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  • : Israël, ce pays qui pousse l'individu à la recherche de lui-même. Un voyage de retour vers l'Histoire, vers sa propre Histoire.
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Pour ne pas oublier que ce qui se passe à Sderot a commencé par l'évacuation du Goush Katif.


Evacuation de Névé Dékalim en 2005
7 juin 2007 4 07 /06 /juin /2007 06:13

Joel Fishman, Makor Rishon, première publication le 1° Juin 2007


La victoire et l'imposture : quatre décennies après la guerre des Six-Jours, une imposture soviétique et les carences de la décision politique locale menacent de priver Israël de sa victoire.

La commémoration de la guerre des Six-jours est une bonne chose parce qu'elle nous incite à faire des comparaisons entre le passé et le présent. Si tous les ans nous marquons l'anniversaire de cette guerre, chaque décennie qui passe replace cet évènement dans une perspective nouvelle. C'est pourquoi le quarantième anniversaire de cet épisode historique dramatique est hautement significatif.
 

Cependant, avant de nous pencher sur le présent, jetons un regard sur les deux décennies précédentes. En 1987, lors du vingtième anniversaire de la guerre, la télévision israélienne - il n'y avait qu'une chaîne à l'époque- avait réuni le groupe de généraux qui avaient gagné la guerre. Le défunt Yitzhak Rabin, chef d'état-major en 1967, présidait ce groupe. De cet échange émergeait une idée clé, répétée à plusieurs reprises : la guerre avait apporté à Israël de la profondeur stratégique (omek astrategi, était le terme exact).
Si l'on regarde ce passé en tirant le bénéfice du recul, on observe que c'était la fin d'une époque. Ces hommes, qui étaient l'élite militaire et politique d'Israël, évaluaient la situation en termes spatiaux sans faire intervenir le paramètre humain. Ils ne saisissaient pas qu'un jour les habitants de Judée, de Samarie, et de Gaza pourrait avoir une volonté propre. Ils manquaient de l'imagination nécessaire pour donner une place à l'imprévu.
En leur qualité de stratèges, ils omettaient tout simplement la dimension humaine. Ils supposaient que le monde stable de mai 1987 ne changerait jamais, ce qui explique qu'à peine six mois plus tard, le déclenchement de l'Intifada les prenait complètement par surprise. Ils n'étaient pas préparés au défi de la guerre asymétrique, au conflit de basse intensité, une sorte de guerre politique faisant appel à l'opinion mondiale avec un usage intensif des médias. Parce qu'ils n'ont jamais tout à fait compris ce type de guerre, ces hommes n'ont pas été en mesure d'y faire face.

Avec le recul, le vingtième anniversaire de la guerre des Six-jours marque la frontière d'une époque où la sécurité du pays pouvait être assurée principalement par la force militaire. Le versant politique de l'équation, où intervient l'opinion mondiale, était alors marginal. Depuis lors, les paramètres ont graduellement changé. Des années durant, si l'on avait pris conscience jusqu'à un certain point de cette réalité, elle n'était pas déterminante du mode de pensée des gens.

2 Aujourd'hui, quatre décennies plus tard, des travaux nouveaux ont radicalement amélioré notre compréhension de la guerre des Six-jours et de son contexte politique. Deux chercheurs israéliens, Isabella Ginor et Gideon Remez ont récemment étudié la politique de l'Union Soviétique dans la guerre des Six-jours. Ils ont publié leurs conclusions dans leur nouveau livre, Foxbats sur Dimona ; Le jeu nucléaire des Soviétiques dans la guerre des Six jours [Ataleifim beshmei Dimona, hahimur hagarini shel Brit HaMoatsoth be-Milchemeth Sheshet ha-Yomim ]. Ils ont établi que "les Soviétiques avaient préparé un débarquement de la marine sur les côtes d'Israël, avec appui aérien. Ils l'avaient non seulement planifié mais effectivement mis à exécution ; des bombardiers stratégiques et des forces navales dotées d'armes nucléaires étaient prêts à frapper....".
Leur principale cible était le réacteur nucléaire de Dimona, et leur véritable objectif, bien qu'ils ne l'aient pas ouvertement déclaré, était de mettre un terme à l'existence d'Israël. C'est dans ce contexte que Ginor et Remez avancent leur conclusion que la "guerre de Six-Jour n'avait certainement pas été préméditée par Israël dans une intention expansionniste.
Elle résultait plutôt d'une tentative soviéto-arabe réussie pour entraîner Israël dans une guerre préventive." Le plan soviétique était d'amener Israël à entreprendre les premières opérations, pour l'enfermer dans le rôle de l'agresseur et fournir le prétexte d'une intervention massive. En bombardant les aérodromes égyptiens, Israël a mis en échec la stratégie soviétique.
 

Ginor et Remez donnent des preuves supplémentaires à l'appui de leur interprétation. "Selon le compte-rendu non partisan du délégué de l'Inde aux Nations Unies, les débats du Conseil de sécurité du 5 juin avaient été compliqués 'par la demande soviétique que [ celui-ci ] condamne l'agression d'Israël' comme condition d'un cessez-le-feu." De son coté, Dore Gold avait souligné que l'Union Soviétique avait tenté sans succès d'obliger le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale des Nations Unies à condamner Israël en tant qu'agresseur.
Au moment voulu, les Soviétiques firent de l'allégation qu'Israël était l'agresseur la pièce maîtresse de leur campagne de propagande à laquelle le bloc de l'Est participa. Un exemple contemporain de ces évènements peut être trouvé dans le journal est-allemand Neues Deutschland du 9 août 1968 : "Les nouveaux actes d'agression israéliens montrent l'urgence d'une Déclaration des partis communistes et des partis des travailleurs des pays socialistes pour appuyer la demande de retrait des troupes israéliennes des territoires arabes occupés. Cette exigence est la voix du peuple."

Réagissant à la campagne est-allemande de propagande, Simon Wiesenthal souligna dans une conférence de presse tenue à Vienne le 6 septembre 1968 que les spécialistes de la propagande qui avaient bâti cette campagne avaient été au service du troisième Reich et qu'ils utilisaient de fait la terminologie nazie dans leur combat contre Israël. Selon lui, cette campagne était caractérisée par "l'agression, les accusations injustifiées, et une exagération sans limites."
 

3 A l'appui des plans soviétiques, il faut aussi rappeler la contribution néfaste de la France. Le 25 novembre 1967, lors de sa conférence de presse semestrielle, le Général de Gaulle avait attaqué non seulement l'État d'Israël mais aussi le peuple juif. Il avait pris soin de déclarer que l'Égypte était à l'origine de "l'affaire fâcheuse d'Aqaba" mais il ajoutait que cette initiative avait donné aux Israéliens l'occasion qu'ils attendaient. Ils étaient à présent des conquérants. De Gaulle n'utilisa pas le terme d'"agresseur," mais le sens de ses propos était parfaitement clair.
On gardera toujours à l'esprit sa caractérisation infamante du peuple juif : "un peuple d'élite, sur de lui et dominateur." Raymond Aron, qui se définissait comme un citoyen français qui ne voulait pas briser ses liens avec les Juifs dans le monde ni avec les Israéliens, écrivait dans son essai De Gaulle, Israël et les Juifs que la conséquence des propos brutaux de de Gaulle serait de rendre acceptable dans l'Europe d'après-guerre, l'expression publique de l'antisémitisme : "…
Le Général de Gaulle a sciemment et délibérément ouvert une nouvelle phase de l'histoire juive et peut-être de l'antisémitisme. Tout est devenu de nouveau possible ; tout peut recommencer..." Les fait développés ci-dessus expliquent l'origine de l'imposture selon laquelle Israël est un agresseur et les motifs de ses auteurs, dans ce cas-ci l'Union Soviétique et par la suite, le bloc de l'Est et la France. Il s'ensuit également que dans sa guerre d'auto-défense, Israël avait de bonnes raisons de prendre le contrôle des territoires, et il a toujours des arguments solides pour les conserver en l'absence d'un règlement final.
Une réponse défensive à une agression n'a rien à voir avec une guerre de conquête, et l'utilisation du terme "occupation," tel qu'il est généralement compris, est inadéquate. Une question stimulante consiste à se demander pourquoi certains choisissent de se vautrer dans ce mensonge, bien qu'ils connaissent la vérité.

Cet échec s'incarne dans le fait que quarante ans après la victoire d'Israël, la Ligue arabe tente d'imposer ses conditions sous la forme "d'initiative de paix," tandis que les dirigeant israéliens sont incapables d'apporter une réponse claire à ces revendications. Dans une interview du 13 avril 2007 à Der Spiegel Online par exemple, Amr Moussa le secrétaire général de la Ligue arabe a défini les questions essentielles: " le retour aux frontières du 4 juin 1967 exigé par les Nations Unies, et la question des réfugiés palestiniens." Son hypothèse implicite est qu'Israël était l'agresseur dans la guerre des Six-jours et qu'il ne devait pas en être récompensé. Pour ceux qui ne connaissent pas l'Histoire, cette revendication peut même sembler crédible.
En conséquence, les politiciens israéliens qui préconisent d'oublier notre histoire ont porté atteinte à l'État. Ils ont affaibli la mémoire collective et brouillé la compréhension du présent. Plus grave, en refusant d'expliciter la position d'Israël, ils ont laissé un vide que d'autres ont pu remplir, privant l'État d'une excellente justification morale et d'un argumentaire juridique. Par conséquent, même les Israéliens qui devraient en avoir une meilleure connaissance ont commencé à croire le mensonge selon lequel Israël était l'agresseur: voila à quoi mène la propagande.

4 Aujourd'hui, en 2007, la confusion résultant de la campagne de propagande soviétique initiale a réduit la capacité du gouvernement de sauvegarder les fruits de la victoire de 1967. Néanmoins, il y a quelques différences importantes entre les situations de 1987 et d'aujourd'hui. Une de ces différences avec 1987 est que les généraux connaissaient alors la stratégie, mais pas la politique. Aujourd'hui, quarante ans après, une commission d'enquête juridique impartiale vient de conclure que les dirigeants de la génération actuelle, généraux et politiciens, n'ont fait la preuve de leur compétence ni dans l'un de ces domaines, ni dans l'autre.

Dr. Joel Fishman est membre du Centre de Jérusalem pour des affaires publiques (JCPA).

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