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Pour ne pas oublier que ce qui se passe à Sderot a commencé par l'évacuation du Goush Katif.


Evacuation de Névé Dékalim en 2005
4 juin 2007 1 04 /06 /juin /2007 06:21

Entretien avec Jean-François Kahn, pour "Israël Magazine",
par David Reinharc

"J-F Kahn - le 'Monsieur Marianne' répond aux questions sur l'identité, le nouvel antisémitisme de gauche, le discours anti-impérialiste et son adaptation par les islamistes, les musulmans athées, le vote communautaire, l'impossibilité pour Israël de faire la paix avec le Hamas... « Il faut re-complexifier le réel contre la tendance des intellectuels médiatiques». Un entretien intéressant, proposé par David Reinharc. » (Roseline).


28 mai 2007 Sur le blog d'Alain Azria.


Jean-François Kahn, rédacteur de l’hebdomadaire Marianne, n’a pas été élevé dans le judaïsme et a repris son identité juive en réaction à l’antisémitisme. Il livre son analyse de la société actuelle. Parcours d’un libre penseur.


Vous avez été élevé en dehors de toute référence à l’origine juive de votre père. Vous ne revendiquez pas votre judéité. Nommer, c’est se donner un destin : pourquoi alors avoir reconquis le patronyme originel de votre père ?

· Jean-François Kahn : Mon père est d’origine juive, ma mère est catholique, d’origine bourguignonne. Et la mère de mon père était elle-même d’origine italienne et catholique. J’ai donc, pour reprendre une expression usuelle, un quart de sang juif. Au sens de la loi juive, c’est la matrilinéarité qui prime.

Deuxième chose : mon père était juif et résistant, nous avions donc deux raisons de nous cacher. Mes parents m’ont fait baptiser, je suis donc catholique. Et j’ai changé de nom, dès l’arrivée des régimes fascistes. Ayant vécu toute ma jeunesse sous le nom de Ferriot, en tant qu’ enfant catholique, je n’ai jamais été confronté à cette identité ni à l’antisémitisme qui aurait pu me conforter dans cette identité.

J’ajoute qu’à la sortie de la guerre, il y eut une double volonté. On a coutume de dire qu’il y eut après-guerre une volonté de minimiser l’ampleur de la Shoah et il aurait fallu attendre trente ou quarante ans pour donner toute son ampleur à l’Holocauste. La vérité est que les premiers camps libérés furent ceux de Dachau et Buchenwald, et de ces camps de concentration – à l’inverse des camps d’extermination comme Treblinka ou Sobibor – des gens sont revenus ; par conséquent, le premier contact que nous avons eu avec ceux qui sortaient des camps, ce fut, pour une majorité avec des résistants ou des communistes. De surcroît, ces derniers furent instrumentalisés par le Parti.

On a donc, c’est vrai, minimisé la figure juive dans l’épopée du camp de concentration. A partir de 47-48, j’ai pris conscience que mon père et ma famille paternelle étaient juifs. Or, l'obsession de la plupart des juifs, à l’époque, parce qu’ils avaient été sortis de la communauté nationale en tant que juifs, était de s’y réintégrer à tout prix. On a relativisé la spécificité totale et le martyre dont les juifs furent victimes, mais moins qu’une preuve d’antisémitisme, il s’agissait tout au contraire d’un consensus national pour répondre au fait que les juifs avaient été désignés en... ne les désignant plus.

Alors, oui, j’ai vécu dans cette atmosphère où se désigner comme juif, c’était faire le jeu des antisémites, puisqu’on avait été victime de cette nomination. Cela dit, lorsque je fus en école privée, dans ce milieu de la grande bourgeoisie française, j’ai commencé à entendre des réflexions antisémites fortes et alors, comme mes frères, j’ai décidé de reprendre mon identité.

Comment expliquez-vous aujourd’hui qu’après avoir occulté leur judéité et pensé avoir trouvé leur Jérusalem en France, les ex-israélites qui avaient déposé l’assimilation dans la corbeille de noces, cherchent aujourd’hui’ hui à s’émanciper de l’Emancipation ?

· Jean-François Kahn : On est passé, en dix ans, du discours : "on a été désignés comme juifs et sous l’impulsion de cette nomination, nous avons connu la malédiction de ne plus être considérés comme Français", à : "on a souffert comme juifs, il n’y aucune raison que nous ne revendiquions pas cette judéité". Cette réappropriation du signifiant juif n’a pas eu lieu dans un cadre communautariste. Dix ans après encore, il y a eu le choc de 67, et ce phénomène d’identification en tant que juif fut le début d’une troisième phase. Quatrième phase : c’est l’arrivée des juifs d’Afrique du Nord, des juifs chassés par les Arabes : leur identification avec les Israéliens est, par conséquent, d’autant plus forte. Dernière phase : le développement du communautarisme, en général, et, dans ce contexte, le communautarisme juif se renforce, dans le même temps. Les juifs prennent conscience, après avoir joué un rôle essentiel dans tous les domaines, qu’une autre communauté va jouer un rôle plus fondamental que la leur. Le poids – y compris comme lobby ou force de pression – de la communauté musulmane, a créé un raidissement considérable dans la communauté juive française. Il y a encore dix ans, le projet de Sarkozy de mettre en place un Ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale aurait provoqué une véritable levée de boucliers. Mais les juifs, aujourd’hui, acceptent eux-mêmes que, contre cette menace musulmane, il faut défendre l’identité nationale dont ils se réclament.



Le nouvel antisémitisme au nom de l’universalisme et de l’antiracisme, ne vient-il pas aussi des milieux gauchistes, qui assimilent la figure du Palestinien à celle du Christ ?

· Jean-François Kahn : D’abord, dans l’histoire de l’antisémitisme, il y a eu l’antisémitisme chrétien : on l’a vu au moment de l’Affaire Dreyfus. Le deuxième est l’antisémitisme contre-révolutionnaire : les juifs - avec les francs-maçons et les protestants - sont à l’origine de la Révolution Française, qui a détruit l’unité de la race. Ensuite, s’est greffé l’antisémitisme nationaliste : les juifs sont des Allemands, ce sont des étrangers. Tout cela a créé un antisémitisme profondément réactionnaire. Il y a eu aussi un antisémitisme né dans les cercles blanquistes et socialistes : l’anticapitalisme débouchant sur la dénonciation du juif comme capitaliste. Les deux courants, progressiste et réactionnaire, ont fusionné pour donner l’antisémitisme fasciste. Cette fusion s’est faite sur l’idée que les juifs ont fait la Révolution d’Octobre. Il ne faut pas confondre cela avec les retombées du conflit israélo-palestinien. D’abord, l’extrême gauche récuse l’accusation d’antisémitisme : elle prétend qu’il s’agit de la seule solidarité avec le peuple palestinien. Il y a des passerelles, de toute évidence, mais c’est un problème spécifique.


L’extrême droite nie aussi, officiellement du moins, être antisémite...

· Jean-François Kahn : En privé, Le Pen assume son antisémitisme, tandis que l’extrême gauche niera son antisémitisme en innvoquant l’anti-impérialisme, la solidarité avec un peuple opprimé. Cela réveille, en réalité, un autre mécanisme mental : l’assimilation du juif au capitaliste. Israël opprime le peuple palestinien, Israël est soutenu par l’Amérique qui, elle-même, est aux mains du grand capitalisme juif : on retrouve, oui, le vieil antisémitisme blanquiste. Ils sont antisémites, je le pense, mais ils ne l’assument pas.


On a entendu à Durban, au nom de la solidarité avec les peuples opprimés : « Un juif, une balle »

· Jean-François Kahn : Au niveau mondial, il y a une extrême gauche totalement antisémite, notamment dans le monde arabe. Mais l’extrême gauche occidentale ne s’assume pas comme antisémite.

Tarik Ramadan au Forum des alter-mondialistes, n’est-ce pas l’union de toutes les extrêmes gauches avec un islamisme conquérant, assimilé au nouveau prolétariat ?

· Jean-François Kahn : Le discours anti-impérialiste débouche sur : les ennemis de nos ennemis – Israël et l’Amérique - sont nos amis. Ceux qui luttent contre l’horreur américaine, bushiste, sioniste, c’est Ramadan, les islamistes : on fait un bout de chemin avec eux puisque nous avons les mêmes ennemis. Cette logique a toujours existé : il y eut des juifs dans l’OAS et, plus récemment, Philippe de Villiers, à la manifestation en mémoire d’Ilan Halimi, fut bien accueilli par la communauté. On vit une époque épouvantable, comme au temps du stalinisme, où, de part et d’autre, on a un ennemi qu’il faut combattre à tout prix, tandis que des nouvelles alliances se nouent au nom de : les ennemis de mes ennemis sont mes amis.


En ce qui concerne l’antisémitisme d’extrême gauche occidental, il ne s’agit pas seulement d’une critique de la politique de l’Etat juif...

· Jean-François Kahn : Ce que vous désignez là est juste, mais concerne une partie de l’extrême gauche. Une autre partie, ultra libertaire, autour de Caroline Fourest et Charlie Hebdo, est à l’avant-garde du combat pour la laïcité, contre l’islamisme et ses complices, contre tout discours pro-palestinien qui débouche sur l’antisémitisme. Il existe une tendance, au Monde Diplomatique, avec, notamment, des universitaires orientalistes, qui assume cet anti-israélisme radical. Mais dans l’entre-deux, vous avez une extrême gauche au discours ambigu, qui, pour autant, ne remet pas en cause l’existence d’Israël. Et puis, à la tête du Monde Diplomatique, il y a aussi une forte tendance laïque et républicaine. Celle de l’ancienne direction d’Attac.


N’assiste-t-on pas, dans nos banlieues comme dans le 'village global', au seul choc des civilisations qui tienne, celui de deux islams, le radical contre le modéré ?

· Jean-François Kahn : Je pense qu’il y a des musulmans athées, qui se définissent comme des musulmans modérés, des musulmans profondément démocrates et républicains. Mais ils sont modérés parce qu’ils ont pris de grandes distances avec la dogmatique islamique. Mais, dès lors qu’il s’agit de musulmans qui adhèrent à la doctrine musulmane, je dirais qu’il n’y a pas de musulmans modérés. La majorité des musulmans sont non radicaux et non violents mais dès lors qu’ils adhèrent à la communauté musulmane, ils adhèrent à un dogme intégriste. L’islam est profondément intégriste aujourd’hui. Le catholicisme était lui-même intégriste dans la dernière partie du XIXe siècle. L’islam est intrinsèquement intégriste, il n’a pas fait sa Révolution des Lumières ; cela n’empêche pas que des millions de musulmans peuvent participer, de façon active, au combat pour l’émancipation et la liberté. Il faut constituer un front commun avec les musulmans démocrates et humanistes, sinon, l’islamisme vaincra. Ne pas oublier l’héroïsme inouï des femmes algériennes pour résister, contre vents et marée, à la pression intégriste.

Philosophiquement, les valeurs judéo-chrétiennes vous semblent-elles supérieures aux autres ?

· Jean-François Kahn : Je considère que les valeurs supérieures sont, par définition, universelles. Et je pense qu’on peut les défendre dans tous les pays du monde. Cela dit, je pense que les valeurs qui sont le fruit des civilisations pour lesquelles ont travaillé des intellectuels et sont morts des démocrates, ces principes, fruits de l’humanisme, des Lumières, du combat pour la démocratie et la laïcité, oui, ces valeurs sont absolument supérieures. Ceux qui font la liaison entre un soi-disant progressisme gauchiste et l’islamisme, récusent l’idée que ces valeurs sont supérieures, et sont dans un relativisme total. Et je réprouve totalement cette position-là.


Les euros portent une histoire : d’un côté, l’architecture des portes et des porches, de l’autre celle des ponts. Afin de se sauver de la violence sérieuse des idéologies, l’islam ne doit-il pas, pour s’intégrer à l’Europe, accepter cette symbolique de l’ouverture à l’autre et la dimension de passerelle constitutive de tout Européen ?

· Jean-François Kahn : Pour intégrer l’Europe, il faut faire l’effort de s’intégrer soi-même aux valeurs constitutives de l’Europe, en particulier les valeurs démocratiques et – c’est essentiel - la séparation de l’Eglise et de l’Etat.


En plus de cette séparation entre le temporel et le spirituel, ne doit-il pas réintroduire, dans le théologique, l’humour, l’esprit critique, le questionnement, afin d’affronter le monde comme ambiguïté, apprendre la sagesse de l’incertitude ?

· Jean-François Kahn : Il y a un formidable humour arabe, mais c’est vrai qu’il ne se retourne pas contre l’islam. L’islam n’a pas d’humour à son propre égard. Cela dit, le catholicisme n’a pas d’humour à son propre égard, c’est de l’extérieur de lui-même qu’on l’a ébranlé par l’humour. Et comme ils savent que c’est l’humour qui a ébranlé le catholicisme, et qu’ils n’ont pas fait la séparation de l’Eglise et de l’Etat, ils le répriment au nom du blasphème. Ils savent que lorsqu’on permet à l’humour de critiquer un bloc totalitaire comme l’islam, ce bloc finit par se fissurer : d’où leur phobie des caricatures, des plaisanteries, de l’autodérision. Par définition, cela dit, la vraie rupture entre l’islam et les autres religions monothéistes, c’est que, par définition, les pays musulmans sont des pays dont l’islam forme le coeur, alors qu’Israël, par exemple, a été créé par des athées, socialisants, rationalistes, ouverts, libéraux, parfois très anti-religieux, qui, contre l’avis de la plupart des tenants du dogme judaïque, ont formé un Etat. Nécessairement, cet Etat n’a pas le même rapport à la religion qu’un Etat islamique.


Si on situe le protestantisme – à la manière de Max Weber - comme une religion ayant favorisé l’émergence du capitalisme, tandis que le catholicisme regarde la richesse avec suspicion, que vous inspire le judaïsme ?

· Jean-François Kahn : L’islam, pour des raisons proches de celles du catholicisme, n’a pas favorisé le développement du capitalisme, notamment à cause de la diabolisation de la fonction bancaire. En ce qui concerne le judaïsme, je crois qu’on peut le comparer au protestantisme, dans ce domaine. Dès lors qu’une religion ne diabolise pas le processus de circulation de l’argent, elle permet le développement du capitalisme.

Sauf qu’il n’y a pas d’idée de prédestination dans le judaïsme, mais prégnance du libre arbitre...

· Jean-François Kahn : Pour le coup, alors, cela ouvre encore plus le champ de la liberté. En vérité, à son origine, le protestantisme est une réaction profondément intégriste et réactionnaire. Paradoxe : comme ils ont été victimes d’une oppression absolument terrifiante, de la part de réactionnaires et d’intégristes, les protestants sont devenus les véhicules de l’émancipation, de la tolérance et de l’humanisme... Incroyable retournement causé par ce à quoi ils se sont heurtés !

Vous avez aussi écrit : "C’est à partir de 68 qu’on a suggéré l’idée que la source de l’aliénation résidait dans le rapport hiérarchisé au savoir, donc au maître qui le transmet, donc à l’autorité. La jeunesse à partir de 68 a considéré que c’était l’Etat-nation militarisé moderne qui avait été responsable de la Shoah". Ne peut-on dater de 68 la déclinaison martyrologique qui explique aujourd’hui la nazification de l’Etat juif, mais aussi celle des Etats-Nations en général ? (1)

· Jean-François Kahn : C’est assez juste. Je n’avais pas compris pourquoi Alain Finkielkraut s’était lancé dans la défense inconséquente du nationalisme croate et j’ai compris qu’il tenait votre raisonnement, mais à l’inverse. Défenseur de la petite nation israélienne, il faisait une simple projection : pour le coup, il défendait tous les petits Etats-nations, et en particulier l’Etat-nation croate. Chez certains gauchistes, cette phobie de l’Etat-nation a pu, en effet, contribuer à diaboliser Israël, comme exemple de l’Etat-nation.


Israël pourra-t-il faire la paix ?

· Jean-François Kahn : Je pense qu’Israël ne peut faire la paix avec le Hamas, et l’inverse est vrai... Dès lors qu’un gouvernement d’union avec le Hamas reste ambigu sur la condamnation du terrorisme et refuse de formuler l’acceptation de l’existence d’Israël, il n’y a pas de négociation possible. J’ajoute : pourquoi le Hamas a-t-il gagné les élections ? Certaines erreurs de la politique israélienne ont favorisé l’émergence du Hamas. Certains, à droite, ont même désiré cette victoire. Je pense qu’il aurait fallu libérer Barghouti et faire en sorte qu’il soit élu président de l’Autorité palestinienne : lui seul était en position d’entamer des négociations sur la base de la reconnaissance de l’Etat d’Israël.


Durant la guerre au Liban, les médias ne présentaient pas de la même manière les victimes libanaises et israéliennes... Comment interprétez-vous cette banalisation glaciale de la violence qui s’est abattue sur la Galilée ?

· Jean-François Kahn : Les médias ne peuvent aujourd’hui aborder un problème sans entrer dans un cadre totalement manichéen. Cela s’applique au conflit israélo-arabe, mais aussi à tous les conflits. Il faut re-complexifier le réel contre la tendance des intellectuels médiatiques.



Avez-vous le sentiment qu’il existe aujourd’hui un vote juif ?

· Jean-François Kahn : Il y a un quasi-unanimisme, non de juifs, mais de juifs communautaires, derrière le candidat de la droite, Nicolas Sarkozy [à l’époque de cette interview, les élections à la Présidence n’avaient pas encore eu lieu. Note d’upjf.org], qui risque, oui, de se retourner contre la communauté. On s’est battu, à Marianne, pour lutter contre l’idée d’un vote juif, d’un lobby juif, et ça m’ennuierait que cela devienne vrai. Or, aujourd’hui, il y a le risque d’un vote avoué massif en faveur d’un candidat. Je supplie les juifs au moins de se diviser entre Bayrou et Sarkozy, pour ne pas donner l’impression d’une communauté non pluraliste.



Vous parlez là d’un noyau dur de la communauté ?

· Jean-François Kahn : Je parle des juifs communautaires – mettons 200 000 personnes maximum - qui ont tendance à voter de la même façon. La peur pure est mauvaise conseillère : n’avoir que des réactions, des votes, des prises de position de peur, est absurde. On est, à Marianne, l’un des journaux de France où il y a le plus de juifs sionistes. Or, lorsqu’on a essayé de leur expliquer que la guerre d’Irak allait se retourner contre eux, ils ne nous écoutaient pas. J’en ai marre de cela. Posons-nous les vraies questions, sans être obsédés par la peur et en dehors de tout manichéisme : que faut-il faire pour combattre réellement l’antisémitisme, pour lutter contre l’islamisme, pour défendre les laïcs, pour se battre contre ce qu’il y a de plus terrible dans l’anti-américanisme ? Certains membres de la communauté juive sont responsables du fait que ce débat n’a pas lieu : à force de s’enfermer dans un système défensif à cause de leur peur, ils ont fini par s’aveugler.



Georges Steiner vient de publier Dix raisons possibles à la tristesse de pensée. A quoi tenez-vous, aujourd’hui, de fragile et périssable, et qui vous semblerait condamné ?

· Jean-François Kahn : Tout est fragile et périssable, contrairement à ce qu’ont cru les prophètes du progrès continu, dont Victor Hugo. Mais, j’en suis convaincu : rien ne disparaît non plus. Regardez l’hébreu : ça avait disparu et c’est aujourd’hui la langue d’un pays...

Propos recueillis par David Reinharc

Texte paru dans Israël Magazine, numéro 75, mai-juin 2007.

Mis en ligne le 3 juin 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

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Published by Haim - dans Articles
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