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  • : Israël, ce pays qui pousse l'individu à la recherche de lui-même. Un voyage de retour vers l'Histoire, vers sa propre Histoire.
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Pour ne pas oublier que ce qui se passe à Sderot a commencé par l'évacuation du Goush Katif.


Evacuation de Névé Dékalim en 2005
17 août 2007 5 17 /08 /août /2007 06:32

Par Guy Millière © Metula News Agency

En France, je m’informe essentiellement par l’Internet. Et je peux ainsi mesurer chaque jour à quel point c’est là un outil de liberté extraordinaire. J’ai accès, comme tous ceux qui le désirent et parlent plusieurs langues, aux media américains, anglais, israéliens, indiens, japonais, pour ne citer que ceux-ci. Je dispose d’une vision planétaire. Je ne regarde les sites des journaux et les chaînes de télévision de mon propre pays que pour voir comment l’on y traite les nouvelles du monde. Il arrive que je découvre des journalistes qui font vraiment leur métier : je ne donnerai pas les noms des autres, je ne suis pas délateur par nature.

 
Mais ils sont devenus, hélas, relativement rares.


Sur des sujets tels que le « réchauffement global » ou les biotechnologies agricoles, je sais que le flot d’inepties atteint vite le seuil supérieur de ce que je suis en mesure de supporter.


Je me console en me disant que la France n’est pas le seul pays concerné par le glissement progressif et généralisé vers la débilité en la matière. En Grande-Bretagne, ainsi, l’aéroport d’Heathrow est assiégé par des ennemis du transport aérien venus du reste de la planète, clamant que celui-ci produit trop de gaz à effet de serre. Et comment tous ces gens sont-ils venus à Heathrow ? En avion, bien sûr ! Le paradoxe n’effleure pas davantage les reporters de la BBC que ceux des chaînes françaises.


Toujours en Grande-Bretagne, une île décidément à la pointe de la sagacité en ce moment, une association d’adorateurs idolâtres de Malthus a lancé une pétition pour que des actions coercitives soient entreprises à l’échelle planétaire afin de réduire l’humanité à trois milliards de membres. A l’échelle du royaume de Sa Gracieuse Majesté, l’objectif est d’obtenir une division de la population par deux au cours des vingt prochaines années. Vaste programme ! Les experts de cette association sont, bien entendu, invités à parler dans les grands media.


D’autres sujets me procurent moins de consolations, et m’entraînent plus vite encore hors de mes gonds, particulièrement lorsque l’ineptie se mêle au vil cynisme. Je viens, par exemple, de regarder une émission sur une grande chaîne du « service public ». Il s’agissait d’un débat sur l’actualité du monde. Il y était bien “naturellement” question des vacances de Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis - a-t-on idée d’aller séjourner dans un pays pareil ? - et de la rencontre du Président français avec son homologue américain.


Cette émission donna prétexte à un vrai festival, une sorte de « best of » du crétinisme auto satisfait qui caractérise, hélas, la grande majorité de ceux qui prétendent penser, parler et écrire en France. « Sarkozy », a dit l’un, « a rendu visite à un « has been débile et discrédité » ». Un autre a renchéri : « tout au long de la présidence Bush, la France de Chirac et Villepin avait eu raison sur tout, et en particulier sur l’Irak, où le bourbier prévaut, sur le Liban, sur les pressions à exercer sur Israël ». Pour ne pas être en reste, un troisième a rappelé la « grande sagesse du Quai d’Orsay ».


Il a ensuite été question, pêle-mêle, du « lucide soutien français à la Palestine », du fait que l’Irak (de Saddam) n’avait « jamais possédé d’armes de destruction massive », de « l’unilatéralisme sans précédents » de l’administration Bush, du « déclin américain », faisant des Etats-Unis un « pays dont il vaut mieux se tenir éloigné », et de la nécessité de se rapprocher, plutôt, de « puissances d’avenir » telle la Chine, et de construire plutôt les liens internes au sein de cette « autre puissance d’avenir qu’est l’Europe ».


Nul n’a parlé de l’avancée considérable des opérations en Irak depuis la mise en œuvre de la stratégie du général Petraeus, nul n’a eu le « mauvais goût » de décrire l’emprise du Hezbollah sur le Liban ou de citer l’antisémite Nasrallah dans le texte. Nul n’a explicité quelles « pressions » supplémentaires exercées sur Israël ou quelle « Palestine » il fallait soutenir.


Nul n’a eu l’impudence de dire que Saddam Hussein n’avait aucun gaz toxique entre les mains en 1998, et que, par conséquent, aucun village kurde n’avait jamais été par lui gazé. Nul n’a condamné, dans la foulée, « l’unilatéralisme sans précédents » qui a pourtant précédé d’une décennie « l’unilatéralisme sans précédents» d’aujourd’hui, commis par les abjects Etats-Unis et par l’Otan en Bosnie, où les bouchers de Srebrenica, n’ont, du coup, pas pu finir leurs travaux d’égorgements.


Demander si la « politique arabe » de la France, qu’avait illustré un discours fustigeant un « peuple dominateur et sûr de lui », faisait partie de la « sagesse du Quai d’Orsay » eût été de mauvais goût. Evoquer le fait que la croissance économique, année après année, est nettement plus faible dans les principaux pays européens qu’aux Etats-Unis aurait dépassé les bornes de l’indélicatesse. Effleurer la question des droits de l’homme en Chine, des milliers d’exécutions sommaires pratiquées chaque année, ou celle du militarisme chinois et des liens des dirigeants de Pékin avec divers dictateurs saumâtres, aurait sans doute valu à celui qui s’y serait risqué une expulsion immédiate du plateau.


Si vous pensez que l’émission était réservée à des participants gauchistes, détrompez-vous : il y en avait de tous bords ou presque, du journaliste de gauche social-démocrate et du journaliste de droite modérée à la française. Ce fut une expression du pluralisme consensuel tel qu’il existe désormais en France : quelque chose qui ressemble au pluralisme en Chine, précisément. Il y avait même un docte professeur, venu des « sciences politiques », qui a pu déclarer qu’il était « périlleux de se rapprocher des Etats-Unis, car cela, » disait-il, avec des accents dignes de Pierre Laval, « pouvait entraîner des conséquences terroristes ».


Cette émission m’a mis tant en colère qu’elle m’a coupé l’appétit et poussé à saisir aussitôt mon ordinateur. Elle a renforcé mon sentiment qu’il n’y avait désormais plus rien à faire dans ce pays. Il faudra bien du courage et de l’opiniâtreté à Nicolas Sarkozy pour parvenir à faire évoluer les mentalités dans un contexte pareil. La tâche me semble désespérée.


Ce que montrent les sondages, c’est que le discours de ceux que je ne peux décidément appeler autrement qu’un ramassis d’abrutis, a désormais modelé l’esprit d’une majorité de Français. Les Etats-Unis et Israël figurent, année après année, en tête des pays déclarés les plus « dangereux pour la paix mondiale». La population française souhaite, à soixante quatre ou soixante cinq pour cent, selon les instituts, que la France s’éloigne davantage politiquement des Etats-Unis et d’Israël qui sont « si dangereux ». Plus de soixante pour cent des personnes interrogées voient en la Chine la « superpuissance » de demain, et une nette majorité considère que c’est une « bonne chose ».


Voilà l’effet du grand lavage de cerveaux. Un cercle vicieux et un dilemme impossible à trancher, comme celui de l’œuf pourri et de la poule aux hormones. Sont-ce les journalistes, en leur immense majorité, qui s’auto intoxiquent et intoxiquent la population ? Ou est-ce parce qu’une majorité de la population a une vision tordue du monde, que tant de journalistes parlent eux-mêmes comme des tordus ?


J’ai renoncé à essayer de répondre à la question. Je sais simplement pourquoi je ne suis plus guère invité à la télévision ou à la radio et pourquoi je ne puis publier que rarement dans la grande presse en France. J’écrirai encore quelques livres pour ceux qui me lisent, et il en reste heureusement quelques milliers, je persisterai à faire le travail des idées pour d’hypothétiques générations futures, dont je ne sais si elles existeront, et je continuerai, comme je le fais déjà, à prendre mes distances.

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Published by Haim - dans Point de vue
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