Juifs des nations et israéliens, la réflexion qui va suivre ne cherche nullement à vous embarrasser. Depuis trente ans d’amitié que je vous porte, j’ai trop d’estime pour ce que vous êtes. Néanmoins, je me dois de vous faire partager mon inquiétude à l’égard de ce que représente le joyau d’Israël à mes yeux.

Pour la grande majorité de l’espèce humaine, croyante ou incroyante, le Créateur de l’univers et du genre humain a manifesté par ses œuvres et de diverses manières (dans nos consciences et notre entendement du monde) sa réalité existentielle. Dès lors, gardons présents à l’esprit que notre futur ne dépend pas du Vatican, car les judéo-chrétiens attendent un messianisme issu d’Israël. Il dépend encore moins de la Mecque, car les fils d’Ismaël sont assujettis à l’avenir d’Israël. Notre futur ne dépend pas non plus des Américains car ces derniers s’attachent évangéliquement à Israël. Notre futur ne dépend pas des 192 Etats membres de l’ONU, car ceux-ci sont subordonnés (sans y prêter attention) à la façon dont ils respectent Israël. Il en est de même pour l’avancée des sciences « salvatrices » qui, pour le battement d’ailes d’un papillon peuvent dériver dans la théorie du chaos. Quand aux influences régulatrices des affaires du monde dictées par les grandes Organisations mondiales, les Institutions Internationales et les gouvernances politiques envers les peuples, elles sont liées (ou éloignées) aux applications juridiques et monétaires des Lois de Noé, des Lois mosaïques et de l’éthique des Droits de l’homme.

Or, de toutes ces contraintes de la vie humaine en sociétés, ce sont celles qu’assument Israël et les juifs qui portent la plus lourde charge, sous le regard de l’Eternel, le D.ieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.

Citoyens juifs des nations ou citoyens israéliens, athées, agnostiques ou fidèles à votre foi israélite, vous ne parviendrez jamais à échapper à la singularité de votre identité ontologique. L’Histoire nous rapporte qu’au cours des millénaires vous avez tenté à plusieurs reprises d’y échapper. En vain.

Créé une première fois au temps prescrit dans la Torah par vos pères fondateurs, puis réitérée dans l’actuelle re-naissance contemporaine, l’existence d’Israël se trouve à nouveau confrontée au grand péril de disparaître… par le perfide langage de sa délégitimisation, enclenché par l’irascible volonté islamiste et sa barbare djihad coranique. Les islamistes radicaux seraient-ils (inconsciemment) à ce point désespérés au point d’oser affronter, non seulement un peuple juif aguerri mais plus encore, oser défier le D.ieu d’Israël ? Allant jusqu’à proclamer la désertification de sa terre et la mort de ses bâtisseurs par éradication atomique ? D’autant que ce double péril revendiqué est aussitôt publié sur toute la planète ! Comme si monde entier était invité à prêter attention à leur fantasmatique et purement onirique hallali. N’est-ce pas étrange ?

Pour quelle raison cette menace à caractère apocalyptique se répand-elle si vite ? Y a-t-il des présages qui l’auraient annoncé ? La re-naissance providentielle d’Israël en 1948 ? La réunification israélienne de Jérusalem, son ancienne capitale davidique, en 1967 ?

Les nouveaux rapports de forces économiques, militaires et religieux qui se sont mis en branle depuis la grande peur pétrolière de 1973, suivi de la désertion des ambassades internationales ? Serait-ce la conséquence d’une forme de détérioration morale d’Israël dans sa foi sioniste ? Ce qui aurait pour effet de galvaniser d’autant toutes les forces adverses, les amenant à se focaliser géopolitiquement (religieusement ?) sur Jérusalem ? Dans le but de s’en emparer, de la dépecer en quatre ou de la raser comme elle le fut par le passé ? Rien de nouveau sous le soleil, sauf que cette fois, l’enjeu relève d’une possible finalité du « temps des nations ».

Dans une autre perspective, serait-ce les influences irrésponsables du monde politico-économique, militaire et religieux qui amèneraient Israël à rétrocéder sans fin ?

Pour l’obtention (d’un plat de lentilles ou de trente deniers) de signatures de documents alléguant la paix (en papiers dégradables) ? Pour complaire illusoirement aux us et usages d’un Occident empoisonné par les idéaux ravageurs de ses deux derniers totalitarismes ? Ou encore, est-ce dû aux amphigouriques manigances du monde arabo-musulman qui, en défaut d’aggiornamento théologique, est toujours verrouillé par ses indéboulonnables sourates jihadiques ?

Toujours est-il qu’Israël paie au prix fort les morcellements de sa terre promise par D.ieu him self. Aspirant à gagner les bonnes grâces d’une Amérique généreuse et maladroite, du ventre mou de l’Europe, des 192 pays onusiens et de l’Oumma musulmane, de concessions unilatérales en marchandages humiliants (émaillés de scandales internes), Israël s’enlise dans la glaise, et il n’est pas bon d’avoir des pieds d’argile.

En dépit de ses victoires, ces octrois, qu’aucune autre nation n’aurait accepté de faire, ses abaissements tant politiques que diplomatiques laissent de marbre les opinions publiques internationales. Les Etats nations n’aiment pas et n’aimeront jamais « l’entité » israélienne.

Là encore, étrangement (pour ne pas dire irrationnellement).

Certes, à titre individuel, beaucoup de personnes peuvent être admiratives et parfois solidaires mais, infiniment innombrables sont celles qui jalousent Israël et haïssent les juifs.

Ne s’agit-il pas de métaphysique antisioniste ?

Personnellement, j’aime Israël et les juifs, mes frères aînés dans la foi, qui surent en tout temps résister, survivre et assumer leur destinée singulière. Néanmoins, pour quelle raison mon inquiétude grandit-elle à leur endroit ? Ce pourrait-il qu’un jour prochain la tentation deviendrait grande pour Israël de baisser la garde, dans un dernier espoir d’être agréé (voire aimée, mais ne rêvons pas) par l’opinion internationale ? Dans l’espoir d’être enfin reconnu comme étant semblable aux autres nations ? Mais alors, cela signifierait-il un rejet suicidaire de sa singularité ? Quand bien même les juifs iraient jusqu’à souhaiter cette « fin de partie », ils ne seront pas acceptés pour ce qu’ils sont, aux yeux du monde et des nations. Quelle étrangeté (je me répète !) Quelle est donc cette cause déconcertante ? En fait, me semble-t-il, qu’ils y consentent ou non, les juifs détiennent un grand secret : le mandat de D.ieu à être ses témoins. Non seulement cela, mais encore, à être les garants du contrat qu’IL a établit pour tous les autres peuples de la terre, en Jésus le juif.

En conséquence, tout juif demeure, bon grès mal grès, le gardien d’Eretz Israël dans laquelle le Messie se révélera au monde. En rédigeant ce billet (apparaissant quelque peu mystique), chers amis juifs ne me retirez pas votre amitié car je crois en vous, de même que l’ancien athée que je fus croit en votre D.ieu.

Déjeunant ces jours-ci avec des amis juifs, je leurs fis part de mes réflexions. Surpris, ils réagirent d’une façon maintes fois entendue en d’autres temps et lieux.

- Mais nous ne voulons pas êtres différents ! Nous voulons être comme tout le monde et vivre en paix, avec ou sans religion, de même qu’avec nos voisins arabes et palestiniens.

- Beaucoup de membres de ma famille ont péri dans les camps. Le prix est trop élevé. Quel autre peuple accepterait un tel fardeau de souffrances et de rejet ?

- Cela fait des millénaires que nous sommes marqués au fer rouge par cette singularité, que nous n’avons jamais demandé ni voulu.

Sans le dire, je savais qu’au fond d’eux-mêmes ils détenaient la juste réponse. « Ecoutes Israël, l’Eternel est Un, l’Eternel est notre D.ieu ». C’est là toute la raison d’être les fils d’Israël. D’accord, les juifs sont seuls au monde, mais la beauté de leur destin réside dans leur âme. Aucun d’eux n’ignore qu’ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes et sur Adonaï Cébaot. Ayant beaucoup voyagé et rencontré de nombreux peuples, je peux attester que de nos jours, des millions de chrétiens sionistes se révèlent, par eux-mêmes. Comme moi-même, ils souhaitent êtres des vôtres et se tenir à vos côtés. Si D.ieu existe « pour de vrai » (et nous le savons qu’ il est de toute éternité), Israël et les juifs sont notre seul futur.
F. C.