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Pour ne pas oublier que ce qui se passe à Sderot a commencé par l'évacuation du Goush Katif.


Evacuation de Névé Dékalim en 2005
2 avril 2007 1 02 /04 /avril /2007 10:00

Par Jean-Pierre Bensimon

L’attention des Français est focalisée sur la dernière ligne droite de l’élection présidentielle, et c’est tout à fait justifié. Cependant, nous désirons nous ici pencher sur de « petits évènements » qui n’ont pas fait la « une » des journaux du mois de mars, mais qui en disent très long sur ce qui attend nos sociétés européennes.


D’abord « l’attentat » contre un cybercafé de Casablanca le 12 mars. Nous mettons des guillemets car Abdelfettah Raydi ne visait pas le cybercafé. S’il s’est fait exploser, c’est parce qu’il en est venu aux mains avec le propriétaire du café en question, qui voulait l’empêcher de prendre ses ordres sur Internet. Il désirait en fait participer à une série planifiée d’explosions suicides, contre des hôtels et des sièges de la police et de l’armée.


Quelques jours avant, un cerveau du terrorisme impliqué dans les attentats de Madrid, le chef militaire du « Groupe islamique des combattants marocains », Saad Houssaini, était arrêté dans le quartier Sidi Maârouf de Casablanca. L’Italie venait de livrer au Maroc un groupe de « militants » du Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat capturé grâce à des informations allemandes. Si l’on se souvient qu’au moins cinquante personnes ont péri dans des attentats de la même mouvance en Algérie, et qu’à l’issue d’un véritable engagement militaire l’armée tunisienne a décimé un autre groupe salafiste, on comprend que le pire terrorisme, celui de la nébuleuse Al Qaïda, est à nos portes, et qu’il lui suffit de quelques messages Internet pour franchir la Méditerranée au moment qu’il choisira et semer la mort n’importe où en Europe, particulièrement en France où ses relais sont innombrables.


Pourquoi ces jeunes gens sont-ils prêts à tuer et à mourir en obéissant aux consignes d’un simple mail ? Pourquoi cette rage que rien ne peut assouvir ? Dans un ouvrage fameux publié il y a quelques mois, Les Religions Meurtrières, Élie Barnavi nous fournit sans doute l’une des analyses les plus profondes de ce terrible phénomène.


Pour Barnavi, l’Occident a bien du mal à comprendre à quel point sa vision séculière est minoritaire dans le vaste monde ; il doit prendre conscience que la foi peut faire de certains des assassins. Il est tentant mais vain de rechercher dans les textes sacrés qui ne sont jamais d’un seul bloc, les causes de la violence commise au nom de la religion. On peut toujours extraire de ces textes des messages de violence. Dans le Coran, il y a des sourates qui incitent à tuer, mais il y en a d’autres qui sont pacifiques et tolérantes.


La question n’est donc pas de triturer les écrits religieux pour montrer qu’ils sont à la racine de la violence politique, car ceux qui y ont lu la violence auraient pu y trouver, s’ils avaient voulu, le contraire de la violence. La question est de savoir pourquoi ce que l’on appelle aujourd’hui l’islamisme a choisi de lire dans le Coran les passages les plus brutaux et les plus intolérants.


La réponse est dans l’Histoire : contrairement à ce que l’on croit, ce n’est pas la colonisation qui explique la rancœur vengeresse des islamistes. C’est la défaite de l’Empire Ottoman. Elle était inscrite dans l’échec du second siège de Vienne en 1683, qui a ouvert la voie à la liquidation du califat après la première guerre mondiale. Depuis la fermeture des portes de l’ijtihad au IXème siècle, c'est-à-dire l’interdiction de l’interprétation du Coran, l’Islam s’était confiné dans l’immobilisme. Tout à son mépris des Infidèles, en proie à ce manque de curiosité qui caractérise l’Islam « fermé », l’Empire Ottoman avait pris plusieurs siècles de retard sur l’Occident. Suivant cette pente, le monde musulman, et particulièrement le monde arabe, est aujourd’hui dans un état de délabrement extrême, remarquablement décrit par les auteurs arabes des rapports sur le Développement Humain dans le monde arabe établis dans le cadre de l’ONU. Les tenants de l’Islam radical, mais aussi les larges masses arabes, ne se sont pas remis du choc entre le passé glorieux des bâtisseurs d’empires et l’hégémonie actuelle de l’Occident.


Ceux qui ont choisi la voie de l’imitation de l’Occident ont hélas connu l’échec : l’expérience iranienne conduite par le Shah a rencontré la révolution des mollahs, la Turquie d’Atatürk est aujourd’hui dirigée par un parti islamiste, qui a peu de choses en commun avec le kémalisme.


C’est ainsi que le courant politique des Frères musulmans fondé en 1928 par l’égyptien Hassan Al-Banna va promouvoir un programme à la fois fondamentaliste « l’islam c’est la solution », et révolutionnaire puisqu’il est prêt à utiliser tous les ressorts de la violence contre ce qu’il appelle le pouvoir impie. Ce courant devenu dominant dans l’idéologie populaire, s’accroche à un passé idéalisé et rejette sur les autres la faute du déclin musulman.


C’est ainsi que dans tout le monde arabo-musulman nous assistons depuis des décennies à une féroce empoignade entre la déferlante islamiste qui brandit sa lecture du dogme, et les États d’autant plus fragiles qu’en Islam, la religion est la source exclusive de la légitimité politique. Pour atténuer la pression, la sphère politique passe un accord tacite avec les fanatiques : à elle le pouvoir, à eux la société. C’est ainsi que les sociétés musulmanes s’islamisent à marches forcées et que la charia devient à peu près partout l’unique source du droit. Et quand ils le peuvent les Islamistes passent à l’offensive armée : on le voit aujourd’hui au Maroc, dans les autres pays du Maghreb, demain peut-être en Égypte.


Cette poussée rend impossible la vie des minorités dans le monde musulman, des Coptes et des Chrétiens d’Orient en particulier. Mais elle ne s’est pas cantonnée aux pays d’Islam. A l’issue d’une mutation qui date d’une vingtaine d’années, l’islamisme radical a étendu l’arène de son combat à l’Occident et à la planète entière.


Et l’Europe est en première ligne parce qu’elle abrite de très importantes populations musulmanes le plus souvent ghettoïsées, frappées par le chômage, dont la jeunesse est déracinée et en mal de repères. Un terrain d’autant plus favorable à l’extrémisme que règne une idéologie compassionnelle, sur fond de culpabilité coloniale qui exonère les fous de Dieu de la condamnation unanime. Une juge allemande a refusé la semaine dernière d’accorder à une musulmane battue par son mari et en danger de mort, le bénéfice de la séparation immédiate au motif que le Coran prescrit de battre les femmes désobéissantes. Elle a quand même été désavouée. 5000 sites islamistes enseignent aux musulmans européens l’amour d’Oussama Ben Laden, la personnalité aujourd’hui la plus populaire du monde arabe. Le feu rougeoie sous la marmite.


Ce qui est navrant, c’est de voir à quel point l’Occident, du moins l’Europe, sous-estime la menace et avance des arguments trempés dans le rationalisme qui lui est propre. Pour certains, l’Islamisme ne fait qu’exprimer des problèmes sociaux ou nationaux. Barnavi souligne avec justesse que la religion n’est jamais un manteau dont on recouvrirait des intérêts inavouables, même si un conflit de religion n’est pas un conflit que de religion, même si la pauvreté catalyse l’extrémisme. D’autres mettent en avant le conflit israélo-palestinien. C’est tout aussi vain : que viendrait faire le conflit israélo-palestinien dans les montagnes algériennes, les grandes cités marocaines, la côte tunisienne, ou la banlieue de Madrid ?


Aux Européens qui s’aveuglent devant une menace trop cruelle pour eux, Barnavi dévoile les grandes lignes de la stratégie des islamistes en terre infidèle : s’assurer le monopole de la représentation des musulmans, empêcher par tous moyens leur intégration ou leur assimilation, influencer la politique extérieure des pays d’accueil en direction des zones de djihad, transformer l’islamisme en une force politique en Europe.


En cette période de choix électoral majeur, les citoyens comme les candidats ont beaucoup de sujets à traiter. Ils devraient quand même mettre ces questions en tête de leurs priorités : il en va de ce que Barnanvi appelle nos valeurs, nos libertés, notre mode de vie, l’avenir de nos enfants, en un mot, de notre civilisation.

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Published by Haim - dans Jihad
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