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  • : Israël, ce pays qui pousse l'individu à la recherche de lui-même. Un voyage de retour vers l'Histoire, vers sa propre Histoire.
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Pour ne pas oublier que ce qui se passe à Sderot a commencé par l'évacuation du Goush Katif.


Evacuation de Névé Dékalim en 2005
20 avril 2007 5 20 /04 /avril /2007 06:27

Les Kassam, si obligeament appéllées "Roquettes artisanales" avec leur 5 kg d'explosifs, continuent de voler dans le ciel d'Israël, le non-occupé, le légitime, dans une période dite de trève! Ces tirs de la Bande de Gaza ne se sont pas arrêtés une seule journée depuis le retrait israélien de cette bande de terrre totalement administrée par l'AP, "autodéterminée"!

Israël a, encore une fois, porté plainte à l'ONU pour ces attaques journalières

Casus Beli ?

Tout autre pays verrait dans ces attaques jurnalières un casus belli: Comment réagirai Chirac  - dont le nom a été attribué hier à une rue de Ramalah, capitale administrative de l'AP (en général on donne un nom à une rue, à titre post-hume: dans le cas Chirac c'est a titre "pre-hume!!! à moins que dans l'AP, on l'a déjà entérré Chirac...) - si des roquettes artisanales tombaient tous les jours sur le territoire français? Les massacres d'Ivoriens par les froces françaises postées en Cote d'Ivoire après l'attaque des forces régulières ivroiriennes laissent présager du pire!

La Vie continue!!!

Hier une voiture civile a essuyé des tirs de AK-47 (Kaltchnikov): un veillard et deux femmes blessés. Les tirs ne sont pas le fait d'islamistes barbares du Hamas, mais de "militants" du Fatah, le parti du président "modéré" de l'AP. Que l'EU et les USA veulent continuer à soutenir: en Hebreu, on dit qu'avec des amis comme cela on n'a pas besoin d'ennemis.... Immaginons les USA et la Chine (ou l'Inde, une nouvelle puissance à votre choix) soutenant les Corses ou l'ETA basque exigent de Chirac de leur donner des armes, et de l'argent et leur attribuent 1 MIlliard de Dollard - Chirac serait encore plus pro-americain qu'il ne l'est!

Cette nuit 38 terroristes ou "militants" ont été arrêtés en Judée Samarie

La Vie continue!!!

A Paques, une vingtaine de personnes - eux aussi des militants - ont été arrêtées alors qu'ils avaient essayés de faire passer une voiture piégée avec 100 kgs d'explosifs!!!  A ces heures de campagnes éléctorale est-ce que les militants français se promènent aussi dans les rues de Paris avec 100 kgs d'explosifs?

Sans le fameux mur de l'Apartheid nous auriont eux une Pâques sanglante! Une de plus!!! La fête juive de la Liberté, du Printemps et du renouveau de la Nature, attire particulièrement les militants à se faire exploser, à tuer et à massacrer.

PS: Quand j'étais plus jeune je croyais, naïvement, qu'être militant c'est être colleur d'affiches, distribueteur de tract à la sortie du lycée et tout cela bénévolement. Personne ne m'avait dit qu'ont pouvait passer aux choses plus sérieuses, à des moyens plus directes pour essayer de convaincre démocratiquement à des changements sociétaux. Et recevoir de l'argent, beaucoup d'argent, sufisament pour faire vivre la famille. De l'avancement, quoi!!!

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20 avril 2007 5 20 /04 /avril /2007 06:07

Nicolas Sarkozy : L’immense majorité des peuples ne veut que la paix et la réconciliation

Nicolas Sarkozy s’est entretenu avec Actualité Juive sur son programme électoral. Le candidat UMP est revenu sur ses actions en tant que ministre de l’Intérieur. Il rappelle sa détermination dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme et certifie que contre ce fléau, « il n’y a qu’un axe d’action possible : éduquer, condamner, réprimer ».
Etablissant un constat noir de la situation au Proche-Orient, « terrorisme et extrémisme violent, conflits civils, ambitions de puissance, prolifération balistique et nucléaire », Nicolas Sarkozy est favorable à un engagement avec les partenaires européens pour faciliter la résolution des crises. Plus spécifiquement sur conflit israélo-palestinien, il signale « deux réalités fondamentales: d’un côté, le terrorisme dont est victime la population israélienne, qui est inacceptable, de l’autre, un peuple occupé, qui ne renoncera jamais, quoi qu’il endure ». D’après le président de l’UMP, « dans ce conflit, la France doit adopter une position équilibrée et un discours de franchise ». Il lance un message aux protagonistes du conflit. : « À nos amis palestiniens, je veux dire que l’existence et la sécurité de l’État d'Israël ne sont pas négociables et que rien ne peut justifier la violence. Les terroristes qui prétendent agir en leur nom et pour leur bien sont en fait les véritables ennemis des Palestiniens car ils les privent d’une paix à laquelle ils aspirent et ont droit. Et à nos amis israéliens, je à nos amis israéliens, je veux dire qu’Israël doit se tenir prêt à faire les concessions nécessaires pour permettre aux Palestiniens d'établir un État viable. Je défendrai avec la même énergie le droit d’Israël à vivre en sécurité et le droit des Palestiniens à disposer d’un Etat ».

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François Bayrou : Je suis admiratif de la démocratie israélienne
Dans une interview accordée à Actualité Juive, François Bayrou présente l’essentiel de son programme centriste basé sur « une majorité élargie comprenant des gens venant du centre, de gauche et de droite mais aussi issus de la société civile, où chacun conservera ses convictions, où chacun respectera l’autre mais où tous ensemble, ils travailleront au redressement de notre pays ». Interrogé sur la lutte contre l’antisémitisme, le candidat UDF estime que « l’antisémitisme est totalement inacceptable » et rappelle que « quand on touche à un juif parce qu’il est juif, on touche à la République ». Il veillera à ce que la loi soit « appliquée avec toute la rigueur nécessaire ». « C’est plus qu’une affaire de justice, c’est une affaire de principe et de valeurs », ajoute t-il.
Sur le principe de laïcité, François Bayrou est très claire. Il s’agit d’ « une règle invariable quelle que soit le poids démographique des religions dont on parle ».
S’agissant du Proche-Orient, il se dit « admiratif de la démocratie israélienne ». Selon lui, « la France doit être plus présente » dans la région. « Parce que la France entretient de bonnes relations avec Israël mais aussi les pays arabes, elle doit mettre à profit cette amitié pour aider à la recherche d’accord de paix », ajoute t-il. François Bayrou souhaite aider Israël à entrer dans l’organisation mondiale de la Francophonie et pense que « l’Europe peut aider les Israéliens et les Palestiniens.

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Ségolène Royal : Il faut mettre l’Iran face à ses responsabilités

Interviewée par Actualité Juive, Ségolène Royal revient sur son voyage au Proche-Orient. « J’ai senti lors de cette visite toute l’énergie, la soif de vie et de justice d’Israël. » « Les objectifs de la France dans la région seront la paix, la sécurité pour les Etats, mais aussi la justice pour les peuples et le développement pour tous », précise la candidate socialiste. Inquiète de la situation dans la région, Ségolène Royal assure que « la France s’engagera dans la recherche d’un règlement d’ensemble en lançant l’initiative d’une conférence internationale de paix au Proche-Orient ». « Mon action, ajoute t-elle, reposera sur les principes qui peuvent permettre de progresser vers une paix durable : la sécurité pour Israël et le droit des Palestiniens à un Etat indépendant et viable ».
Seule candidate à avoir fermement pris position contre l’accès de l’Iran au nucléaire civil, Ségolène Royal fera en sorte de mettre « l’Iran face à ses responsabilités ».
Interrogée sur le principe de laïcité, la candidate PS se dit « opposée à toute remise en cause de la loi de 1905 » et « propose de la consacrer par une Charte de la laïcité. »
Sur la question de l’antisémitisme et du racisme, elle estime « que la bataille doit se mener à l’école par l’éducation à la citoyenneté et l’indispensable devoir de mémoire ». Lors de sa visite au camp des Milles, elle s’était « engagée à aider ces lieux de mémoire indispensables ». « Cette pédagogie de la mémoire, c’est aussi, pour la France, avoir le courage de regarder son histoire en face, avec ses ombres et ses lumières », précise Ségolène Royal.

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19 avril 2007 4 19 /04 /avril /2007 06:07

lu sur le blog de Gilles William GOLDNADEL

Antisémitisme 

Terme inventé à la fin des années 1870 par le publiciste allemand anti-juif Wilhelm Marr. Phénomène très ancien d’antipathie nourri à l’égard du peuple juif ou de la religion juive. Il convient de s’extraire du premier ou de renoncer à la seconde pour pouvoir espérer y échapper. Lorsque les juifs sont considérés comme une race ou une ethnie, l’antisémitisme devient une variante du racisme. Difficile, dans ces conditions, de le fuir Par la grâce d’un jeu de mots assez facile, certains sémites invoquent leur appartenance à cette ethnie pour exclure d’emblée l’antisémitisme qu’on pourrait être conduit à leur reprocher. Raison pour laquelle certains sont fondés à employer le terme synonymique d’« antijudaïsme ». 

Antisionisme 

Phénomène récent d’antipathie à l’égard du projet visant à édifier une structure étatique destinée aux juifs sur une partie de la Palestine.

Les antisionistes tiennent beaucoup à se distinguer des antisémites. Ils mettent notamment en avant le fait incontestable que certains antisionistes sont juifs.

N.B. Certains antisémites sont également juifs. 

Colon 

Synonyme pionnier. Habitant d’une colonie. Or, en raison de la mauvaise conscience occidentale à l’égard des anciennes colonies, ce terme s’est chargé au fil du temps d’une connotation nettement péjorative.

Les colons juifs, installés par le sort des armes, dans les territoires palestiniens contre le gré des populations arabes, font l’objet d’une réprobation quasi unanime. Au point même que les enfants de colons, étiquetés comme tels, semblent moins dignes de compassion que les autres lorsqu’ils sont victimes d’actions meurtrières. D’une manière générale, la question des colonies de peuplement, encore appelées «  implantations » juives, est considérée par les observateurs comme l’un des problèmes les plus sensibles du conflit israélo-palestinien. Il convient néanmoins de rappeler que le gouvernement de M. Barak avait accepté le principe du démantèlement des principales implantations dans le cadre d’un accord politique définitif, sans pour autant apaiser la querelle.

Il convient également, pour être complet, d’observer que certains colons juifs acceptent de rester dans les implantations, même sous la souveraineté du futur État arabe palestinien. Force est de constater que cette éventualité ne retient pas l’adhésion du monde politique et médiatique, qui réclame le démantèlement complet des colonies et le rapatriement de ceux qui y résident. 

L’observateur candide, amateur désuet d’histoire et de philologie, qui se risquerait à suggérer qu’un juif ne saurait être jugé plus indésirable en Judée qu’un étranger ailleurs, déclencherait une irrésistible hilarité.

Faucon

Redoutable oiseau de proie. Au sens figuré militariste, belliciste. Au Proche-Orient ce volatile ne semble planer, terminologiquement, que dans le ciel israélien. Prédateur étrange, introuvable dans les cieux syriens. 

Gentil 

Non juif. Terme tombé en désuétude. 

Goy 

Gentil. Terme perçu, à tort, comme péjoratif. 

lsraël 

Pays le plus médiatisé de la planète. 

Israélien 

Habitant de l’État d’Israël. Majoritairement, pour  l’heure, un juif. 

Israélite 

Juif. Terme tombé en désuétude. 

Judée 

Antique royaume juif. Littéralement, du latin «terre des juifs». Zone de Palestine voisine de la Samarie.

La Judée a été effacée du vocabulaire médiatique international au profit de la Cisjordanie. 

Juif  

Terme autrefois péjoratif synonyme d’avarice (tombé en désuétude). Concept à la source d’innombrables querelles.

Selon nous, est juif celui qui se revendique comme tel. 

Palestine 

Littéralement, terre des Philistins, selon les occupants romains de l’ancien royaume habité par les juifs. Aujourd’hui, autorité politique autonome arabe présidée par Yasser Arafat. 

Palestinien 

Habitant de l’ancienne Palestine historique (Israël, Jordanie). Jusqu’en 1967, le terme s’appliquait indifféremment aux Arabes et aux juifs. Exemples  l’association philo-sioniste France-Palestine à laquelle a succédé France-Israël après la création en 1948 de l’Etat juif. Ou la Bank of Palestine créée par les juifs palestiniens avant la création de l’État d’Israël et devenue la Bank of lsrael. À partir de la création de l’organisation de libération de la Palestine (OLP) en 1965 et, de manière définitive, dans les années 1970, le terme « Palestinien » s’est appliqué exclusivement aux arabes de Palestine. (L’objectif initial clairement affiché de l’OLP étant d’éradiquer toute présence juive sur le sol de la Palestine, l’acception moderne du mot n’est pas dépourvue de logique prospective.) En conséquence, l’expression «Arabe palestinien» est devenue un pléonasme. Quant à l’expression «juif palestinien», il est déconseillé de l’employer, sauf  par antiphrase ou dans une intention humoristique iconoclaste.

Racisme 

Sentiment ou idéologie basé sur l’aversion pour une communauté ethnique ou raciale. Exemple le racisme anti-maghrébin.

Dans la querelle proche-orientale, ce concept est utilisé par les médias selon des critères sélectifs qui peuvent paraître, a priori, obscurs. 

C’est ainsi que le mouvement juif radical dénommé Kach, préconisant l’expulsion de tous les Arabes de Palestine, se voit, à très juste titre, accoler en permanence l’épithète « raciste », ainsi que son fondateur, feu le rabbin «raciste» Kahana. Il n’en est pourtant pas de même concernant le mouvement arabe palestinien Hamas et son chef, le «guide spirituel» sheikh Yassin, dont le programme politique est symétrique identique, et qui ne se voient pourtant affublés en permanence que de l’épithète, moins connotée, d’«intégristes». Il est vrai que, à la suite d’une action meurtrière menée à l’encontre de civils israéliens, le communiqué de l’organisation notait : «Nous avons goûté à la chair des juifs, nous l’avons trouvée bonne», ce qui, peut-être est considéré comme une appréciation positive. 

Shoah 

Génocide de la communauté juive européenne. Annoncé, organisé et réalisé par Adolf Hitler, chancelier du IIIe Reich et chef du Parti national-socialiste. Ce terme, d’origine hébraïque, signifie littéralement «catastrophe», Shoah est, pour l’heure, le seul terme, appartenant au vocabulaire issu de la souffrance juive, qui n’ait pas encore été repris pour l’appliquer à d’autres situations radicalement différentes. Exemples le ghetto homosexuel, la diaspora chinoise, le pogrom, etc. Mais il fait actuellement l’objet d’analogies discutables. 

Territoires occupés 

Expression générique désignant uniquement les territoires palestiniens faisant l’objet d’une contestation. Pour évoquer les problèmes chypriote, libanais, tibétain, soudanais, etc., la plus grande précision géographique est préconisée. Il faut remarquer que l’expression « territoires occupés » s’applique aujourd’hui indifféremment à ceux administrés par les autorités israéliennes, et à ceux transférés à l’autorité palestinienne à la suite d’un arrangement politique. 

Terrorisme 

Action meurtrière menée par une organisation politique à l’encontre de civils.

En vertu d’un usage journalistique européen, qui, ici encore, ne peut emporter notre entière adhésion, il semblerait que les mouvements palestiniens, à la différence des organisations basques, irlandaises, kurdes, arméniennes, tamouls, etc., échappent à la définition terminologique précitée, y compris le mouvement Hamas. Les choix sémantiques opérés vont du «militant» à l’« activiste» ou à l’exotique « kamikaze ». 

Tsahal 

Acronyme hébreu signifiant « armée d’Israël ». Seule armée dans le monde à être appelée par son nom. 

Victime 

Personne faisant l’objet d’un préjudice physique, moral ou financier. En principe la victime est plainte lorsqu’elle n’est pas responsable du dommage subi.

Nous souhaiterions signaler que l’actuel conflit proche-oriental et, de manière plus spécifique, l’Intifada, font l’objet d’une étude de victimisation, sans doute unique, puisqu’un bilan journalier est effectué comprenant généralement l’état civil complet de la victime.

A notre connaissance, aucun autre conflit, dans le temps comme dans l’espace, n’a fait l’objet d’une attention aussi soutenue.

L’AFP publie quasi quotidiennement un tel bilan chiffré. Elle opère cependant une distinction selon que la victime est arabe, israélienne, druze israélienne, arabe israélienne ou étrangère.

Surtout, l’agence de presse ne fait pas de différence selon que la victime est à l’origine de l’incident (le « kamikaze » par exemple) ou l’a seulement subi, ce qui a le mérite de mêler tous les êtres dans une commune affliction, mais affecte quelque peu la rigueur de notre définition.

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18 avril 2007 3 18 /04 /avril /2007 06:02
 Interview réalisée par Liliane Messika et Laurent Chikly © Primo-Europe, avril 2007

Claude Goasguen à Primo-Europe:

"Sarkozy est favorable à la rupture en matière de politique étrangère"

 Primo-Europe : Nous sommes à quelques jours du premier tour des élections présidentielles, les sondages indiquent que Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal sont au coude à coude ; qu’est-ce qui fera la différence entre ces deux candidats ?

Claude Goasguen : Je crois de moins en moins aux sondages. Je suis incapable de vous dire qui sera présent au second tour. La campagne électorale a été absorbée par les baromètres. Nous sommes le seul pays où il y a autant de sondages et les Français ont été frustrés du débat d’idées ; le débat droite/gauche n’a pas eu lieu. Mais s’il y a un côté positif à cette campagne, c’est le fait que nous nous soyons libérés de certaines contraintes verbales. Par exemple, il était impossible de parler de «zones de non droit» ; aujourd’hui, la chose est dite. Immigration était un gros mot réservé à l’extrême-droite, maintenant, on peut le prononcer et parler du sujet.

En fait, l’immigration est une question très éloignée du racisme. C’est le rythme respiratoire d’un pays. Et ce n’est pas une question contemporaine: j’ai fait ma thèse de droit sur «l’immigration sous le premier empire» ! Eh bien, grâce à cette campagne, les Français peuvent enfin parler de ce sujet sans racisme ni xénophobie. Au temps de la gauche, on ne pouvait parler que d’un racisme en occultant tous les autres. La parole, les paroles se sont libérées et c’est vraiment un point positif. Mais le négatif, c’est que l’on a occulté le débat économique, social, éducatif…

Les médias sont en grande partie responsables de cette pensée molle et uniforme. Et je pense que la droite est coupable de s’être trop concentrée sur l’économique et d’avoir laissé le champs libre à d’autres pour l’éducation et la formation. C’est ainsi que d’après l’IFOP, 94% des journalistes déclarent être de sensibilité de gauche ou d’extrême-gauche. Nous n’avons pas fait notre travail d’éducation. Si nous avions créé des écoles de journalisme présentant le monde de façon plus équilibrée, nous aurions, comme toutes les autres démocraties européennes, un véritable panel de journalistes au lieu d’une pensée unique et d’un journalisme unilatéral.

Pourtant, Sarkozy a réussi à résister à tout cela, y compris à la diabolisation qu’on lui a infligée et qui n’est pas sans rappeler celle qu’ont subie Sharon et Bush. Il est impressionnant par sa connaissance des dossiers, mais aussi par sa faculté de proposer des solutions réalistes, même si elles sont impopulaires.

Bayrou, que je connais bien, incarne avec intelligence les pires travers de la IVe République. Comme s’il fallait impérativement rester sur la voie du milieu. Comme si le débat entre droite et gauche était un crime. Mais le milieu, c’est là où il est impossible de gouverner.

PE : En cas de victoire de Nicolas Sarkozy, accepteriez-vous de prendre la tête d’un ministère, et si oui lequel ?

CG : La première fois que j’ai été ministre, je l’ai appris deux jours avant la constitution du ministère, Chirac ne m’en avait jamais parlé. Personne ne me croit d’ailleurs quand je le raconte. Cette fois-ci, croyez-le ou non, je n’ai jamais évoqué le sujet avec Nicolas Sarkozy. Cela étant, il y a des sujets qui m’intéressent, comme l’éducation, et d’autres qui me passionnent, comme l’immigration les questions d’identité nationale et le co-développement qui est l’un des enjeux primordiaux dans la problématique de l’immigration. On ne peut pas espérer pacifier le monde s’il persiste une telle inégalité entre les niveaux de vie. Regardez l’Afrique ! Regardez certains Etats pétroliers ! Dans ces pays où les citoyens meurent de faim, on incrimine les réseaux de corruption mafieux. Soyons honnêtes, la France en est largement complice.

PE : Vous parlez de co-développement et donc de l’acheminement des aides aux plus démunis ; ne pourrait on pas faire le parallèle avec l’OLP de Yasser Arafat et le détournement des aides aux Palestiniens ?

CG : Parfaitement ! J’ai demandé à l’époque à l’Assemblée Nationale la mise en place d’une commission d’enquête sur l’utilisation des fonds, comme François Zimeray l’avait fait au Parlement Européen. Les résultats ont été consternants. Le Quai d’Orsay m’a répondu, que lorsqu’une nation était indépendante, en l’occurrence l’OLP, on ne pouvait pas contrôler l’utilisation des fonds. Ce système est la source ouverte à toutes les évaporations financières ! Et que le Quai d’Orsay m’ait répondu cela textuellement, j’ai trouvé cela aberrant.

PE : Nicolas Sarkozy se présente comme le candidat de la «rupture tranquille». Il a déclaré qu’il ne parlerait ni au Hezbollah ni au Hamas. Comment concilier ces changements avec la déclaration de Douste-Blazy selon laquelle la politique étrangère de la France ne verrait aucun changement majeur ? Si Nicolas Sarkozy est élu, aura-t-il les moyens des changements qu’il veut faire ? Sans remanier le Quai, cette volonté de privilégier les valeurs à l’affairisme est-elle possible à mettre en œuvre ?

CG : Douste-Blazy est le ministre actuel des affaires étrangères. Il est le porte-parole de Chirac. Je suis favorable à cette rupture que souhaite Nicolas Sarkozy et au sujet de laquelle il n’a jamais bougé d’un pouce. Au lieu de suivre le mirage d’une politique arabe qui ne nous a jamais valu que des ennuis, nous ferions mieux, parce que la France est en position favorable pour le faire, de rapprocher Israël des Etats arabes modérés : la Jordanie, le Liban pacifié et débarrassé du Hezbollah, l’Egypte et, pourquoi pas, les Emirats qui, politiquement en tout cas, sont des Etats avec qui la discussion reste possible.

P-E : Mais on ne peut pas dissocier le politique du religieux, surtout en Arabie Saoudite !

CG : Détrompez-vous. Il y a une opportunité du fait de la rivalité sanglante qui oppose chiites et sunnites. Elle peut donner le meilleur ou le pire. Le pire, ce serait de voir Israël pris comme le bouc émissaire, le plus petit dénominateur commun qui permettrait de les rassembler. Le meilleur, ce serait un «marché commun» moyen-oriental auquel Israël serait non seulement intégré mais dont il serait le leader du fait du stade actuel de son évolution et dans lequel il pourrait jouer un rôle moteur pour le développement de ses voisins.

Je crois beaucoup au co-développement, je vous l’ai dit. Le Moyen-Orient bénéficierait infiniment de l’expertise israélienne en matière technologique, écologique, économique, etc. sur des projets concrets, par exemple la Mer Morte. J’ai déjà essayé de rapprocher le Technion de Véolia, et ils travaillent sur un projet commun. La France a un rôle à jouer pour rapprocher Israël de la Jordanie ou de l’Egypte, par exemple, mais à condition d’arrêter les incantations et les déclarations odieuses contre Israël.

Quant au remaniement du ministère des Affaires étrangères, il va se faire. Il est vrai qu’aujourd’hui, le Quai fait sa propre politique. Ce qui est le domaine réservé du Président de la République est en réalité la politique du Quai d’Orsay et nous trouvons inadmissible que l’Assemblée Nationale ne puisse pas contrôler l’utilisation qui est faite des budgets qu’elle vote, scandaleux que les députés soient informés par la presse des sujets de défense et des affaires étrangères. N’oublions pas que le Quai, ce sont des fonctionnaires. Leur rôle est d’obéir aux directives, pas de les initier.

Sur le Moyen-Orient, Sarkozy reste très déterminé. Du fait de la mondialisation, la politique internationale fait partie intégrante de la politique nationale. Je ne peux pas accepter l’idée qu’un homme et quelques fonctionnaires gèrent ce domaine fondamental que sont les affaires étrangères. Nicolas Sarkozy veut changer cela en rééquilibrant les fonctions dans la Ve République. On peut organiser des commissions parlementaires, nombres en secret, afin que des données sensibles ne soient pas rendues publiques, mais il est impensable que ceux qui mettent en œuvre la politique étrangère ne rendent pas de comptes aux élus du peuple. Comme aux Etats-Unis où Bush doit rendre compte au Congrès et où il peine parfois à obtenir les crédits qu’il demande.

Nous critiquons les Etats-Unis, mais nous avons un fonctionnement beaucoup plus opaque, beaucoup moins démocratique. Nicolas Sarkozy veut instaurer la transparence à cet égard et il a décidé de rendre des comptes, aussi veut-il se doter d’un conseiller qui sera son intermédiaire avec les institutions internationales, une sorte de Condoleeza Rice à la française.

Il n’est pas question de laisser continuer ce qui se passe au Liban, d’où on a chassé les Syriens, mais pas le Hezbollah qui se réarme tranquillement pendant que la Finul détourne les yeux.

J’ai fait signer une pétition pour que la France rejoigne l’Union Européenne dans la classification du Hezbollah comme organisation terroriste. J’ai obtenu 48 signatures, uniquement UMP et un seul UDF. Les socialistes avaient des consignes strictes et ils ont tous refusé de signer. Des extrémistes comme le Hezbollah peuvent être élus démocratiquement, cela n’en fait pas des démocrates ou des gens fréquentables. Hitler avait été élu démocratiquement.

La politique française au Liban s’est soldée par un échec dont l’assassinat de Rafic Hariri a porté le témoignage sanglant.

P-E : Et vis-à-vis de l’Iran ?

CG : La position de la France est évolutivement molle aussi bien vis-à-vis de l’Iran que du Moyen-Orient. L’Iran joue un rôle profondément déstabilisateur, non seulement au Moyen-Orient, mais dans le monde entier. D’ailleurs, aujourd’hui, quand je parle avec des ambassadeurs arabes, ils ne me parlent plus d’Israël mais de l’Iran.

Mais vis-à-vis de la politique nucléaire iranienne, l’Union Européenne comme les Etats-Unis sont gênés par l’attitude de la Chine et de la Russie qui privilégient des intérêts économiques à court terme.

Sarkozy a été ferme sur ce sujet aussi. Il voit à long terme, et un Iran dirigé par des extrémistes doté de la puissance atomique est un danger que le monde ne peut pas se permettre.

P-E : Revenons à la politique intérieure. Antisémitisme et misogynie progressent de concert dans notre pays : cela va des brutalités à l’école jusqu’au meurtre. DJ Selam, Sherazade, Ilan Halimi, Sohane… L’augmentation sensible des actes antisémites date de l’Intifada de septembre 2000. Alors que les Juifs représentent moins de 1% de la population française, 70% des actes racistes sont dirigés contre eux. On a constaté une corrélation entre les événements du Moyen-Orient et les actes antisémites en France. Que compte faire Nicolas Sarkozy s’il est élu ?

CG : Il continuera ce qu’il a déjà commencé. Rappelez-vous : en 2000, on a changé à 100% d’orientation. Avant cela, le ministre de l’intérieur socialiste, Daniel Vailland, avait déclaré que brûler une synagogue n’était pas un acte antisémite mais un fait-divers, l’équivalent de brûler un supermarché.

Il faut mener à cet égard une politique pénale lorsqu’il y a un problème de la preuve dans le flagrant délit et le fait que les gens ont peur de témoigner. On peut «anonymer» les témoignages avec des garde-fous, pour éviter de tomber dans la dérive de la délation tous azimuts.

Il faut poursuivre plus souvent. La police fait son travail, mais la justice ne va pas assez loin. Je suis pour le rétablissement de la peine plancher : pour un récidiviste violent, la peine doit être comprise entre une peine plancher et la peine maximale.

Le débat sur l’immigration et celui sur Israël ont un point commun : ils étaient tabous. Maintenant que la parole est libérée, la politique française va pouvoir retrouver la franchise des débats, y compris sur ces sujets fondamentaux qui ont longtemps été occultés. Tous les problèmes qui se posent aujourd’hui n’auraient pas été aussi aigus si la France n’avait pas été anesthésiée pendant 20 ans.

P-E : Beaucoup de ces «jeunes» sont de la 2ème voire de la 3ème génération, pourtant on a l’impression qu’ils se sentent moins français que leur parents ou grands-parents qui eux ont immigré en France, souvent sans même parler la langue de Molière. Quel rôle peut jouer l’Etat pour récupérer ceux qui se sentent délaissés par la République ?

CG : Il y a un problème d’acculturation, mais il est très important de ne pas confondre exclus et voyous. Il faut aider les premiers, et les mesures Borloo vont y participer. Par contre, il faut frapper fort les voyous qui prospèrent sur le dos des exclus.

Il faut casser les tabous. Il faut appliquer la loi sur les allocations familiales : les retirer aux parents qui n’éduquent pas leurs enfants. La loi existe, mais n’est jamais appliquée. Il faut une politique de ZEP efficace, avec, si nécessaire, un référent policier, ce qui ne signifie pas la police dans l’établissement scolaire, mais qu’on peut l’appeler en cas de problème et qu’elle intervient immédiatement.

La discrimination positive a montré des résultats extrêmement positifs aux Etats-Unis. Elle a permis l’émergence d’une classe moyenne noire et hispanique. C’est un élément moteur de l’ascenseur social, lui-même indispensable à la paix sociale. Il faut casser le «plafond de verre».

Nicolas Sarkozy n’a pas peur d’être impopulaire, il l’a déjà prouvé. Il le prouvera encore si c’est nécessaire au retour de la citoyenneté et du retour de la France sur le devant de la scène internationale. Pour cela, il faut que le pays soit en bonne santé sociale et économique.

P-E : Une dernière question. Vous avez affirmé la détermination de Nicolas Sarkozy à s’appuyer fermement sur les valeurs de la France : liberté, égalité, fraternité. Quid de la laïcité ? Il avait parlé de modifier la loi de 1905.

CG : Il est définitivement revenu sur cette idée. C’était une fausse bonne idée, trop difficile et trop dangereuse à mettre en place.

P-E : Merci Claude Goasguen.

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18 avril 2007 3 18 /04 /avril /2007 06:00

par Michel Gurfinkiel
Site de Michel Gurfinkiel


Dis-moi ce que tu penses d’Israël, je te dirai quelle idée tu te fais de la démocratie.

« Le gouvernement Olmert est trop faible pour faire la paix ».
C’est ce que vient de déclarer Mustapha Barghouti, le ministre de l’Information de l’Autorité palestinienne. On pourrait lui rendre la politesse en citant une interview qu’il donnait voici quinze jours seulement à une organisation pro-palestinienne française, Protection Palestine. Il y décrivait ainsi son propre gouvernement, constitué à la suite des accords Fatah-Hamas de La Mecque :
« Nous avons mis en place cette coalition pour mettre fin aux violences factionnelles et éviter la désintégration de l’Autorité palestinienne. Les défis auxquels nous devons faire face sont considérables. Premièrement, il faut rétablir l’ordre et la sécurité à l’intérieur des territoires palestiniens en renforçant l’indépendance du pouvoir judiciaire. Il faut également initier de véritables réformes et mettre en place des institutions démocratiques afin de lutter contre la corruption, le népotisme et la répression politique ».
Pas tout-à-fait ce que l’on entend par « gouvernement fort ».
Encore moins ce que l’on appelle un « gouvernement démocratique ». Et pas du tout, si l’on suit le raisonnement de Barghouti sur Israël, un partenaire pour une paix, quelle qu’elle soit.

Le gouvernement Olmert est peut-être faible. Mais il l’est dans le cadre d’une démocratie qui fonctionne bien. La démocratie, ce ne sont pas les élections : n’importe qui peut être élu un jour, même Hitler. C’est la possibilité de critiquer et de renverser, par de nouvelles élections, un gouvernement élu. Les Israéliens critiquent Olmert. Un jour, ils voteront. Ils le renverseront peut-être. Ou peut-être pas.
Voilà qui est à des années-lumière des sables mouvants politiques où se débattent – hélas ! - les Palestiniens en particulier et – deux fois hélas ! - les Arabes en général. Voilà aussi la véritable clé du conflit du Proche-Orient. Deux démocraties peuvent entrer en conflit, défendre leurs intérêts respectifs. Deux communautés, au sein d’une démocratie, peuvent s’affronter, s’opposer. Elles finissent toujours par imaginer un compromis.
Entre une démocratie et une non-démocratie, en revanche, le compromis est impossible. Parce que ce sont des éléments chimiquement, ontologiquement, incompatibles. Comme le lacté et le carné dans l’alimentation rituelle juive.

Les Français ont la chance de vivre dans une démocratie. Ils vont élire leur président dans huit jours. Je leur conseille de se décider, entre autres facteurs, sur la question du Proche-Orient, parce qu’elle révèle – toujours un vocabulaire chimique – leurs options profondes. Deux des candidats principaux comprennent que la démocratie israélienne ne se range pas dans le même tiroir que les non-démocraties. Le troisième ne semble pas l’avoir compris.
Le quatrième, n’en parlons pas.
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6 avril 2007 5 06 /04 /avril /2007 06:50

Margot Dudkevitch
infolive.tv

Les chefs d’Etats du monde entier exigent la libération des quinze marins britanniques. Mais que font-ils pour les trois soldats de Tsahal retenus en captivité depuis l'été dernier ? Rien, pas un mot pour s’émouvoir de leur sort. En comparaison, depuis le 23 mars, pas un seul jour ne s'est écoulé sans qu’un grand de ce monde ne dénonce l’enlèvement de soldats de sa Majesté par l'Iran.


Jour et nuit, cette affaire continue de monopoliser la Une des médias internationaux. Et infolive.tv ne fait pas exception ; tant cette crise pourrait marquer un tournant dans le bras de fer qui oppose le régime des mollahs à la communauté internationale. Mais cela ne rend pas moins assourdissant le silence qui entoure le kidnapping des trois soldats israéliens - Gilad Shalith, Ehud Goldwasser et Eldad Regev. En violation de toutes les règles de la guerre, aucune information n'a été transmise à leur sujet. Les terroristes qui les maintiennent en captivité –à Gaza pour Shalit, dans un tanière du Hezbollah pour Goldwasser et Regev- ont pour l’instant tou   jours refusé de laisser filtrer le moindre indice sur l’état de santé de leurs otages. Les mêmes, qui ne cessent pourtant de se réclamer « soldats » de la guerre sainte contre « la tumeur sioniste », jouent avec l’angoisse des familles des otages. On a de l’honneur à la hauteur du combat que l’on mène…


De tels assassins, on ne saurait attendre plus. Mais comment comprendre l’apparente indifférence de nos propres dirigeants ? Ainsi, Ehoud Olmert, le Premier ministre israélien, n’a-t-il pas fait mention une seule fois de leurs noms lors de la traditionnelle série d’entretiens qu’il a accordé à la presse à la veille de Pessah.


Dans le passé pourtant, il avait exigé la libération de Shalit comme préalable à toute avancée du processus de paix. Las, c’est désormais aux seules familles des soldats de se battre pour la survie de leurs enfants. Leurs proches ont voyagé dans le monde entier, rencontré des présidents, des premiers ministres, des hauts fonctionnaires et même le Pape. Jusqu'à présent leurs efforts n’ont rien donné. Que penser dès lors des responsables de notre gouvernement, si même la valeur la plus fondamentale –la parole donnée- n’est pas respectée ?

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6 avril 2007 5 06 /04 /avril /2007 06:47
par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

Dans le numéro daté du 4 avril 2007 du journal Le Monde, Daniel Vernet, directeur des relations internationales du quotidien, relevait, très justement, sous le titre « Israël-Kosovo : même erreur ? » la comparaison malheureuse commise, récemment, par le gouvernement russe, qui, dans sa Revue des principes de politique étrangère, traçait un parallèle entre l’indépendance du Kosovo, proposée par l’émissaire spécial de l’ONU, Martti Ahtissari, et la création de l’Etat d’Israël.

 Selon les rédacteurs de la publication russe, « Pour des raisons bien connues, le processus de création politique et territoriale d’un Etat palestinien a échappé au contrôle de la communauté internationale et ce facteur-clé est à l’origine de la non-résolution du conflit israélo-palestinien ».

Le journaliste français a eu, parfaitement raison, de rappeler que l’Union soviétique a été la première grande puissance à reconnaître, en 1948, le nouvel Etat d’Israël, créé à la suite d’une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Le gouvernement russe est donc, effectivement, mal venu de vouloir se fonder sur « l’expérience de la communauté internationale » avec la création de l’Etat d’Israël, qui « donne matière à réflexion » pour se préparer à opposer son veto au projet qui sera soumis, prochainement, au Conseil de sécurité, projet qui devrait aboutir à l’indépendance « surveillée », dans un premier temps, de cette entité, toujours partie de la Serbie, mais, actuellement, administrée internationalement par l’ONU.

Toutefois, Daniel Vernet nous paraît commettre, à son tour, au moins une erreur, si ce n’est témoigner d’une certaine mauvaise foi.

En effet, après avoir souligné qu’effectivement, « les situations ne sont absolument pas comparables », il considère que « la création d’un Kosovo indépendant ne met en cause l’existence d’aucun Etat avoisinant et ne prive aucun peuple de son Etat  » (souligné par nous).

A première vue, cette constatation paraît exacte, mais c’est oublier qu’il faut la replacer dans le contexte d’une comparaison, esquissée, par la publication russe, avec la situation au Kosovo.

Et, alors, à ce moment-là, l’affirmation du journaliste français apparaît être une contre-vérité, car, implicitement, mais non moins clairement, elle signifie qu’Israël met en cause l’existence d’Etats voisins et prive le peuple palestinien de « son Etat ».

Or, c’est oublier que la résolution de novembre 1947, acceptée par les représentants du Yichouv (population juive en Palestine) prévoyait la création d’un Etat arabe, faisant pendant à un Etat juif et que ce sont les Etats arabes et la population arabe de la Palestine, poussée par ceux-ci, qui ont refusé ce partage et donc cette création.

En tout état de cause, Israël n’a jamais menacé l’existence d’aucun Etat voisin et s’il a fallu un traité de paix avec l’Egypte, en 1979, puis avec la Jordanie, en 1994, c’était pour normaliser la situation résultant du conflit déclenché, notamment, par ces deux pays contre Israël, depuis son accession à l’indépendance.

Quant au peuple palestinien, cela fait déjà quelque temps que les gouvernements israéliens successifs ont admis, officiellement, l’idée d’admettre la création d’un Etat palestinien, aux côtés de l’Etat d’Israël.

Est-il besoin de rappeler - ce que certains médias, voire gouvernements semblent oublier - le refus persistant du Premier ministre palestinien de reconnaître l’Etat d’Israël.

De fait, les récentes évocations d’une conférence israélo-arabe mettent d’ailleurs le doigt sur le véritable problème, qui menace la paix dans cette partie du monde.

Nous avons déjà évoqué, à différentes reprises, la dimension principalement « israélo-arabe » et non pas « israélo-palestinienne » du conflit.

En réalité, les Etats arabes qui, d’une manière ou d’une autre, se sont résolus à reconnaître le droit à l’existence de l’Etat d’Israël, ne sont pas prêts à accepter, à moins d’y être plus ou moins contraints, la création d’un Etat palestinien.

En effet, celui-ci, sous la pression de sa population, impressionnée par l’exemple voisin, a vocation à être un Etat démocratique, à l’image de l’Etat d’Israël.

Or, la présence d’un Etat arabe démocratique, à leurs portes, risquerait de déstabiliser les régimes arabes existants.

A défaut de pouvoir s’opposer, ouvertement, à la création d’un Etat palestinien, les Etats arabes trouvent plus commode d’épouser les thèses palestiniennes les plus extrémistes, qui empêchent tout règlement pacifique avec Israël.

Sans aller chercher à mettre en évidence le rôle néfaste joué par l’Iran, qui multiplie, à l’heure actuelle, les manoeuvres de diversion, il est évident que la Syrie est en première ligne pour ne pas accepter l’idée d’un Etat palestinien.

N’oublions pas que c’est Hafez el Hassad qui empêcha Yasser Arafat de s’installer en Syrie, au moment, où après le « septembre noir » de 1970, il fuyait la répression sanglante du roi Hussein.

Bachar el Assad a tout intérêt - pour assurer son avenir - à empêcher l’établissement de la paix aux portes de son pays et à soutenir le Hamas, tant dans ses prises de position politiques, que dans ses actions terroristes.

Tant qu’il y aura un conflit entre Israéliens et Palestiniens, le spectre d’un Etat palestinien sera maintenu à distance de Damas.

Reste à savoir si la raison finira par l’emporter dans le camp arabe, comme cela a été le cas, dans le camp israélien, où le mythe du « Grand Israël » ne peuple plus que les rêves d’une petite minorité d’Israéliens.

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6 avril 2007 5 06 /04 /avril /2007 06:24

Jérémy Devray-Bénichou
infolive.tv

Le député arabe Ahmed Tibi, élu à la Knesset sur la liste du parti d'Union arabe Ta'al, est à nouveau au coeur de la polémique. Celui qui a servi pendant des années de conseiller à Yasser Arafat avant de se présenter à la Knesset, participait mardi à la marche qui rassemblait activistes des Brigades des martyrs d'al-Aqsa et terroristes du Djihad islamique en ceinture d'explosifs, dans les rues de Djénine. L'événement marquait le cinquième anniversaire de l'opération de Tsahal “Rempart” au cours de laquelle 52 Palestiniens -dont la moitié étaient armés- ainsi que 23 soldats israéliens avaient perdu la vie.

La participation à cet événement est l'occasion de liguer encore un peu plus les législateurs israéliens contre celui qui multiplie les provocations. Toujours prompt à “porter secours” aux Palestiniens, Tibi apporte son soutien à de nombreuses organisations, quelle qu'en soit leur cause, pourvu qu'elles nuisent à Israël.

En 2001, il se rendait dans les territoires pour rencontrer les représentants du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), qui venaient de revendiquer l'assassinat du ministre du Tourisme Rehavam Zeevi.  Depuis le lancement de la construction de la clôture de sécurité, Tibi multiplie les apparitions au côté des militants “anti-murs”.

Et pour son dernier pied de nez aux autorités israéliennes, Tibi choisit Djénine, et s'affiche aux côtés de terroristes palestiniens. L'opération “bouclier de défense” à Djénine est considérée par les Palestiniens comme une catastrophe. D'aucuns usent et abusent du terme de massacre pour ce qui est considéré par Israël comme une bataille féroce, au cours de laquelle Tsahal avait exposé ses soldats afin de limiter le nombre de victimes civiles palestiniennes. Le dossier Djénine demeure une question sensible au sein de la société israélienne. Tibi a donc visé dans le mille.

Face à cette électron libre de la politique israélienne, plusieurs questions se posent :

  1. Quelles sont les limites de la démocratie israélienne ?
  2. Comment un membre élu de la Knesset, qui représente la volonté du peuple israélien dans son ensemble, peut-il participer à des événements au côté d'activistes qui appellent à la destruction de l'Etat hébreu ?

Car c'est la force, et la faiblesse d'Israël : sa démocratie.

  1. Sa force, parce qu'en accordant à tous ses citoyens le droit de vote, toutes les tendances du pays sont représentés à la Knesset, même celles les plus hostiles à Israël.
  2. Sa faiblesse aussi, car l'argument de la démocratie est utilisé pour condamner Israël pour des actes largement admis quand ils sont pratiqués par la Syrie ou l'Iran. Sa faiblesse aussi, car elle permet à ses détracteurs les plus virulents de continuer leurs provocations et d'afficher leur soutien en public aux ennemis d'Israël.

Plusieurs recours ont été intentés contre Ahmed Tibi pour limiter ses déplacements dans les Territoires palestiniens. Mais en 2002 comme en 2003, la Cour suprême s'est opposée à ce qu'elle considère comme une atteinte à la liberté de mouvement. Celui qui comparait il y a peu Israël à une ethnocratie “démocratique avec les Juifs et juives avec les Arabes”, peut remercier la haute juridiction, garante de cette démocratie tant salie, de lui permettre de continuer à jouer dans la cour des ennemis d'Israël.

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5 avril 2007 4 05 /04 /avril /2007 07:38
Interview par Mati Ben-Avraham | ISRAEL VALLEY

“Si nous pouvons atteindre l’objectif visé, c’est-à-dire une paix complète avec la Syrie et le Liban, accompagnée d’une rupture du lien entre Damas et Téhéran, d’une neutralisation du Hizbollah, alors le prix qui nous est demandé de payer doit être considéré très sérieusement.”

 Il fut le secrétaire particulier de Menahem Begin, lorsque celui-ci accéda au pouvoir. Puis celui d’Ytzhak Shamir au lendemain de la démission de Menahem Begin. Porte-parole du gouvernement. Député en 1984, il le restera jusqu’en janvier 2003. Membre de diverses commissions parlementaires touchant à la sécurité nationale et au pouvoir judiciaire, il présida celle des affaires étrangères et de la défense. Ministre de la Justice dans le gouvernement Shamir de 1988 à 1992, des Finances dans les années 1996-1997 dans celui de Binyamin Netanyahou, il en démissionna pour incompatibilité d’humeur avec celui-ci et son directeur de cabinet, Avigdor Liberman. En 1999, il est élu député sur la liste de l’éphémère parti du Centre. Un crime pour les purs et durs du Likoud. Dan Meridor, en effet, était l’un des princes du Likoud, l’un de ceux dont le père, ou la mère, avait combattu dans les rangs de l’Irgoun pour former, ensuite, le noyau du ” Herout” avec Menahem Begin à la tête. Ariel Sharon, pourtant transfuge du Mapaï, lui en tiendra rigueur : il ne confiera aucun ministère au plus brillant des princes, celui-ci avait plus que tout autre l’étoffe d’un premier ministre d’envergure. Assortie d’une probité intellectuelle et morale sans défaut.

Tout en reconnaissant ses capacités en lui confiant une étude sur les nouveaux défis stratégiques d’Israël. Et Ehoud Olmert, son compagnon de route (et de stades : ils sont tout deux des farouches supporters du club de football Beitar Jérusalem) a préféré, pour cause de cuisine électorale, le laisser sur la touche. Voici donc Dan Meridor président de la Fondation de Jérusalem et avocat dans le prestigieux cabinet d’avocats Haïm Zakok (un ancien ministre de la Justice également, mais travailliste) et associés.

Mati Ben-Avraham :

Revenons sur le sommet arabe de Riad. La direction politique israélienne s’est démarquée de l’initiative de paix saoudienne, tout en la considérant comme une base de négociations acceptable. Alors, à votre sens, quels sont les avantages et les inconvénients de cette initiative ?

Dan Meridor :

L’initiative saoudienne, à présent initiative arabe, a le mérite d’être plus modérée que les autres. Elle contient des éléments positifs. Et je pense que le gouvernement israélien doit se déclarer prêt à négocier, sur cette base, avec la Ligue arabe ou avec les palestiniens, les saoudiens, les syriens pris séparément, cette initiative reflétant aujourd’hui la position arabe sur le conflit. Bien entendu, elle ne tient pas compte de la position israélienne, ayant été formulée en dehors de la présence d’Israël. Cela dit, l’initiative donne une chance à un dialogue qui peut aboutir à un accord global.

Le point positif est que cette initiative parle clairement de paix avec Israël et, venant de la Ligue arabe ou de l’Arabie saoudite, c’est très important. Il y est question des conditions de la paix entre israéliens et palestiniens, une donnée acceptée aujourd’hui par la majorité des israéliens. La pierre d’achoppement de cette initiative est la question des réfugiés palestiniens, qui demeure floue dans sa formulation. Pour nous, les choses sont claires : le cas posé par les réfugiés palestiniens doit être résolu dans le cadre de l’Etat palestinien.

Il paraît logique, côté israélien, que la création de l’Etat palestinien implique la fin de toutes revendications. Or, ce point n’est pas précisé dans l’initiative arabe. Il laisse la porte ouverte à une relance de l’exigence du droit au retour des réfugiés palestiniens dans leurs agglomérations et villages d’origine, c’est-à-dire en territoire israélien. Ce qui est impensable car une telle revendication, lancée après la signature d’accords de paix, marquerait une reprise du conflit. Aussi, je considère que cette question est un test quant aux intentions de paix de la partie arabe.

MBA :

Dans cet esprit, que cherche la Syrie, à votre avis ? En 2002, c’est bien Damas qui a entraîné une modification de l’initiative de paix saoudienne, pour y imposer le droit au retour des réfugiés palestiniens et, davantage même, l’interdiction faite aux pays arabes de continuer à héberger sur leur sol les dits réfugiés. A Riad, en fait, le point de vue syrien a prévalu.

Dan Meridor :

En fait, en 2002, c’est Yasser Arafat qui a envoyé Mahmoud Abbas et Nabil Shaat pour convaincre les saoudiens de modifier leur initiative. Celle-ci, au départ, ne faisait pas état du droit au retour des réfugiés, mais évoquait le besoin de parvenir à une solution du problème des réfugiés. Les syriens ont appuyé. Bien entendu, les syriens seront partie prenante dans les négociations, qu’elles soient globales dans le cadre de la Ligue arabe ou bilatérales : israélo-palestinienne, israélo-syrienne ou encore israélo-saoudienne. En ce sens, la participation syrienne marquerait une rupture quant à sa démarche actuelle.

Pour ma part, j’ai toujours considéré que c’était une erreur de ne pas répondre positivement aux avances syriennes. Ce n’est pas à notre avantage de rejeter toute initiative syrienne, ou d’y mettre des préalables. Bon, il est clair, pour nous, que le prix à payer pour parvenir à un accord sera très cher, mais ce que nous exigeons est tout aussi clair, à savoir un traité de paix dans toute l’acception du terme, qui entraînerait un accord de paix avec le Liban, et par ricochet le désarmement du Hizbollah avec, à la fin du processus, une rupture de l’alliance entre la Syrie et l’Iran. Pour nous, le danger, la réelle menace est l’Iran. Et donc, contribuer à une rupture entre Téhéran et Damas doit être un objectif stratégique prioritaire.

Après la paix avec l’Egypte signée par Begin, après la paix avec la Jordanie signée par Rabin, parvenir à la paix avec la Syrie et le Liban marquerait une étape historique dans l’acceptation d’Israël dans cette région.

MBA :

Dans cette perspective, qu’en est-il des mouvements fondamentalistes, le Hamas, le Djihad islamique qui continuent à rejeter Israël. Cela a été dit et redit par Khaled Mechal et Ismaïl Haniyeh, y compris à Riad. Ont-ils les moyens d’empêcher toute progression vers une paix globale ?

Dan Meridor :

C’est une question très importante et très grave. Il n’est pas évident, pour moi, que l’Autorité palestinienne puisse imposer un accord à ceux qui s’y opposent et qui ont les moyens de le torpiller, par les armes. C’est une question ouverte. Yasser Arafat pouvait imposer un tel accord, mais il ne l’a pas voulu. L’acceptation de l’Etat d’Israël n’entrait pas dans ses vues et il a fermé la porte à toutes les propositions mises sur la table à Camp David. Alors, Abu Mazen, peut-être, a la volonté de parvenir à un accord mais en a-t-il les moyens ? Dispose-t-il de la puissance pour amener les récalcitrants à la raison ? Encore une fois, c’est une question très importante et très dangereuse. Disons que si, au pire, nous choisissions l’attentisme, en arguant de l’impossibilité de notre partenaire à imposer un accord aux Hamas et Djihad et leurs satellites, notre position se défend. La question reste ouverte. Elle n’est pas résolue pour l’instant.

MBA :

Dernière question, monsieur le ministre - en France, vous le savez, un titre ministériel demeure acquis : les évènements qui se sont succédés ces dernières années n’impliquent-ils pas une révision des conceptions géostratégiques israéliennes ? De témoigner de plus d’audace ?

Dan Meridor :

C’est un fait que les menaces ont changé. Nous avons connu les menaces conventionnelles, historiques venant des pays voisins. Aujourd’hui, grâce à Begin et Sadate, Rabin et le roi Hussein, nous sommes en paix avec l’Egypte et la Jordanie, l’Irak n’existe plus en tant que menace militaire, la Syrie est isolée et son armée n’est pas en mesure de mener une guerre. Par contre, deux menaces nouvelles ont surgi. La première est la possibilité d’un Iran doté de l’arme nucléaire, un Iran basant son refus d’Israël sur des considérations religieuses, théologiques. La seconde relève du terrorisme, à partir du territoire libanais comme nous l’avons vécu durement l’an passé et des territoires palestiniens.

Il nous faut modifier notre approche stratégique, revoir la structure de l’armée, sa préparation, pour répondre à ces nouvelles menaces. Mais, dans le même temps, si nous voulons parvenir à des accords - même si ceux-ci sont encore dans le flou, en sachant que le prix en sera élevé, il faut en prendre le risque. L’avantage, pour moi, est clair. Du point de vue historique, je pense qu’il faut tout essayer, voir si monsieur Assad est sérieux, s’il ne se livre pas à de la simple propagande en se donnant le beau rôle et désignant Israël comme le refusnik de la région, tester les autres pays arabes quant à leur réelle volonté de parvenir à une co-existence avec nous. Israël, il faut le répéter, a dit et redit qu’il acceptait le principe de deux Etats dans ce qui était la Palestine historique, ce qui n’était pas le cas voici encore 10 ans. Il s’est aussi déclaré prêt à un arrangement avec la Syrie.

Mais, j’estime que si nous pouvons atteindre l’objectif visé, c’est-à-dire une paix complète avec la Syrie et le Liban, accompagnée d’une rupture du lien entre Damas et Téhéran, d’une neutralisation du Hizbollah, alors le prix qui nous est demandé de payer doit être considéré très sérieusement.

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5 avril 2007 4 05 /04 /avril /2007 06:58

lu sur le site de Alain Jean-Mairet

Rien n’est plus séduisant pour un Occidental conscient du problème causé par l’Islam radical qu’un Musulman réformateur, quelqu’un qui s’efforce de répandre une vision ou une version pacifique de l’Islam. En effet, quoi de plus naturel que d’attendre une solution au problème du terrorisme musulman d’une réforme à caractère pacifique, d’une réinterprétation pacifique de l’Islam?

Mais est-ce possible et souhaitable?

Si cela était possible, nous devrions trouver dans l’histoire de l’Islam des communautés ayant appliqué de telles interprétations. Nous devrions trouver des écoles juridiques islamiques fondées sur cette approche. Nous devrions constater la présence de mouvements stables allant dans ce sens. Est-ce le cas?

Aucune école juridique islamique n’a jamais renié le djihad, la dhimma, les houdouds. Tous les courants de l’Islam dignes de ce nom ont repris les bases inacceptables héritées de l’exemple du prophète comme la guerre contre les non-Musulmans jusqu’à la suprématie, l’humiliation systématique des croyants d’autres monothéismes vivant en Islam ou les châtiments corporels en place publique (pour des comportements relevant souvent de ce que l’Occident considère comme la sphère privée). Certaines autorités modernes ont certes soutenu que l’aspect militaire du djihad était contre-productif et qu’il serait plus judicieux de mener l’effort de conquête par la seule dawa, l’appel à rejoindre l’Islam. C’est ce qui nous a valu les avalanches d’apologistes des dernières décennies.

Et il est vrai que certains mouvements ont prôné de véritables réformes, qui avaient le potentiel, au moins théorique, de modifier fondamentalement le fonctionnement des communautés islamiques. On peut penser par exemple au tout début du mouvement Ahmadiyya, dans l’Inde britannique, ou à Mahmoud Mohammed Taha, pendu au Soudan en 1985. Dans le premier cas, un homme se présentait comme un nouveau messager de Dieu, capable, donc, de modifier les lois anciennes. Dans l’autre, un penseur proposait de renoncer aux enseignements de toute la partie médinoise de la vie du prophète, car celle-ci aurait dépendu de circonstances ponctuelles et n’aurait plus cours aujourd’hui. Et d’innombrables autres tentatives ont suivi ces mêmes lignes ou ont simplement tenté de donner aux textes islamiques violents une interprétation purement allégorique, en dépit du fait que le Coran exige expressément le contraire (sourate 3, verset 7) et que la tradition du prophète, faite d’un simple récit et de collections d’anecdotes, prouve amplement qu’il n’y a rien de parabolique dans les ordres normatifs des textes sacrés. 

Il semble donc impossible de réformer véritablement l’Islam sans modifier quelque chose de fondamental à ses dogmes de base: ajouter un nouveau messie, retrancher une partie importante des textes ou faire abstraction de la nature de toute évidence purement concrète des événements relatés par ces textes. Dans un débat raisonnable, contre les Musulmans standards qui peuvent présenter des générations de penseurs unanimes sur le fond des choses, des collèges entiers d’experts consensuels, de tels réformateurs n’ont aucune chance. Dès le moment où l’on considère le legs islamique honnêtement, dans son ensemble, et qu’on croit, bien sûr, à sa véracité, on est contraint de donner raison à Mahomet et donc aux islamistes. Les islamistes sont simplement les Musulmans qui croient honnêtement en l’Islam. Et les réformateurs qui veulent y voir un message pacifique sont des menteurs. Des menteurs parfois nobles, c’est-à-dire pour la bonne cause, mais des menteurs tout de même.

Par le passé, à des époques et en des lieux où la majorité des gens étaient analphabètes, ce genre de mensonges nobles avaient leur pleine justification. Ils permettaient de gérer des communautés avec un minimum de violence et de terreur. Et dans la mesure où ces communautés étaient discrètes et peu ambitieuses, elles pouvaient perdurer. Mais jamais elles ne pouvaient faire école en se basant sur les dogmes islamiques, car dans ce cadre, elles n’étaient que mensonges. Pire: blasphèmes. De plus, dans l’éventualité d’une confrontation avec des Musulmans qui faisaient une lecture honnête des textes sacrés, elles avaient systématiquement le dessous, car leurs adversaires étaient censés avoir le droit de tuer leurs membres sans autre forme de procès, tandis que pour respecter leurs principes novateurs, elles étaient tenues de se comporter plus pacifiquement. Et jamais, donc, elles n’ont créé de mouvement de masse.

De nos jours, toutefois, il semble devenu possible de créer un tel mouvement, de forcer une interprétation, à coup de propagande: livres, cours universitaires, associations, manifestations, médias dédiés. Théoriquement, c’est possible. Si une chose est crue par un grand nombre de gens, elle peut devenir la norme. Mais, pour reprendre ma deuxième question: est-ce souhaitable?

Est-il souhaitable de fonder l’avenir d’une civilisation telle que l’Islam sur une montagne de mensonges dont on gaverait des populations comme on les gave aujourd’hui d’extrémisme islamique (et de mensonges sur l’histoire et les civilisations occidentales)? Je pense que non. Il n’y aurait pas suffisamment de noblesse dans ce mensonge pour le rendre moralement acceptable. Et puis, la modernité offre aussi une autre voie: celle de la vérité et de la raison.

Il est possible d’utiliser les moyens propagandistes pour répandre la vérité, pour informer le monde de ce qu’est vraiment l’Islam, afin que les gens aient une chance réelle de prendre de bonnes décisions à cet égard, notamment en Occident. Et il est possible d’utiliser la qualité de réflexion et de communication produite par la modernité pour répandre la raison. Et la raison nous dit qu’aussi longtemps que les Musulmans pourront ou voudront croire que Mahomet a existé, ils devront être des islamistes pour être véridiques.

En effet, si l’on admet que l’histoire de Mahomet est vraie, le simple examen de l’énorme importance historique et actuelle de l’Islam va sembler confirmer, dans l’esprit de tous ceux qui croient, au sens religieux et non pas seulement intellectuel de ce terme, que l’Islam est légitime tel qu’il est. Si l’on croit que le message d’un marchand illettré du VIIe siècle a pu donner naissance à l’Islam, on est forcé d’y voir un miracle d’une ampleur telle qu’il en confirme le bien fondé. Si l’on est fasciné par ce parcours, on va naturellement chercher à connaître l’homme qui se trouve à son origine. Et, par ce retour aux sources, en découvrant qu’il assassinait ses opposants politiques, qu’il tuait en masse, par décapitations, qu’il utilisait la torture, les armes tuant de manière indiscriminée, qu’il était polygame et possédait des esclaves, etc., et que tout cela était justifié par la religion qu’il apportait, dit-on, directement de Dieu, on va être fortement tenté de suivre son exemple.

Certes, nous ne saurons sans doute jamais ce qui s’est vraiment passé, comment ces textes ont été rédigés, dans quel but et dans quel esprit. Mais nous pouvons constater que seul l’abandon de la foi en la véracité de ces textes permet de réformer l’Islam à la fois honnêtement et fondamentalement.

Si Mahomet n’a pas existé, que les textes sacrés islamiques sont des faux, et cela est étayé par de nombreux travaux, on peut voir que de tout temps, les leaders musulmans ont été des despotes qui se servaient sans scrupules du phénomène religieux pour assouvir leur soif de pouvoir, tout comme les islamistes actuels. De fait, les textes islamiques permettent de sanctifier les comportements criminels qui sont la marque de tous les dictateurs. Discréditer ces textes, c’est discréditer les criminels qui se réclament de l’Islam. Ceux de l’histoire et ceux d’aujourd’hui. Et ne reste plus alors, pour construire l’Islam de l’avenir, que les réelles beautés philosophiques cultivées par les Musulmans humbles et pieux, qui craignent simplement de déplaire à un Dieu clément et miséricordieux.

Ainsi, les seuls réformateurs musulmans honnêtes et sérieux sont ceux qui remettent en question l’existence même de Mahomet. Le reste, tout le reste, n’est, au mieux, que pacotille.

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