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  • : Israël, ce pays qui pousse l'individu à la recherche de lui-même. Un voyage de retour vers l'Histoire, vers sa propre Histoire.
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Rah'em

Pour ne pas oublier que ce qui se passe à Sderot a commencé par l'évacuation du Goush Katif.


Evacuation de Névé Dékalim en 2005
14 juillet 2007 6 14 /07 /juillet /2007 20:26

propos recueillis par Isabelle Tallec

Il y a un an jour pour jour, débutait au Liban l'offensive israélienne contre le Hezbollah. Annette Lévy-Willard a couvert le conflit pour Libération. Elle en a tiré un livre, Trente-trois jours en été. Elle répond aux questions de LEXPRESS.fr.

Où étiez-vous lorsque le conflit a éclaté?
J’étais au Festival international de cinéma de Jérusalem, où je passais des vacances en famille. Je me rappelle que nous fêtions le 14 juillet à l’ambassade de France. Un commando du Hezbollah est entré en Israël pour attaquer une patrouille, ils ont tué huit soldats et enlevé deux jeunes qui faisaient leur service militaire. Le commando a pris les militaires par surprise. Or, en Israël, l’enlèvement de soldats est un vrai traumatisme et mobilise toute la population. Alors que cette opération avait pour objectif la libération de prisonniers palestiniens, le Premier ministre Ehud Olmert a tout de suite déclaré "on ne négocie pas". Mais ni le gouvernement israélien, ni le Hezbollah ne s’attendait à ce que tout cela déclenche une guerre de cette ampleur, qui a été une vraie surprise pour les deux camps.

Comment l'avez-vous couverte?
Je me suis rendue dans le nord dès le lendemain matin, mais je n’étais pas du tout préparée à cette expédition. Je n’étais pas accréditée, je ne portais pas les bonnes chaussures! Je logeais dans un hôtel à proximité. La zone où je me trouvais s’est bien sûr peu à peu remplie de journalistes.

Cela a commencé par une guerre aérienne, donc au début on ne voyait pas grand-chose. Puis le Hezbollah a tiré ses premiers missiles et roquettes, ces gros obus emplis de ferraille et de billes de plomb qui pouvaient tomber n’importe où, au cœur des villes du nord d’Israël. Je suis restée du côté israélien - ce sont mes confrères de Libération qui m’ont fourni la partie libanaise du récit. J’étais à la frontière, avec les soldats de Tsahal, mais on ne pouvait pas passer de l’autre côté, c’était trop dangereux.

Qu’est-ce qui vous a le plus frappé dans cette guerre?
J’avais très peur de ces missiles qui tombaient sur les villes israéliennes, comme à Haïfa, laissant d’énormes cratères au milieu des rues, c’était très impressionnant. J’ai également été bouleversée lorsque j’ai interviewé des jeunes soldats qui sortaient du Liban, où ils étaient tombés dans une embuscade. Ils avaient marché jusqu'à la frontière en portant leurs camarades morts dans un sac en plastique, sur leur dos. Tous revenaient généralement dans un état épouvantable, avec l’impression qu’on les avait envoyés au suicide. Ca m’a rappelé les tranchées de Verdun.

J’ai aussi été frappée par la désorganisation de l’armée israélienne, incapable d’empêcher l’enlèvement de ses soldats, envoyant ses réservistes sur le champ de bataille sans eau, ni nourriture... Les milices du Hezbollah étaient plus organisées que l’Etat hébreu ne le pensait: des guérillas très mobiles, à la fois archaïques et hyper modernes, équipées de missiles de longue portée russes et iraniens, capables d’intercepter les communications de l’armée israélienne. Ces défaillances ont provoqué une vraie secousse politique en Israël, une crise de confiance dans l’état-major et dans le gouvernement d’Ehud Olmert.

Quelle est l’atmosphère aujourd’hui en Israël, un an après la fin de la guerre?
C’est un climat très étrange, on a l’impression que tout est redevenu comme avant. Les gens ne parlent pas de cette guerre, car pour eux elle n’est pas finie. Personne n’a gagné, personne n’a perdu. Les problèmes sont toujours là et rien n’a été réglé. Pour eux, et c’est ce qu’on lit dans tous les journaux israéliens, il y aura forcément une autre guerre et tout est possible, l’incursion d’un commando, l’explosion d’un missile…Alors, ils préfèrent oublier ce qui s’est passé.

(1) Trente-trois jours en été, chroniques d’une guerre surprise, par Annette Levy-Willard. Robert Laffont, 288 p., 19 €. A paraître prochainement en édition anglaise.

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Published by Haim - dans Point de vue
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