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  • : Israël, ce pays qui pousse l'individu à la recherche de lui-même. Un voyage de retour vers l'Histoire, vers sa propre Histoire.
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Pour ne pas oublier que ce qui se passe à Sderot a commencé par l'évacuation du Goush Katif.


Evacuation de Névé Dékalim en 2005
2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 06:12
Gilles William Goldnadel

À mon avis, Ahmaninedjad a tout lieu d’être satisfait de son voyage aux Amériques. Sa réception à l’université de Columbia aura marqué sa consécration. Peu importe que le recteur Bollinger se soit senti obligé, sous le feu des critiques, de muscler son discours à l’encontre « du petit dictateur », ce qui lui importait - et qu’il a obtenu - était d’être persona grata à l’intérieur du campus.


Lire l’article sur :http://blognadel.over-blog.com/
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2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 06:02
Michel Gurfinkiel

Mardi dernier, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad était l’invité spécial de Columbia, l’un des universités les plus prestigieuses des Etats-Unis. Cette visite peut surprendre. A deux titres. Les Etats-Unis et l’Iran n’ont pas de relations diplomatiques depuis 1979. Chacun de ces deux pays désigne l’autre comme une entité hostile.


lire l’article sur : http://michelgurfinkiel.com/

 

Pour l’Iran, l’Amérique est « le Grand Satan » : l’ennemi absolu de l’islam. Pour les Etats-Unis, l’Iran actuel est un Etat totalitaire, entretenant ou couvrant des réseaux terroristes et en voie d’acquérir des armes de destruction massive. Dans un tel contexte, comment le président iranien pouvait-il se trouver sur le sol américain ?

La réponse est simple : techniquement, il ne s’y trouvait pas. Il ne faisait que participer, en tant que chef d’un Etat-membre, à l’Assemblée générale d’une Onu dont le siège se situe à New York. A ce titre, il bénéficiait d’une complète exterritorialité et donc d’une complète liberté de déplacement dans cette ville, pendant toute la durée de la session. Une situation paradoxale mais logique, dont d’autres chefs d’Etat considérés comme des ennemis des Etats-Unis ont déjà tiré parti dans le passé, notamment le Cubain Fidel Castro.

Ce qui est beaucoup plus étrange, c’est que Columbia, située également à New York, ait invité Ahmadinejad dans le cadre de son Forum international des Leaders. Pourquoi une université démocratique, se réclamant d’une haute conception des droits de l’homme et de la liberté intellectuelle, accorde-t-elle une telle faveur à un tel personnage ?

La règle du jeu était que le président de l’université poserait un certain nombre de questions au président iranien, puis que celui-ci répondrait en toute liberté. Lee C. Bollinger, le président de Columbia, n’a pas ménagé son interlocuteur. Il a dénoncé explicitement la politique de Téhéran et affirmé son dégoût pour le régime khomeiniste. Quant aux réponses d’Ahmadinejad ont souvent tourné à la provocation pure et simple.

En recevant le président iranien, Columbia aurait-elle donc contribué à le démasquer et donc à le déstabiliser ? La direction de l’université l’affirme. Sans dissiper tout à fait le malaise suscité par l’événement.

Lee C. Bollinger et la direction de l’université se sont comportés comme si c’était la confrontation des idées qui importait dans un tel débat. Mais Ahmadinejad savait que les idées ne comptaient pas. L’essentiel, de son point de vue, était qu’il soit vu à Columbia, qu’il y soit photographié, filmé, vidéographié. Pour les Iraniens, le monde musulman, un certain tiers-monde, une telle image signifie qu’il a déjà vaincu l’Occident. Pour les Occidentaux, qu’il est un interlocuteur valable, ou du moins qu’il pourrait l’être, et que cette possibilité, si infime soit-elle, interdit le recours éventuel à la guerre ou même à des sanctions renforcées...

Le fait même que Bollinger et Columbia n’aient pas vu le piège constitue d’ailleurs une seconde défaite pour la pensée libre, dont ils sont officiellement les défenseurs. Car enfin, de nombreux auteurs, à la suite de Serge Tchakhotine, ont analysé depuis quatre-vingts ans l’instrumentalisation de l’image par les régimes totalitaires. Et Marshall McLuhan, le philosophe canadien qui, dans les années 1960, a défini le monde moderne comme une société de communication généralisée, rappelait que « the massage is the message ». En français conventionnel : « Ce n’est pas le message qui compte, mais la façon dont il est véhiculé ».

Ces auteurs sont disponibles à la bibliothèque de Columbia. Les professeurs et les maîtres-assistants de cette université en ont entendu parler. Mais cela n’a servi à rien. La politologie et la science politique seraient-elles de vaines entreprises ? Sans doute - si elles ne s’appuient pas sur quelques principes éthiques - quelques instincts -, dont celui de ne jamais, jamais, parler avec les ennemis de la liberté et de la dignité humaine.

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1 octobre 2007 1 01 /10 /octobre /2007 07:05
L’Etat Juif est contrôlé par quatre réseaux, pas par le gouvernement.

Gabriel Sheffer Published: 09.28.07, 19:04 / Israël Opinion

http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3452359,00.html

 Adaptation française par Marc A.
  
A la lumière de la bataille qui se joue entre Olmert, Netanyahu et Barak pour la fonction du prochain Premier ministre, le débat public se concentre sur la question qui de ces trois politiciens est "le leader fort" que beaucoup d'Israéliens se languissent. En même temps, les échecs de tous les leaders israéliens dans l'histoire et leur incapacité de mettre en œuvre leur politique sont attribués à une série d'éléments, y compris l'instabilité politique, la pléthore de partis et la mauvaise popularité des institutions et des gouverants.
 
Cependant, en dépit de la faiblesse des chefs et de la Knesset, la politique est encore faite et des décisions sont encore prises toutes deux au niveau diplomatique et local. Ceci provoque la question suivante :
Qui gouverne l'état d'Israël ?
Si nous examinons de manière approfondie l'état de notre système politique, et en particulier la question de qui gouverne Israël dans la pratique, qui est quelque chose qui n'est pas souvent fait, une image inquiétante émerge :
 
Quatre « réseaux » informels, qui sont des non élus et font souvent et subrepticement les lois d’Israël, avec « des chefs forts " liés à eux et dans une certaine mesure contrôlés par eux. L'adhésion de ces réseaux n'est pas constante et change de coloration. Pourtant les membres de ces réseaux ont un ordre du jour commun, des perceptions idéologiques et des pratiques communes, des intérêts communs, des manières communes de l'action, et de la capacité d’ influencer l'opinion publique, et naturellement d’influents politiciens.
 
- Le réseau de la « défense » se compose d’anciens chefs militaires, passés et actuels, des chefs des services secrets et de la police, d’hommes d'affaires dans la sphère de la sécurité. Les membres de ce réseau ont déterminé la politique et le tracé des mouvements militaires au cours de toutes nos guerres.
Ils sont de gauche et de droite (à ce jour, il y a plus de droite et de religieux) et ont également participé aux mouvements politiques importants et au processus de paix. En outre, ils sont également intimement impliqués dans des développements économiques, politiques, et culturels qui concernent le domaine de la défense
Ce n'est pas un secret que la plupart des premiers ministres israéliens, sinon tous, étaient des membres de ce réseau. Il n'y avait pas toujours d’accord entre eux et entre ceux qui participaient dans le domaine de la défense pendant leur mandature, mais finalement ils ont agi ensemble - et ceci peut être clairement vu quand nous examinons l'évacuation du Liban méridional, le dégagement de Gaza, la barrière de sécurité, etc.
 
- Le réseau « capitaliste » se compose des 12 ou 18 familles les plus riches d’Israël, ainsi que de grands affairistes. Ses membres sont intéressés par la poursuite du mouvement de privatisation, de l’abaissement des taux d'imposition, du gel des bas salaires, etc. Les membres de ce réseau sont liés aux principaux politiciens qui apprécient leur aide et qui sont disposés à maintenir les politiques néolibérales, qui ont mené à la grande destruction de l'état providence israélien et des lacunes énormes entre les classes privilégiées et les plus pauvres.
 
- Le réseau rabbinique strictement orthodoxe est relativement petit, et ses membres partagent des intérêts communs sur tous les sujets concernant le rapport entre la religion et l'état. Ils influencent, et déterminent en fait, des sujets du statut de la personne, l'exemption du service militaire des étudiants de Yeshiva, la politique de conversion, l’attitude envers les ouvriers étrangers, et jusqu' à un degré croissant de notre politique dans les territoires.
 
- Le réseau des Hauts fonctionnaires d’Etat est particulièrement important. Ses membres plus influents issus du Trésor, de la Banque de l'Israël, du Ministère de la Défense et du Ministère de l’Education Nationale.
D’une main, ils sont ceux qui déterminent et formulent la plupart des décisions et des lois importantes passées et votées par la Knesset, et de l’autre  ils ont la force  de torpiller toutes ces décisions et ces lois, en particulier par l'inaction.
 
Tous les premiers ministres israéliens et ministres majeurs dans des décennies récentes ont été liés à ces réseaux ou à leurs membres.
Les trois candidats potentiels pour être les prochains  « premier ministrable » sont également liés à ces réseaux : Benjamin Netanyahu est lié aux réseaux du capitalisme et de l’Orthodoxie. Ehud Olmert est lui aussi lié aux réseaux du capitalisme et aux Orthodoxes.
En attendant, Ehud Barak lui est associé aux réseaux de la Défense et du capitalisme.
 
En conclusion
 
Tous les trois ont essayé à, et continueront d’essayer de, cultiver leurs relations avec le réseau des Hauts fonctionnaires d’Etat.
 
C'est l'un des principaux problèmes de la démocratie israélienne. Jusqu'à ce que l’on donne le pouvoir véritable aux représentants du peuple souverain, la démocratie israélienne souffrira de ces imperfections, et même les leaders les plus doués et inspirés qui souscrivent à cette idéologie qui répond aux besoins du peuple ne seront pas capables de l’appliquer correctement
  
 The writer Gabriel Sheffer is a professor at the Hebrew University's political science department and a senior research fellow at the Van Leer Institute**
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29 septembre 2007 6 29 /09 /septembre /2007 06:32
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27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 06:17

 

L'ANALYSE POLITIQUE
Maître Bertrand RAMAS-MUHLBACH

Le conflit au Proche Orient est présenté comme opposant les peuples juif et palestinien dont les revendications antinomiques (en l'occurrence le droit à l'existence et à l'autodétermination) seraient à l'origine d'une haine viscérale de l'autre.

Aussi, pour tenter de réconcilier les « frères ennemis » responsables de l'enlisement de la situation, la communauté internationale envisage un partage équitable de la terre pour permettre à chacun de s'épanouir dans son identité propre.

En réalité, le postulat selon lequel le conflit opposerait deux peuples qui se haïssent, n'est peut être pas tout à fait juste.

Tout d'abord, les israéliens ne haïssent pas les palestiniens mais en ont juste peur, peur que l'un d'eux ne se fasse exploser pour en tuer le plus grand nombre possible. Par ailleurs, les palestiniens ne se présentent pas comme un peuple mais, individuellement, comme les marionnettes articulées des fondamentalistes islamistes que la présence d'un Etat juif au cour du Moyen Orient, insupporte.

C'est ce qu'a une nouvelle fois illustré le projet d'un palestinien de Ein Bet Ilmeh, qui envisageait de se faire exploser le jour du Yom Kippour, au moyen d'une ceinture explosive retrouvée dans un appartement de TEL AVIV (et dont l'arrestation le 21 septembre 2007 a été permise grâce à l'information donnée par Maadi ASHOUR, résidant de Naplouse et travaillant en Israël).

Aussi, et bien que la tentative ait échoué, les palestiniens ont confirmé ne pas renoncer à leur projet d'évincer les juifs de Palestine, tel le porte parole du Hamas Fawzi Barhoum, selon lequel l'acte s'inscrivait dans le cadre du « droit » pour les palestiniens de s'opposer à « l'occupation illégale israélienne ».

La question peut donc se poser de savoir si le mode de fonctionnement de la communauté palestinienne centrée sur la haine et le rejet du juif, dénuée d' héritage culturel, de projet de société, d'envie de vivre, d'organisation conceptuelle de la pensée, ... ne se présente pas comme une antithèse d'un principe central du judaïsme, en l'occurrence « le caractère sacré de la vie ».

En d'autres termes, tout se passe comme si les palestiniens cherchaient à éliminer le peuple juif en s'attaquant aux principes fondamentaux du judaïsme et notamment le principe de « primauté de la vie ».

En effet, dans le judaïsme, le respect de la vie et de la personne humaine est un principe fondamental tout comme la négation de la violence. Le Talmud considère en effet que détruire une vie équivaut à tuer la création humaine alors que sauver une vie est aussi important que sauver l'humanité.

Aussi, en méprisant le principe de la personne (qu'il s'agisse de la leur ou de celle des juifs), les palestiniens font de la « vie », non une « finalité » mais simplement « l'instrument d'une finalité » qui lui est extérieure.

Ce faisant, les palestiniens conduisent le peuple juif à commettre des actes qu'il répugne pour le placer devant une contradiction et souligner l' incohérence de ses actes par rapport au discours.

Il en est de même pour ce qu'il en est de « l'altruisme » dont le judaïsme affirme le principe avec force et notamment l'obligation d'aimer son prochain comme soi même (Lev XIX) ou encore « l'étranger » (qui est une miztva selon la Thora), principe une nouvelle fois non partagée par les palestiniens.

En ce sens, les palestiniens contrarient le projet Divin tel que décrit dans le judaïsme pour lequel le respect de la vie n'est pas inhérent à une appartenance religieuse ni à une communauté ethnique ou nationale, mais se réfère à l'image de D qui existe en chaque homme.

Or, curieusement, cet aspect particulier du conflit intéresse également la population juive israélienne dans ses divisions internes et plus particulièrement les membres athées de la communauté, pour qui le peuple Juif ne saurait exister en considération d'un message divin particulier dans la mesure où fonctionnement de l'univers procède de nécessités contingentes et non de phénomènes irrationnels.

Naturellement, certains membres athées de la communauté israélienne se trouvent des affinités avec les théoriciens palestiniens puisqu'ils ont en commun cette volonté de fragiliser l'Etat Israël afin de démontrer que D n' existe pas.

En fin de compte, l'issue du conflit israélo palestinien devrait également permettre de savoir si le fonctionnement de l'univers relève de phénomènes transcendantaux et si la nécessité de parfaire l'individu participe d'un projet Divin ou résulte simplement de règles sociales indispensables.

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27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 06:05
Hillel Halkin | The New York Sun - Traduction française : Menahem Macina

Un événement important s’est produit à Paris dans une affaire judiciaire à laquelle le monde ne s’est guère intéressé. Récemment [19 septembre], la 11ème Chambre de la Cour d’Appel de Paris a entendu les arguments de l’avocat de Philippe Karsenty, observateur de la presse française, qui, en 2004-2005, a été l’objet d’une plainte de la chaîne nationale de télévision France 2 et de son correspondant au Moyen-Orient, Charles Enderlin.


lireLire l’article sur : http://www.debriefing.org/

 

Les plaignants ont accusé M. Karsenty de les avoir diffamés en affirmant, sur son site Internet, qu’ils avaient participé à un rapport de presse falsifié concernant la mort, sous des tirs israéliens, le 30 septembre 2000, au carrefour de Netsarim dans la bande de Gaza, du plus célèbre "martyr palestinien" de la seconde Intifada, Mohammed al-Doura, alors âgé de 12 ans. Reconnu coupable par un tribunal de première instance, qui accordait aux plaignants des dommages et intérêts symboliques, M. Karsenty fait actuellement appel de cette condamnation.

Or, la semaine dernière, le tribunal n’a pas statué sur cet appel. Par contre, il a émis une ordonnance enjoignant à France 2 de produire devant la Cour les 27 minutes de rushes initialement reçues du caméraman palestinien, Talal Abou Rahmah, qui a filmé les événements de Gaza. Réduites à 45 secondes de reportage télévisé, ces séquences, que France 2 a toujours refusé de rendre accessibles, contenaient le matériau brut de son reportage. M. Karsenty et d’autres ont, depuis longtemps, argué que, si ce matériau était rendu public et étudié, la supercherie perpétrée par France 2 pourrait être prouvée.

Car il s’agit très probablement d’une supercherie. Aujourd’hui, sept ans après l’événement, il apparaîtra clairement à quiconque a lu ce qui a été écrit sur le sujet et aura visionné les clips vidéo disponibles, que tout l’épisode concernant Mohammed al-Dura a été mis en scène par l’Autorité palestinienne. Les preuves sont accablantes.

· Les coups de feu visant apparemment le garçon et son père ne pouvaient pas, en raison de leur angle, provenir d’une position israélienne.
· Des civils palestiniens flânaient tranquillement entre cette position et l’endroit où se trouvaient les al-Dura, au moment où ils étaient censés avoir été mitraillés.
· Alors que l’on prétend que le père et le fils se seraient mis à l’abri derrière un baril, ils auraient facilement pu se mêler à d’autres Palestiniens qui arrivaient en courant dans leur direction et n’ont pas été abattus.
· Il n’y avait pas de sang sur le trottoir où Mohammed al-Dura est censé avoir été mortellement blessé.
· Dans les bribes de films, on peut le voir changer tranquillement de position afin d’être plus à l’aise, et ce après l’instant de sa prétendue mort.
· Etc., etc.

En fait, il est possible que Mohammed al-Doura ne soit pas mort, voire qu’il n’ait même pas porté ce nom. Il n’y a jamais eu d’autopsie, et les funérailles du garçon ont probablement été celles d’un autre. Il pourrait facilement s’agir d’un enfant palestinien de Gaza, payé quelques dollars pour jouer son rôle dans la supercherie, et se faire rare ensuite.

Si France 2 ignorait cette fraude au moment où elle a défrayé la chronique avec cette histoire, ce n’était certainement pas le cas de Talal Abou Rahmah. Et on ne voit pas comment France 2 et M. Enderlin auraient pu ne pas s’en apercevoir par eux-mêmes, quand ils ont eu la possibilité de revoir les séquences et de les examiner plus attentivement.

Mais ce qu’il y de pire dans l’histoire de Mohammed al-Dura - outre qu’elle a causé un tort incalculable à l’image d’Israël et contribué à frayer la voie à la dissémination de bien d’autres mensonges concernant l’Etat juif, durant l’Intifada -, ce n’est pas que ce reportage ait été diffusé sans discernement par France 2, puis repris et ressassé, avec la même absence de discernement, par des centaines d’autres chaînes de télévision et d’organes de presse du monde entier - c’était scandaleux, mais ce sont des choses qui arrivent. Le plus grand scandale, c’est que jusqu’à ce jour, ni France 2, ni aucun des propagateurs de cette histoire, ne se sont donné la peine de confesser leur négligence, pas même de s’en excuser - encore moins de traiter du vaste sujet de la collaboration incessante de la presse internationale avec la malhonnêteté systématique de l’Autorité palestinienne, à l’époque d’Arafat.

Le sentiment général a été : Bon, peut-être Mohammed al-Dura n’a-t-il pas été tué par les Israéliens comme nous le disons tous. Et alors ?

La décision récente de la Cour d’Appel de Paris a été applaudie comme une victoire, non seulement pour Philippe Karsenty, mais pour Israël et pour la vérité historique. Et pourtant, comme M. Karsenty me l’a fait remarquer, l’autre jour, au cours d’un entretien téléphonique, cela n’est pas forcément le cas. Même s’ils ont enjoint à France 2 de remettre la séquence [complète], les trois juges du tribunal ont fait preuve d’hostilité envers lui, et ce sont les mêmes juges qui visionneront les 27 minutes de rushes en novembre et décideront ensuite s’ils considèrent son appel comme recevable ou non. A moins qu’ils n’optent pour l’intervention d’experts qui examineront les scènes de manière professionnelle, M. Karsenty craint que les juges ne remarquent pas les falsifications dont elles ont été l’objet, et ne finissent par blanchir France 2 au lieu de la dénoncer.

M. Karsenty compte en appeler au président français, Nicolas Sarkozy, qui en sa qualité de chef de l’Etat, a toute autorité sur France 2 [chaîne nationale, rappelons-le], pour désigner lui-même un tel panel d’experts. J’ignore si la chose est politiquement et juridiquement possible.

Si les juges de la Cour d’Appel font leur travail consciencieusement, ou intiment à France 2 l’ordre de montrer les rushes au grand public, au lieu de les transmettre ponctuellement au tribunal, l’intervention de M. Sarkozy ne sera absolument pas nécessaire.

La vérité à propos de Mohammed al-Dura n’est pas une affaire mineure, ni ne se limite à ce seul cas. Il ne s’agit même pas seulement de la campagne de mensonges contre Israël, qui lui a valu de devenir le pays plus détesté dans les sondages de l’opinion européenne. Il s’agit également de savoir comment, en général, la presse d’aujourd’hui se sent libre de manipuler la vérité à son gré, puis de décliner toute responsabilité pour ce qu’elle a fait.

Philippe Karsenty n’est pas Dreyfus [*], mais s’il parvient à gagner son procès, il se peut qu’il ait fait une chose d’importance historique. En lui souhaitant bonne chance, c’est à nous tous que je la souhaite.


Texte original anglais "Changing History’s Course ".

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27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 06:01

« Dans un monde convenable, l’Iran ne pourrait être membre des Nations Unies ». C’est ce qu’affirmera la chef de la diplomatie israélienne, Tzipi Livni, lors de son discours devant la tribune de l’ONU. L’ouverture de la soixante deuxième Assemblée générale des Nations Unies aura lieu à New-York, ce troisième mardi de septembre - comme à l’accoutumée depuis 1945 - avec la présence fortement médiatisée du président iranien, vedette incontestée de ce sommet international.


Lire l’ensemble de la revue de presse de "israelinfos.net"

 

hmedinejad est arrivé lundi à l’université de Columbia où il était invité à donner une conférence devant le corps professoral et quelque six cents étudiants, les premiers à s’y être inscrits. Le président du campus, Lee Bollinger, a apostrophé Mahmoud Ahmadinejad dans son discours d’accueil, à qui il a notamment affirmé : « Vous présentez tous les critères d’un dictateur petit et pervers ». Il a également demandé à l’invité d’expliquer pourquoi son pays condamnait à mort femmes et homosexuels, et qualifié la négation de la Shoah par Téhéran de « propagande ridicule ».

Le président iranien a jugé pour sa part que ces propos étaient un affront à l’intelligence du public présent, et avancé que Bollinger était influencé par les médias et les politiciens américains.

Répondant à la question de savoir si l’Iran aspirait à la destruction d’Israël, Ahmadinejad a déclaré « Nous aimons tout le monde. Nous sommes les amis du peuple juif. Il y a beaucoup d’israélites qui vivent en Iran en toute tranquillité et sécurité ».

L’iranien, dont le discours a été ponctué par un concert de sifflets, et qui s’est copieusement fait huer à plusieurs reprises, a d’autre part formellement nié tout soutien de son pays au terrorisme, « qui en est lui-même une victime ».

A l’extérieur du campus se déroulait d’ailleurs une manifestation organisée par les principales organisations juives des USA , alors qu’au même moment vingt cinq mille personnes protestaient également devant le bâtiment de l’ONU contre la présence d’Ahmadinejad sur le sol américain, les déclarations de Téhéran appelant à « effacer Israël de la carte », et les efforts iraniens en vue de l’obtention de l’arme atomique.

Dans une interview diffusée sur CBS, le président iranien a aussi déclaré que le programme nucléaire de son pays n’avait qu’une finalité civile, et catégoriquement nié à nouveau tout développement militaire. Il a également affirmé qu’aucun conflit n’était envisageable avec les Etats-Unis.

Tzipi Livni a pour sa part certifié que c’était une "flétrissure pour l’ONU que Mahmoud Ahmadinejad puisse se présenter à New York (...). C’est une honte que le monde ne comprenne pas qu’Ahmadinejad utilise les valeurs internationales pour porter atteinte à tous. La communauté internationale ne peut pas tolérer un Iran nucléaire".

De nombreuses interventions de présidents d’états sont d’ailleurs attendues sur la question iranienne, et Nicolas Sarkozy a de son coté appelé la communauté internationale à appliquer des sanctions sévères contre le régime des Ayatollahs, indiquant qu’il avait recommandé aux entreprises françaises de cesser tout investissement et tout échange avec le pays islamique.

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27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 05:49
Voici une réflexion d’une grande qualité philosophique et morale, aussi courageuse que prophétique. Elle devrait servir de 'caveat' aux amalgameurs professionnels, pour lesquels "TOUS les Arabes se valent", et qui vaticinent à tout va qu’"il n’y a rien à attendre de ces gens-là". Pourtant, le fait que l’un des membres de la nation arabe (et il n’est pas le seul) aie le courage d’émettre un jugement aussi lucide et d’élever une protestation aussi véhémente, invite à ne pas se décourager. Certes, l’auteur est un musulman libéral, et d’aucuns s’empresseront peut-être de marginaliser son témoignage, pour mieux continuer à diaboliser TOUS les Arabes. Tel ne doit pas être notre cas, si, du moins, les Ecritures saintes sont encore une référence pour nous. Souvenons-nous, en effet, de cet oracle du prophète Isaïe (65, 8) "Ainsi parle L’Eternel : Quand on trouve du jus dans une grappe, on dit : 'Ne la détruisez pas, car elle contient une bénédiction' ; ainsi ferai-je en faveur de mes serviteurs, je ne détruirai pas tout." (Menahem Macina).
Sur le site du MEMRI
 
Dépêches spéciales - No. 1670
 
 
 
Basit Ben Hasan, poète et militant tunisien des droits de l'homme, évoque les bombes humaines qui prennent pour cibles les cortèges funéraires.
Dans un article du 13 juin 2007, paru sur le site arabe libéral, Al-Awan (1), le poète tunisien Basit Ben Hasan, ancien directeur de l'Institut arabe pour les droits de l'homme, à Tunis, écrit que, pour certains, dans la société arabe, tuer est devenu une fin en soi, et que pour lutter contre le phénomène des bombes humaines et les autres manifestations de mépris pour la vie humaine, les sociétés arabes doivent surmonter leur "indolence morale" et réévaluer le sens de la vie et de la mort.
Extraits de l'article:
"Tuer avec une violence froide et organisée est devenu une fin en soi"
Cela se passe en Irak, et dans des endroits plus proches de nous que ce que nous imaginons : les bombes humaines prennent pour cibles les cortèges funéraires de victimes d'attentats-suicide.
En un seul geste, et avec une rare détermination, ils se font exploser au milieu des corps des vivants et des morts. Par ces attentats, ils ne s'attaquent pas seulement au domaine de la vie, mais aussi à cet espace qui sépare la vie de l'au-delà: le moment de la mort et du deuil. Par ce type de suicide, ils tuent ensemble les vivants et les morts.
Ils affectent notre perception morale de la vie et de la mort, et ouvrent les portes d'un temps 'nouveau' - le temps du néant, où les attentats-suicide deviennent une trajectoire absolue et continue, sans objectif historique, et où le meurtre, commis avec une violence froide et organisée, devient une fin en soi.
Ainsi, le meurtre des vivants et des morts par les attentats-suicide qui ciblent les cortèges funéraires, est un phénomène effrayant, qui stupéfie et qui, à ce stade de l'histoire, attire l'attention intellectuelle et morale.
Nos intellectuels se placent dans une logique de perpétuelle justification des attentats-suicide
La vie vaut-elle la peine d'être vécue ? Le but de l'existence est-il de propager des vies nouvelles et différentes et d'atteindre une forme de bonheur collectif dans le monde des hommes ? Ou la valeur de l'homme réside-t-elle dans la destruction de l'humanité par la destruction de sa personne et de celle des autres ? Et quel rôle joue la mort dans la reconnaissance de l'importance de la vie ?
Plusieurs philosophies, anciennes et modernes, tentent d'appréhender la politique au prisme de ces questions éthiques fondamentales, [mais] nos intellectuels les ignorent et les marginalisent avec un savoir-faire d'expert. Ils persistent à organiser des débats mous et monotones sur les attentats-suicide, et à employer une logique de perpétuelle justification et de tolérance vis-à-vis de l'intolérable.
Parfois, ils se basent sur une conception de 'résistance' absolue, sans fournir la moindre réflexion sur les nombreuses significations de cette conception ni sur sa spécificité historique. Ou bien ils se basent sur le fait qu'il n'existe pas de définition claire et univoque du terrorisme (…), comme si l'absence de définition d'un phénomène pouvait permettre d'ouvrir les portes du non-sens moral…
Le démon, en l'homme, s'est échappé de la bouteille
Les intellectuels arabes qui ont défendu les attentats-suicide, soit ouvertement, soit par un discours rusé et sournois, les qualifiant de droit absolu à des fins politiques, n'ont pas uniquement pris part à la justification de crimes de destruction visant les êtres vivants, ils ont également contribué à empêcher que ne soit soulevée [la question de] la signification de la vie et de la mort dans nos sociétés.
La justification des attentats-suicide par des intellectuels considérés comme des autorités en la matière, au moyen du langage et des médias, a ouvert les portes de la peur, lesquelles ne se refermeront pas tant que nos sociétés n'auront pas fait l'expérience du néant et de l'élimination dans leurs formes absolues.
[Aujourd'hui], n'importe qui peut tuer et être tué : la bombe humaine qui 'résiste', qui est passée de l'assassinat de l'ennemi à l'assassinat de n'importe qui ; le politicien extrémiste, qui est passé de la lutte contre le détenteur d'idées politiques adverses à l'élimination d'une société différente de lui (…) ; et l'Etat, qui n'est supervisé par personne et qui a créé un système consistant à assiéger et assassiner l'ensemble de la population par le biais d'institutions qui contrôlent le quotidien [des citoyens].
Ainsi, le démon, qui dormait… s'est échappé de sa bouteille, et tout est devenu possible. Le corps humain, autrefois régi par une mémoire biologique qui définissait la voie [à suivre] de la naissance à la mort, et par une mémoire morale qui définissait la signification de son expérience, a été laissé complètement nu. C'est devenu un corps sans mémoire, qui se suffit à lui-même, qui ne cherche plus à lutter pour le règne de la mémoire, ni à se perpétuer en assumant les risques de la vie, mais qui a pour but de se détruire et de détruire les autres. La destruction est devenue la vie du corps et le non-sens qui nie la signification de la vie et de la mort.
Nous constatons aujourd'hui que les attentats-suicide, dans lesquels nos intellectuels voyaient un moyen provisoire d’obtenir un profit politique, sont devenus une institution ayant sa propre logique, qui est la mort de toute logique.
Le nombre de ces attentats a augmenté dans plusieurs de nos pays ; leurs formes et leurs méthodes se sont diversifiées. Des hommes et des femmes se font exploser au sein d'armées munies d'armes de destruction de la technologie la plus avancée. Des enfants et des jeunes gens sont conduits par des adultes en des lieux où ils se tuent en tuant autrui. Des bombes humaines que l'on n'attendait pas frappent les cafés, les hôtels, les restaurants, les réceptions, les institutions gouvernementales, les médias, les mosquées, les églises et les transports.
Aujourd'hui, en prenant pour cibles les cortèges funéraires, ces attentats visent des domaines dont nous croyions naïvement qu'ils étaient inattaquables (…) [Mais] certains fils de nos sociétés ont dépassé toutes les frontières et écrit à l'encre de leurs corps le livre terrible du néant.
Se réduire à l'état de chose et y réduire autrui… Voilà ce qui autorise n'importe quel crime, aussi hideux et absurde soit-il 
Les auteurs d'attentats-suicide sont devenus, par ce grand acte de chosification, de nouveaux dieux ayant un contrôle absolu sur la vie et la mort. Ces dieux de ténèbre, qui ont perdu tout lien avec leur histoire, décident, en tuant leurs corps qui ne signifient plus rien pour eux, quand et comment la vie des autres arrivera à son terme.
Nous ne sommes plus simplement face à des extrémistes motivés par des objectifs politiques et religieux. Nous sommes entrés dans une phase où des attaquants-suicide narcissiques ont passé outre aux conceptions islamiques de la vie et de la mort.
Le phénomène de l'augmentation des attentats-suicide et la progression constante du nombre des bombes humaines est un malheur historique qui soulève de graves questions quant à notre capacité à répondre, de façon morale et responsable, aux questions de vie et de mort dans nos sociétés.
C’en est assez de la folie de destruction !
Face au phénomène du meurtre et de la violence absolus qui balaient nos sociétés, certains répètent encore qu'il existe des limites au néant qui nous entoure, que notre désir de survie mettra fin à l'effondrement, et qu'une conscience absolue se lèvera, de cette réalité ténébreuse où nous sommes, pour dire : « C’en est assez de cette folie destructrice ! », ramenant le désir de vivre de la société (…)
La tendance destructrice à laquelle nous ont menés les attentats-suicide (…) n'est qu'une des manifestations qui se sont enracinées dans nos sociétés, et ne sont pas moins effrayantes (…)
Ces manifestations ne sont qu'un avant-goût d'une inquiétude plus profonde, qui s'est installée dans ce que nous appelons nos vies : l'inquiétude face à un avenir incertain, face à notre incapacité à déterminer les forces qui régissent nos destinées et tranchent en matière de vie et de mort.
Pour sortir du tunnel, nous devons affronter l'indolence morale généralisée et entamer un dialogue à grande échelle sur la signification de la vie et de la mort dans nos sociétés…
Basit Ben Hasan
© Al-Awan
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(1) Al-Awan, 13 juillet 2007. http://www.alawan.com,
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Mis en ligne le 25 septembre 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org
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26 septembre 2007 3 26 /09 /septembre /2007 06:33
“Si tu veux la paix, prépare la guerre”. Petit état des lieux de la guerre qui s’annonce
25 septembre 2007 - par Martin Birnbaum | LibertyVox

Si vis pacem, para bellum. Voilà un adage vieux de deux millénaires que Bernard Kouchner a eu l’imprudence de citer pour expliciter la position de la France vis-à-vis de l’Iran. Propos, tous comptes faits, anodin si on le compare avec l’alternative énoncée par notre président pour le même pays, « la bombe ou le bombardement ».


Lire l’article sur : http://www.libertyvox.com/
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26 septembre 2007 3 26 /09 /septembre /2007 06:18

- Par André Glucksmann, philosophe. | Le Figaro

Un mot suffit pour soulever la tempête. Immédiatement les encriers des commentateurs entrent en ébullition et les chancelleries d’Europe occidentale publient leur désapprobation d’une façon fort peu diplomatique. En évoquant le risque de guerre qu’implique la volonté iranienne de construire la bombe, et la nécessité de s’y préparer afin de l’empêcher, Bernard Kouchner aurait-il commis un blasphème témoignant de sa naïveté et de son manque de métier ?


lire l’article sur : http://www.lefigaro.fr/

 

Il fut illico chapitré par ses collègues, Sergueï Lavrov à Moscou ou D’Alema à Rome (« Non si debba parlare de guerra in questo momento »). Idem à Berlin mezza voce. Pourtant il faudra s’y faire, la « bourde », en apparence intempestive du French Doctor, nouveau chef de la diplomatie française, exprime une opinion méditée de longue date.

Lorsque, neuf mois avant l’élection présidentielle, j’interviewais, en compagnie de Yasmina Reza et Pascal Bruckner, le candidat Sarkozy sur les grands axes de la politique étrangère qu’il entendait conduire, sa réponse fusa claire et décidée : « La crise iranienne est sans doute la crise internationale la plus grave actuellement. »

Un an après, le diagnostic est encore plus exact. Que requiert cette gravité ? La « fermeté », répondait le futur président, qui visiblement n’a pas changé d’avis. Devant les ambassadeurs de France, réunis le 27 août 2007 à l’Élysée, il évoqua la terrible menace et souligna la nécessité « d’échapper à une alternative catastrophique : la bombe iranienne ou le bombardement de l’Iran ».

La « fermeté », nouvelle, de la France commence par une réforme du vocabulaire, elle rejette les euphémismes et les tabous linguistiques : si risque de guerre il y a, il ne faut pas le scotomiser, mais au contraire le nommer, en parler distinctement afin justement de tout faire pour stopper l’escalade, avant « l’alternative catastrophique ».

Le moment est bien calculé, Bernard Kouchner jette son pavé dans la mare des non-dits diplomatiques et prononce le mot « guerre » à la veille de son voyage à Moscou. Le destinataire n° 1 du message est son homologue russe qui proteste, mais enregistre : si Moscou continue à bloquer toute sanction effective, susceptible d’appuyer les remontrances jusqu’alors platoniques du Conseil de sécurité, la France s’emploiera, hors Conseil, à mobiliser l’Union européenne qui draine plus de 50 % du commerce extérieur de Téhéran.

À charge pour des sanctions économiques dures de tenter de bloquer la spirale nucléaire iranienne. Bref, Bernard Kouchner convie les Européens à passer outre aux manoeuvres dilatoires de Moscou à l’ONU.

Lorsque le sage désigne la lune, les imbéciles contemplent son doigt. Lorsque Kouchner parle de « guerre », nombre d’Européens estiment qu’il s’agit d’un gros mot lâché tel un coup de pistolet dans l’atmosphère feutrée des négociations respectueuses.

La révélation de l’effort clandestin et illégal de l’Iran pour franchir le seuil du nucléaire militaire date d’août 2002. Depuis, malgré toutes les confirmations de l’AIEA, les négociations, menées principalement par Londres, Paris et Berlin, n’ont abouti à rien.

Il est temps de peser franchement les risques. Y a-t-il péril en la demeure ? Tous les experts s’accordent sur la capacité technique de l’industrie iranienne : deux ou quatre ans suffisent pour atteindre le point de non-retour. Donc le temps presse. Mais la perspective d’un Iran nucléaire suffit-elle pour que de toute urgence les démocraties se mobilisent et interdisent, bon gré, mal gré, le franchissement du seuil ultime ? Ou bien faut-il considérer avec Jacques Chirac (janvier 2007) qu’une puissance militaire nucléaire de plus ou de moins ne mérite pas qu’on se mette martel en tête ?

Certes, la guerre froide est restée froide au sommet : 45 ans durant, la dissuasion a bloqué l’escalade belliqueuse entre les deux blocs. Pareil équilibre de la terreur n’avait pourtant rien d’automatique. Les crises ont succédé aux crises jusqu’à celle de Cuba (1961) où, témoignent les archives américaines et russes, tout se joua au bord du gouffre et manqua échapper à la prudence de Kennedy et Khrouchtchev.

L’idée que la bombe iranienne serait sans conséquence pour la paix du monde relève de la plus ignare des fantasmagories, d’autant que l’Arabie saoudite, la Turquie, l’Égypte n’entendent pas subir l’hégémonie nucléaire iranienne sans, à leur tour, transgresser le traité de non-prolifération (TNP). Attention aux dégâts !

Dans le mouchoir de poche d’un Proche-Orient aux frontières mal définies, aux entrelacs communautaires, aux enjeux théologico-pétroliers énormes, une guerre civile nucléaire devient l’horizon que dessinent, fût-ce à leur insu, les bricoleurs de Téhéran.

Le pot au noir irakien n’aura-t-il rien appris à personne ? On croit savoir ce qu’on dit en parlant de « guérilla, » « vietnamisation », etc. On se trompe. La guérilla espagnole contre Napoléon, les résistances antihitlériennes, les insurrections anticoloniales visaient en premier une armée étrangère, en deuxième lieu les « collaborateurs » et, à l’occasion, la population afin de la mobiliser par l’intimidation.

L’ordre des cibles s’inverse en Irak. Les GI’s ne sont pas prioritaires : ils ont perdu 3 700 des leurs en quatre ans. Alors que dans les mois « chauds » on dénombre 3 000 victimes irakiennes, femmes et enfants d’abord, explosées non par les Américains, mais par la soi-disant « guérilla. » Si les Américains sont désemparés, c’est qu’ils affrontent un adversaire capable de tuer les siens à l’infini - plus j’en tue, plus tu perds. Impossible de protéger chaque Irakien contre ce terrorisme indiscriminé. Le chaos est plus fort que les hélicos, les tanks et le fric. On connaissait, en Russie, les stratégies de la « terre brûlée » qui firent le vide devant l’envahisseur.  

Aujourd’hui des incendiaires homicides et suicidaires inaugurent la stratégie implacable de la population brûlée. Il ne s’agit pas d’une résistance à l’occupant, pas même d’une guerre civile, mais plus diaboliquement d’une guerre absolue contre les civils.   Rien là qui doive émouvoir nos mollahs iraniens, lesquels se déclarèrent, par la bouche du « modéré » Rafsandjani, prêts à la vitrification de 15 millions des leurs pour la gloire théologique d’avoir éradiqué l’entité sioniste, préliminaire obligé d’une chasse universelle aux croisés et aux infidèles.

Le sacrifice des siens et de soi, l’autodestruction systématique d’un peuple jusqu’à épuisement des fureurs obsidionales n’est nullement une pathologie inédite. Les cruautés collectives qui horrifièrent Montaigne, le sang, la dévastation et la mort que peignit Grimmelhausen rappellent que ces pestes sont européennes. Mais aucun des furieux ne disposait encore de nos joujoux atomiques.

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