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  • : Israël, ce pays qui pousse l'individu à la recherche de lui-même. Un voyage de retour vers l'Histoire, vers sa propre Histoire.
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Pour ne pas oublier que ce qui se passe à Sderot a commencé par l'évacuation du Goush Katif.


Evacuation de Névé Dékalim en 2005
13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 06:55

Par Sydney Touati pour Guysen Israël News

Dans un éditorial récent (9 juin 2007), Guy Senbel, rédacteur en chef de Guysen, évoque la position de l’ancien président de la Knesset, Monsieur Avraham Burg, lequel estime que la solution au conflit qui oppose Israël aux Etats arabes « consistait à remettre en question le caractère juif de l’Etat d’Israël, en abandonnant par exemple l’esprit et la lettre de la « Loi du retour. »


Cette position, qui a choqué nombre de lecteurs, est en réalité largement antérieure à la création de l’Etat d’Israël.

Pour comprendre cette prise de position, il convient de se référer à l’important ouvrage de Yoram Hazony, L’Etat juif, récemment traduit en français ( publié aux Editions de l’Eclat.)

Dans ce livre documenté, passionnant, vivant, Yoram Hazony fait la genèse du Sionisme historique et du postsionisme. Il fait le point sur le débat très vif opposant Herzl à ses ennemis, notamment le principal d’entre eux, Martin Buber et l’Université hébraïque de Jérusalem. Ces farouches et éternels opposants à la notion même d’Etat juif, ont connu un regain d’actualité dans les années 90, avec les illusions consécutives aux pseudo accords d’Oslo.

Hazony rappelle, entre autres, les propos publiés par Shimon Pérès dans un ouvrage « Le nouveau Moyen-Orient ». Pérès prédit que « toute idée d’un petit Etat national –l’Etat juif inclus- s’est effondré » (cité dans l’Etat juif, p. 103). Il poursuit : « Il ne fait aucun doute que le prochain objectif d’Israël devra être de devenir membre de la Ligue arabe. » (id. p. 107)

Guideon Samet surenchérit dans un article publié dans Haaretz : « Rendons grâce à Dieu, l’effort d’un siècle investi dans la construction d’une « identité nationale » juive semble finalement avoir pris fin. Quand cela s’est-il produit ? A Oslo. » (cité dans l’Etat juif, p. 112)

Du côté des adeptes du rejet radical du « droit au retour » Hazony évoque le curieux A.B. Yehoshua proclamant aux juifs de diaspora : « Nous n’avons plus besoin de vous… exprimant sa répugnance envers Jérusalem (« Ces dernières années, je me suis bâti une idéologie quelque peu anti-Jérusalem ») et son mépris pour le Mur occidental en tant que symbole juif. » Enfin, « il a aussi soutenu qu’il vaudrait mieux que les Juifs israéliens se convertissent au christianisme et à l’islam car cela favoriserait la « normalisation » d’Israël » (o.c., p. 59-60)

Ils sont légions ces prophètes du malheur qui rêvent d’un monde a-Israël. Un monde où être juif signifie être souffrant, impuissant, victime expiatoire des fautes du monde. « Le peuple messianique souffre en tant que représentant de la souffrance humaine » dit le philosophe H. Cohen pour qui la souffrance est inhérente à la nature même des juifs. (cité page 133). Hannah Arendt déclare en août 1948 « qu’une victoire militaire juive en Palestine conduirait à la ruine des juifs palestiniens sur le plan spirituel. » (cité page 331) Pour ce courant de pensée, l’Etat en tant qu’instrument de défense des juifs, garant de leur intégrité, est une abomination.


Hazony reconstitue la problématique à partir de laquelle Israël s’est construit en tant qu’Etat juif. Il déchiffre cette sorte de « miracle » né de la fusion entre la vision d’Herzl et la volonté inflexible d’un homme d’exception, Ben Gourion.

Ben Gourion n’est plus. Mais les ennemis d’Israël sont toujours là. Les plus virulents sont présents en son sein. Ils appartiennent au passé mort d’Israël. Ils sont porteurs de la nostalgie du néant. Mais leurs attaques permanentes ne sont pas que négatives. Elles sont indirectement là pour rappeler qu’Israël ne peut être un Etat comme un autre, un Etat qui appartiendrait au domaine de l’existant ou pour utiliser un terme sartrien, au « practico-inerte ». Israël est en réalité une création continue. Tout comme l’est le peuple juif obligé de se définir et de se construire à chaque moment de son histoire. D’où sa richesse et son extrême diversité. Israël est un devenir. Il n’est pas réductible à l’être. Il est dans le devoir-être.

Contrairement à l’opinion commune, être juif n’est pas une donnée biologique ou sociologique. On n’est pas juif. On le devient. Nous sommes les seuls à devoir répondre en permanence à la question : « qui es-tu ? »
Comme si toutes les réponses antérieures n’étaient pas suffisantes. Comme si chaque juif devait dire qui il est précisément et se définir dans son rapport au judaïsme, au peuple, à l’Etat d’Israël et aux non-juifs.
Rapport mouvant, fragile, toujours provisoire. L’être juif ne se donne pas. Il est une quête.

 

Une volonté. Un désir.

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Published by Haim - dans Point de vue
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