déclaration de guerre qu’à une ouverture vers la paix. Ce manifeste est toutefois panaché de deux clauses qui contredisent plusieurs de ses attendus. Tout d’abord, le gouvernement s’engage à respecter les accords existants passés avec Israël, comme le réclamait le roi Abdallah d’Arabie lors des discussions préliminaires à la Mecque.

D’autre part, les activités du président Abbas avec Israël ne sont pas concernées par la plateforme du nouveau gouvernement. Abou Mazen aura ainsi le pouvoir de discuter avec l’ennemi que l’on déclare vouloir éradiquer, d’une solution pacifique basée sur deux Etats contigus, que l’on rejette dans le manifeste.

En fait, l’intention infantile du Hamas consisterait à envoyer le président négocier un accord avec Israël, tout en se réservant le droit de l’accepter, de le refuser ou de demander à l’amender lorsqu’il serait soumis au gouvernement. Nul doute cependant qu’Israël et la plupart des pays civilisés refuseront ce marché de dupes et que cet axe de négociation demeurera stérile.

Plus raisonnablement, par la formation de ce cabinet d’union, le Fatah et le Hamas entendent réduire la guerre civile rampante engagée entre eux. Ils comptent déléguer à l’Arabie Saoudite et à la Ligue Arabe le soin de négocier avec Israël, puisque l’initiative saoudienne prend de plus en plus d’envergure et qu’elle semble intéresser tout le monde, Israéliens et Américains compris.

En résumé, ce nouveau gouvernement, campant officiellement sur les principes palestiniens historiques de retour des réfugiés et de destruction d’Israël, sera en fait dirigé vers l’intérieur des territoires palestiniens, vers la gestion de l’Autonomie, laissant aux grands frères arabes le soin de discuter de notre avenir.

Certes, mais la plateforme adoptée et la composition du gouvernement ne répondent pas aux besoins dramatiques et immédiats de notre population : le retour de l’aide internationale. Le déblocage des fonds reste conditionné par les trois revendications formulées par le Quartette, à savoir la reconnaissance d’Israël, la renonciation à la violence et le respect des accords existants.

De reconnaissance d’Israël, il n’est surtout pas question dans la nouvelle plateforme, pas plus que de renonciation à la violence. Quant aux accords existants, s’ils sont endossés en théorie, dans la pratique, ils s’entrechoquent avec d’autres clauses incompatibles avec eux.

J’ai demandé ce matin même à un leader du Hamas comment il entendait persuader les Occidentaux de cesser leur blocus économique sur la base du manifeste du nouveau cabinet. Sa réponse avait de quoi surprendre : "la fin des hostilités ainsi que la reconnaissance de l’Etat sioniste figurent dans les accords passés entre l’AP et Israël que nous avons pris en compte ; il est ainsi possible d’affirmer que nous répondons aux attentes du Quartette".

Comme on le constate, il y a à boire et à manger dans l’acte de constitution de ce gouvernement. Hanya et Mashal savent que ce double langage ne suffira pas à persuader les USA ni la plupart des Etats représentés dans le Quartette de desserrer notre étouffement économique. Alors le Hamas compte sur les maillons faibles pour tirer au flanc, sur certains pays européens en particulier. Hanya l’a dit fort clairement aujourd’hui : "nous avons reçu des signaux que des Européens sont prêts à travailler avec notre nouveau gouvernement".

Il ne s’est en tout cas pas totalement trompé, puisque le ministre français des Affaires Etrangères s’est empressé d’appeler son nouvel homologue M. Abou Amer au téléphone. Douste-Blazy l’a félicité en effet pour la constitution du nouveau gouvernement et a émis le souhait de le rencontrer rapidement, soit en Europe soit en Palestine.

Il n’est toutefois pas prévisible que de grands Etats européens rompent la décision du Quartette qui les représente et que l’approvisionnement de la Palestine reprenne sérieusement. Quant à la France, il s’agit sans doute d’une dernière manifestation en solo de la sympathie arabe du président Chirac, mais qui n’a pas grande signification, puisque la conduite à suivre relativement à notre conflit sera redéfinie en mai à Paris, en fonction des résultats des élections qui vont s’y tenir.

En résumé pratique, les tergiversations Hamas-Fatah n’apportent pas de solution aux problèmes criants de notre population. J’ai passé deux jours de cette semaine dans la bande de Gaza, et j’invite tout observateur intéressé par la réalité des faits à se rendre au point de passage de Rafah avec l’Egypte. On y voit des milliers de mes concitoyens, des milliers, dis-je, fuir la Palestine, aussitôt que la frontière s’ouvre. J’ai vu, de mes yeux, des personnes se faire écraser à mort contre le grillage par la foule pressée. J’en ai vu d’autres, avec leur famille, se précipiter depuis des murs de quatre mètres de hauteur pour passer en Egypte, et de là, tenter d’émigrer vers des cieux plus accueillants.

Et qu’on ne raconte pas de sottises, ces gens ne fuient pas Israël, - Israël leur fournissait du travail et de l’argent ! -, ils fuient la misère, l’incapacité de se nourrir. Ils fuient la démence des islamistes qui les sacrifient à leurs rêves suicidaires de Djihad contre Israël et à l’abandon de la solution des deux Etats pour deux peuples. Qui seule pouvait leur garantir un avenir décent dans un pays à eux et viable.
Désormais, parce que Mahmoud Abbas est un diplomate mais nullement un chef d’Etat, parce qu’il n’a pas su organiser notre défense et celle de nos choix d’avenir, l’OLP a donné carte blanche au Hamas pour effectuer le grand sabordement. Nous nous sommes déjà rendus célèbres pour nos terroristes-suicides, nous allons encore innover en présentant au monde un gouvernement-suicide !

Partager cet article

Repost 0
Published by Haim - dans Hamas - Fatah
commenter cet article

commentaires