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  • : Israël, ce pays qui pousse l'individu à la recherche de lui-même. Un voyage de retour vers l'Histoire, vers sa propre Histoire.
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Pour ne pas oublier que ce qui se passe à Sderot a commencé par l'évacuation du Goush Katif.


Evacuation de Névé Dékalim en 2005
7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 06:27

Par Nehemia Shtrasler pour Haaretz

Titre original : The end of Zionism
Traduction : Objectif-info

Rédaction d'Objectif-info:
Quand on parle d'Israël et de sa pérennité, on fait le plus souvent référence aux menaces extérieures multiples qui obscurcissent l'horizon du petit État juif. Ce pays connait cependant aussi des problèmes intérieurs considérables qui évoquent tout autant la capacité de survivre du projet sioniste. Allons plus loin: les menaces les plus porteuses de périls ne sont pas extérieures mais intérieures. On meurt plus souvent d'une maladie que d'un accident. Si Israël possède des atouts remarquables, il est aujourd'hui affaibli par un système politique qui ne parvient plus à pourvoir le pays en dirigeants avisés, compétents et intègres, disposant de marges de manœuvre, par delà les marchandages des coalitions. Il est menacé par son incapacité à arrimer à la nation la masse croissante des musulmans israéliens qui dénient sa légitimité et affichent bruyamment une communauté de destin avec ses ennemis. Il est menacé enfin par le développement rapide d'une classe de citoyens, les "hyper" religieux, qui refusent de travailler, de participer à la défense du pays, et qui éduquent une fraction significative des jeunes générations dans des normes qui n'assureront pas leur participation au monde moderne. Le document ci-dessous est schématique, peu documenté, mais il met le doigt sur une menace véritable qui pèse sur l'État juif.

Il y a quelques jours, l'arrière arrière arrière petit-fils de A. est né. A. est un homme de 98 ans, une figure bien connue à Jérusalem, du coté de Mea Shearim. Il a environ 450 descendants : personne n'en a fait le décompte précis par crainte du mauvais œil. Un calcul simple montre que, dans sa famille étendue, environ 20 ans séparent chaque génération, et que chaque famille nucléaire a plus de 10 enfants en moyenne.

Qu'est-ce que cela nous apprend sur la société israélienne et son avenir à très court terme ? Dès aujourd'hui, 23 pour cent des élèves du primaire sont ultra-orthodoxes et 22 pour cent sont Arabes. Dans 12 ans, quand ils auront atteint l'âge de voter, ils formeront ensemble la majorité et le visage de la nation changera.

Ces chiffres sont à rapprocher des données sur le nombre croissant de ceux qui refusent le service militaire et sur un système d'éducation qui est incapable de donner aux élèves et étudiants la formation nécessaire à une vie d'activité et de travail productif. Le refus du service militaire, qui était jadis une marque de Caïn sur le front des non-religieux en bonne santé, est presque devenu une mode ces derniers temps. Les nouveaux héros de l'émission de TV "Une étoile est née" ne se gênent pas pour afficher qu'ils ne servent pas dans l'armée.
 
Certains jeunes gens expliquent leur désir d'échapper au service militaire par leur perte de confiance dans la direction du pays, les cas de corruption et l'abandon par l'État des soldats enlevés. Mais il y a également la lassitude accumulée du fait de l'état de guerre, qui dure déjà depuis 60 ans: beaucoup de jeunes, de même que leurs parents, n'ont plus envie de sacrifier leur existence sur l'autel des rêves expansionnistes des colons.

De toute façon, le déclin des demandes d'intégration dans les unités combattantes et l'augmentation régulière des cas d'insoumission soulèvent la question de savoir si les Forces de Défense d'Israël sont toujours réellement une "armée du peuple." Après tout, 25 pour cent de la masse des conscrits possibles, aptes au service, échappent totalement à l'incorporation (11 pour cent sont exemptés au titre de la poursuite d'études dans les yeshivas, 7 pour cent pour des raisons de santé, 4 pour cent résident à l'étranger et 3 pour cent à cause de leur casier judiciaire). Parmi ceux qui sont incorporés, 17.5 pour cent ne finissent pas les trois années de service. L'augmentation la plus sensible des cas de refus de servir est à imputer aux ultra-orthodoxes. En 1974, seuls 2.4 pour cent de ceux d'entre eux, aptes au service, étaient incorporés. Aujourd'hui, le chiffre est de 11 pour cent.

Dans un tel contexte, il est navrant d'apprendre qu'hier, la Knesset a décidé de proroger la soi-disant loi Tal pour encore cinq ans parce que le gouvernement a besoin de conserver le parti Shas dans la coalition. C'est une loi cynique et immorale qui affranchit une partie significative des Juifs israéliens de l'obligation d'effectuer le service armé et de travailler la vie entière. Le fait est que 80 pour cent des hommes ultra-orthodoxes ne travaillent pas ; en lieu et place, ils vivent de subventions et de gratifications du gouvernement ainsi que des revenus de leurs épouses. Après tout, pourquoi iraient-ils risquer leurs vies ? Pourquoi quitteraient-ils leurs couveuses confortables aussi longtemps que la bête de somme laïque est là pour porter leur fardeau à leur place ?

La bête de somme laïque ne porte pas seulement le fardeau militaire et économique ; le champ du soutien gouvernemental s'étend à l'éducation des ultra-orthodoxes, y compris celle des courants les plus extrémistes. Il y a environ deux mois, la Knesset a approuvé à une grande majorité la soi-disant loi Nahari, qui contraint les municipalités à accorder un financement équivalent aux écoles ultra-orthodoxes qui ne font pas une partie du système public d'éducation. Ce sont des institutions extrémistes, qui ne reconnaissent même pas les normes d'éducation du Shas et de Judaïsme Uni de la Torah. Elles ne veulent même pas entendre parler du "socle de connaissances commun à tous les programmes" du Ministère de l'Éducation." Elles n'enseignent pas des mathématiques, l'Anglais, les sciences de la nature, l'éducation civique, la géographie ni l'histoire. En d'autres termes, elles refusent délibérément de former leurs futurs diplômés à ce qui est requis pour une vie d'activité et de travail productif. Ainsi les futurs diplômés de ces institutions n'auront pas d'autre choix que de s'accrocher aux basques des activistes ultra-orthodoxes.

Et d'où proviendront les nouveaux financements des écoles extrémistes ? De coupes dans les budgets du système d'éducation d'État, lequel est déjà pauvre et défavorisé.

Il faut ajouter à cette dérive périlleuse "l'élimination ciblée" du plan du Wisconsin par le ministre de l'industrie Eli Yishai cette semaine. Ce programme de "bien-être-au travail" est parvenu à réintégrer dans l'emploi des milliers de personnes, mais il a été amputé parce que le travail se trouve tout au bas de l'échelle dans le système de valeurs de Yishai.

Tout ceci mène à une situation où seulement 56 pour cent des travailleurs potentiels du pays travaillent réellement, le taux le plus bas de tous les pays occidentaux. Et si ce taux baissait encore un peu, Israël serait tôt ou tard dans la situation où les impôts payés par le petit nombre de gens qui travaillent encore ne suffiraient plus à couvrir les subsides versés à la majorité qui ne travaille pas.
 

Si ces tendances critiques se poursuivent ou s'intensifient, la société israélienne relèverait du système de charité d'A.D. Gordon qui régissait les communautés juives pré étatiques, et "l'armée du peuple" évoluerait sur le modèle de la légion étrangère française. Ce serait un renversement complet de la révolution sioniste, et peut-être même la fin de l'État sioniste.

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Published by Haim - dans Point de vue
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