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  • : Israël, ce pays qui pousse l'individu à la recherche de lui-même. Un voyage de retour vers l'Histoire, vers sa propre Histoire.
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Pour ne pas oublier que ce qui se passe à Sderot a commencé par l'évacuation du Goush Katif.


Evacuation de Névé Dékalim en 2005
20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 22:25
par Spengler, Asia Times Online, le mardi 13 Mai 2008 
Par
Thème : Proche-Orient


Traduction : Objectif-info

 L'état d'Israël est cerné par la jalousie, plus qu'aucun autre état sur terre, et pour cause : des indices quantitatifs objectifs montrent qu'Israël est la nation la plus heureuse de la terre au soixantième anniversaire de sa fondation. Il est l'un des pays les plus riches, les plus libres et les mieux instruits ; et il bénéficie d'une espérance de vie plus élevée que l'Allemagne ou la Hollande. Mais le plus remarquable, c'est que les Israéliens semblent aimer la vie et détester la mort davantage que toute autre nation. Si l'histoire n'est pas le produit de conceptions rationnelles mais d'exigences du coeur humain, comme je l'ai soutenu la semaine dernière, le coeur léger des Israéliens face à la permanence du danger est une particularité digne d'attention.

  Est-ce une coïncidence si la plus ancienne des nations [1], la seule qui est persuadée d'avoir été appelée par l'histoire au service de Dieu, se compose d'individus qui semblent aimer la vie davantage les autres peuples ? Pour établir un indice de préférence pour la vie, j'ai mis en relation le taux de fécondité et le taux de suicidité de 35 pays industriels, c.-à-d., le pourcentage de ceux qui choisissent de créer une nouvelle vie et celui de ceux qui choisissent de détruire la leur. Israël se trouve seul, dans le quart supérieur gauche du graphique qui est la partie du diagramme caractérisée par l'amour de la vie [2]. Ceux qui croient en l'élection divine d'Israël peuvent y voir l'effet d'une grâce spéciale, qui se manifeste par son amour de la vie.

Dans un univers livré à la morbidité, l'état d'Israël enseigne toujours au monde l'amour de la vie, non pas dans le sens banal de la joie de vivre, mais plutôt comme une célébration solennelle de la vie. Dans un autre endroit, j'ai affirmé qu'il "est facile pour les juifs de parler de l'enchantement de la vie. Ils sont tout à fait certains qu'ils sont éternels, alors que les autres peuples tremblent devant la perspective d'une extinction imminente. Ce n'est pas leurs vies individuelles que les Juifs trouvent si plaisantes, mais plutôt la notion d'un engagement formel du coté de la vie qui se poursuit sans interruption à travers les générations." Il est aussi remarquable d'observer la marge importante avec laquelle les Israéliens remportent la compétition mondiale pour le bonheur.

Les nations s'éteignent, j'en ai parlé dans le passé, parce que les individus qui composent ces nations choisissent collectivement de s'éteindre. Dès que la liberté remplace les habitudes immuables de la société traditionnelle, les gens qui n'aiment pas leur vie ne font aucun effort pour avoir des enfants. Ce n'est pas l'épée des conquérants, mais le levain indigeste de la vie quotidienne qui menace la survie des nations, qui s'éteignent aujourd'hui à un rythme sans précédent dans l'histoire documentée.

Israël est entouré de voisins qui veulent se donner la mort pour le détruire. "Nous aimons la mort autant que vous aimez la vie," enseignent les théologiens musulmans ; on trouve la même formule dans un manuel palestinien d'enseignement du second degré. Indépendamment du fait que les Arabes sont parmi les peuples les moins libres, les moins instruits, et (sauf les États pétroliers) les plus pauvres au monde, ce sont également les plus malheureux, même dans leurs royaumes les plus riches.

Le contraste entre le bonheur des Israéliens et le découragement des Arabes fait de la paix un but difficile à atteindre dans la région. On ne peut pas l'imputer aux conditions de vie matérielle. L'Arabie Saoudite, riche état pétrolier, se place au 171ème rang sur l'échelle des indices internationaux de la qualité de la vie, au-dessous du Rwanda. Israël est proche de Singapour sur cette échelle, bien qu'il faille observer qu'Israël est premier haut la main pour mon indice de préférence pour la vie alors que Singapour se trouve tout en bas.

Nous sommes d'autant moins autorisés à imputer ce découragement à un destin adverse qu'aucune nation n'a souffert davantage que les Juifs dans la mémoire contemporaine, qu'aucune ne peut invoquer une meilleure excuse d'être malheureuse. Les Arabes n'ont pas inventé les attentats-suicides, mais ils ont produit un réservoir de population désireuse de mourir dans le but d'infliger à d'autres des dommages sans équivalents dans l'histoire. On ne peut pas les aider mais il est logique de conclure que les théologiens musulmans ne forcent pas la note quand ils expriment leur mépris pour la vie.

D'ailleurs, l'amour de la vie d'Israël est davantage qu'une caractéristique ethnique. Ceux qui ne connaissent la vie juive qu'à travers les lunettes excentriques des romanciers Juifs américains comme Saul Bellow ou Philip Roth, ou encore les films de Woody Allen, croient que les Juifs sont une race de névrosés, tourmentés par une angoisse existentielle. Les juifs laïques d'Amérique sont plus féconds que leurs pairs Gentils, et selon toutes les informations ils sont exactement aussi malheureux.

En premier lieu, les Israéliens sont bien plus religieux que les Juifs américains. Les deux tiers des Israéliens croient en Dieu, bien qu'un quart d'entre eux seulement observent leur religion strictement. Même les Israéliens opposés à la religion font preuve d'une forme de laïcité différente de ce que nous trouvons dans l'Occident séculier. Ils parlent la langue de la Bible et subissent 12 ans d'études bibliques dans les écoles publiques élémentaires et secondaires.

Leur foi dans un amour assidu de Dieu pour un peuple qui croit qu'il a été appelé dans ce but à quitter sa condition d'esclave doit faire partie de l'explication. Les Israéliens les plus religieux font la plupart des bébés. Les familles ultra-orthodoxes ont en moyenne neuf enfants. Cela ne devrait pas surprendre puisque les gens de foi sont plus féconds que les laïques, comme je l'ai montré en procédant à une comparaison statistique entre pays.

Les profils de population des sociétés traditionnelles et modernes sont radicalement différents, parce que les femmes des sociétés traditionnelles n'ont pas d'autre choix que d'être enceintes toute leur vie. Dans le monde moderne, où la fécondité relève du choix plutôt que de la contrainte, la décision d'élever des enfants exprime l'amour de la vie. Le taux de naissance élevé des pays arabes, toujours dominés par la tradition, n'est pas comparable à la fécondité israélienne, de loin la plus haute du monde moderne.

La foi des Israéliens est unique. Les Juifs ont vogué vers Palestine en tant qu'acte de foi, et réussi à établir un État contre toute attente malgré un encerclement hostile, en plaisantant, "Il ne faut pas être fou pour être sioniste, mais ça aide." En 1903, Théodore Herzl, le fondateur laïc du mouvement sioniste, obtint le soutien des Anglais pour un État juif en Ouganda, mais son mouvement le conspua, car il n'attendait rien moins que la prophétie biblique du retour à Sion. Au lieu d'utiliser une langue moderne les immigrants juifs ont redonné vie à l'Hébreu, une langue uniquement liturgique depuis le 4ème siècle avant Jésus Christ, dans une prouesse de volonté sans précédent en matière linguistique. Il se peut que la foi brûle plus lumineusement en Israël parce que Israël a été fondé dans un élan de foi.

Deux vieilles plaisanteries juives illustrent la trame de l'esprit israélien.

Deux vieilles dames juives s'assoient sur un banc dans un parc à Saint-Pétersbourg, en Floride. "Mme Levy," demande la première, "quelles sont les nouvelles de votre fils Isaac à Detroit?" "Elles sont terribles," répond Mme Levy. "Son épouse est morte il y a un an et l'a laissé avec deux petites filles. Voila qu'il a perdu son travail de comptable dans une entreprise de location de voitures, et que son contrat d'assurance médicale va expirer dans quelques semaines. Dans l'état où se trouve le marché de l'immobilier, il ne peut même pas vendre sa maison. Et le bébé qui est atteint d'une leucémie a besoin d'un traitement onéreux. Il est décontenancé et ne sait pas quoi faire. Mais comme il a écrit une belle lettre en Hébreu, c'est un régal de le lire."

Il y a plusieurs niveaux dans cette blague, mais l'essentiel est que de mauvaises nouvelles sont adoucies quand elles sont données dans la langue de la Bible, qui véhicule toujours l'espoir pour les Juifs.

La seconde plaisanterie met en scène un homme d'affaires américain qui a émigré en Israël peu de temps après sa fondation. A son arrivée, il commande un téléphone, et attend des semaines sans réponse. A la fin, il se rend en personne à la compagnie téléphonique, et il est reçu dans le bureau d'un responsable qui lui explique qu'il y a une liste d'attente de deux ans, et aucune possibilité de passer devant. "Vous voulez dire qu'il n'y a aucun espoir ?" demande l'Américain. "Il est interdit à un Juif de dire qu'il n'y a aucun espoir !" tonne le responsable. "Aucune chance, plutôt." L'espoir est supérieur à la probabilité.

Si la foi rend les Israéliens heureux, alors pourquoi les Arabes, dont l'observance de l'Islam semble tellement plus stricte, sont-ils si malheureux ? L'Islam offre à ses adeptes, non pas l'amour, parce qu'Allah ne Se révèle pas dans l'amour sur le modèle de YHWH, mais plutôt le succès. "Le monde islamique ne peut pas assumer l'existence sans être sur de gagner, de sorte que 'être en prière' équivaut à 'remporter un succès'. L'humiliation est quelque chose qu'il ne peut pas supporter, ce qui conduit à l'idée que la Oumma ne doit pas récompenser ceux qui se soumettent. " J'en en parlé ailleurs. L'Islam, ou "la soumission", ne comprend pas la foi, la confiance en un Dieu aimant même si ses actions semblent incompréhensibles, de la même façon que les Juifs et les Chrétiens. Puisque la fantaisie d'Allah commande tous les évènements, de l'orbite de chaque électron aux résultats des batailles, les Musulmans ne connaissent que le succès ou l'échec en toutes circonstances, au cours du temps.

Les échecs militaires, économiques et culturels des sociétés islamiques sont insupportables aux yeux des Musulmans ; les succès des juifs sont une abomination, parce que pour les musulmans le succès est dû exclusivement au fidèle. Les succès juifs sont convoités et ils peuvent être confisqués aux usurpateurs à la première occasion. Il n'est pas tiré par les cheveux d'affirmer que l'amour d'Israël pour la vie, la joie que lui procure la foi, sont justement des particularités qui rendent la paix impossible à réaliser dans la région. L'usurpation du bonheur, que les Musulmans considèrent comme un dû qui leur est réservé, est un motif suffisant pour qu'ils se donnent la mort dans le but de priver l'ennemi juif de ce bonheur. Si les adversaires d'Israël ne parviennent pas à ruiner le bonheur d'Israël, il y a peut-être une lueur d'espoir pour qu'ils décident de choisir le bonheur de leur coté.

Pourquoi est-ce qu'aucune nation chrétienne n'est aussi heureuse qu'Israël ? Rares sont les nations européennes qui peuvent être qualifiées de "chrétiennes". La Pologne, le dernier pays européen où le taux de présence à la messe est élevé (environ 45%), enregistre néanmoins un taux de fécondité de seulement de 1,27, l'un des plus bas d'Europe et un taux de suicidité de 16 pour 100.000. En Europe, la foi a toujours hésité entre l'adhésion au Christianisme comme religion universelle et l'idolâtrie ethnique sous un vernis chrétien. Le nationalisme européen a repoussé le christianisme en marge de la société au 19ème siècle, et les guerres mondiales désastreuses du siècle passé ont retiré aux Européens toute confiance, aussi bien dans la Chrétienté que dans leur identité nationale.

C'est seulement au sein de la population américaine que l'on trouve des taux de natalité comparables à ceux d'Israël, par exemple parmi les Chrétiens évangéliques. Il n'y a pas de méthode directe pour comparer le bonheur des Chrétiens américains et des Israéliens, mais le caractère tumultueux et protéiforme de la religion américaine n'est pas propice à la satisfaction personnelle. Je crains fort que le bonheur d'Israël soit parfaitement unique.

Il est à la mode de nos jours de spéculer sur la fin d'Israël et sur sa position stratégique qui n'offrirait que des motifs d'optimisme limités, ce que j'ai contesté récemment. L'avenir d'Israël dépend des Israéliens. Tout au long d'un exil de 2.000 ans, les Juifs sont restés des Juifs en dépit d'efforts puissants et souvent violents d'en faire des Chrétiens ou des Musulmans. Il faut supposer qu'ils n'ont pas abandonné le judaïsme parce qu'ils aimaient être juifs. Avec la plus grande sincérité, les Juifs disaient trois fois par jour dans leurs prières, "Il est de notre devoir de féliciter le Maître de tout, d'acclamer la grandeur de Celui qui a donné forme à toute la création, parce que Dieu ne nous a pas faits comme les nations des autres pays, et ne nous a pas faits comme les autres familles de la terre. Dieu ne nous a pas placés dans la même situation que les autres, et notre destin n'est pas identique à celui des autres hommes."

Si les Israéliens forment le pays le plus heureux de la terre, comme les chiffres l'attestent, il semble possible qu'ils fassent ce qu'il faut pour le conserver, en dépit de l'adversité qu'ils rencontrent. Je ne sais pas s'ils réussiront. Si Israël échoue, cependant, le reste du monde perdra une référence unique de l'aptitude humaine au bonheur et à la foi. Je ne peux pas imaginer un événement plus triste.

Notes

[1] Il y a beaucoup de nations d'origine antique, par exemple, les Basques, mais aucune ne parle la même langue qu'il y a de 3.000 ans, aucune n'occupe plus ou moins le même territoire, et, c'est le plus important, aucune n'a conservé les archives écrites de son histoire dans sa continuité, ce qui signifie une conscience nationale ininterrompue.

[2] Les pays représentés dans le diagramme sont :

  


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1 octobre 2007 1 01 /10 /octobre /2007 07:05
L’Etat Juif est contrôlé par quatre réseaux, pas par le gouvernement.

Gabriel Sheffer Published: 09.28.07, 19:04 / Israël Opinion

http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3452359,00.html

 Adaptation française par Marc A.
  
A la lumière de la bataille qui se joue entre Olmert, Netanyahu et Barak pour la fonction du prochain Premier ministre, le débat public se concentre sur la question qui de ces trois politiciens est "le leader fort" que beaucoup d'Israéliens se languissent. En même temps, les échecs de tous les leaders israéliens dans l'histoire et leur incapacité de mettre en œuvre leur politique sont attribués à une série d'éléments, y compris l'instabilité politique, la pléthore de partis et la mauvaise popularité des institutions et des gouverants.
 
Cependant, en dépit de la faiblesse des chefs et de la Knesset, la politique est encore faite et des décisions sont encore prises toutes deux au niveau diplomatique et local. Ceci provoque la question suivante :
Qui gouverne l'état d'Israël ?
Si nous examinons de manière approfondie l'état de notre système politique, et en particulier la question de qui gouverne Israël dans la pratique, qui est quelque chose qui n'est pas souvent fait, une image inquiétante émerge :
 
Quatre « réseaux » informels, qui sont des non élus et font souvent et subrepticement les lois d’Israël, avec « des chefs forts " liés à eux et dans une certaine mesure contrôlés par eux. L'adhésion de ces réseaux n'est pas constante et change de coloration. Pourtant les membres de ces réseaux ont un ordre du jour commun, des perceptions idéologiques et des pratiques communes, des intérêts communs, des manières communes de l'action, et de la capacité d’ influencer l'opinion publique, et naturellement d’influents politiciens.
 
- Le réseau de la « défense » se compose d’anciens chefs militaires, passés et actuels, des chefs des services secrets et de la police, d’hommes d'affaires dans la sphère de la sécurité. Les membres de ce réseau ont déterminé la politique et le tracé des mouvements militaires au cours de toutes nos guerres.
Ils sont de gauche et de droite (à ce jour, il y a plus de droite et de religieux) et ont également participé aux mouvements politiques importants et au processus de paix. En outre, ils sont également intimement impliqués dans des développements économiques, politiques, et culturels qui concernent le domaine de la défense
Ce n'est pas un secret que la plupart des premiers ministres israéliens, sinon tous, étaient des membres de ce réseau. Il n'y avait pas toujours d’accord entre eux et entre ceux qui participaient dans le domaine de la défense pendant leur mandature, mais finalement ils ont agi ensemble - et ceci peut être clairement vu quand nous examinons l'évacuation du Liban méridional, le dégagement de Gaza, la barrière de sécurité, etc.
 
- Le réseau « capitaliste » se compose des 12 ou 18 familles les plus riches d’Israël, ainsi que de grands affairistes. Ses membres sont intéressés par la poursuite du mouvement de privatisation, de l’abaissement des taux d'imposition, du gel des bas salaires, etc. Les membres de ce réseau sont liés aux principaux politiciens qui apprécient leur aide et qui sont disposés à maintenir les politiques néolibérales, qui ont mené à la grande destruction de l'état providence israélien et des lacunes énormes entre les classes privilégiées et les plus pauvres.
 
- Le réseau rabbinique strictement orthodoxe est relativement petit, et ses membres partagent des intérêts communs sur tous les sujets concernant le rapport entre la religion et l'état. Ils influencent, et déterminent en fait, des sujets du statut de la personne, l'exemption du service militaire des étudiants de Yeshiva, la politique de conversion, l’attitude envers les ouvriers étrangers, et jusqu' à un degré croissant de notre politique dans les territoires.
 
- Le réseau des Hauts fonctionnaires d’Etat est particulièrement important. Ses membres plus influents issus du Trésor, de la Banque de l'Israël, du Ministère de la Défense et du Ministère de l’Education Nationale.
D’une main, ils sont ceux qui déterminent et formulent la plupart des décisions et des lois importantes passées et votées par la Knesset, et de l’autre  ils ont la force  de torpiller toutes ces décisions et ces lois, en particulier par l'inaction.
 
Tous les premiers ministres israéliens et ministres majeurs dans des décennies récentes ont été liés à ces réseaux ou à leurs membres.
Les trois candidats potentiels pour être les prochains  « premier ministrable » sont également liés à ces réseaux : Benjamin Netanyahu est lié aux réseaux du capitalisme et de l’Orthodoxie. Ehud Olmert est lui aussi lié aux réseaux du capitalisme et aux Orthodoxes.
En attendant, Ehud Barak lui est associé aux réseaux de la Défense et du capitalisme.
 
En conclusion
 
Tous les trois ont essayé à, et continueront d’essayer de, cultiver leurs relations avec le réseau des Hauts fonctionnaires d’Etat.
 
C'est l'un des principaux problèmes de la démocratie israélienne. Jusqu'à ce que l’on donne le pouvoir véritable aux représentants du peuple souverain, la démocratie israélienne souffrira de ces imperfections, et même les leaders les plus doués et inspirés qui souscrivent à cette idéologie qui répond aux besoins du peuple ne seront pas capables de l’appliquer correctement
  
 The writer Gabriel Sheffer is a professor at the Hebrew University's political science department and a senior research fellow at the Van Leer Institute**
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18 septembre 2007 2 18 /09 /septembre /2007 07:33
PAF 2.0 - Politique arabe de la France

Dans une allocution devant la Commission de la Sécurité de la Knesset, le Général Amos Yadlin, Commandant du Renseignement de Tzahal, a affirmé hier qu’Israël avait retrouvé sa force de persuasion perdue après la guerre de l’été dernier. Yadlin n’a donné aucun détail sur une action israélienne présumée dans le ciel et sur le sol syrien, il y a dix jours. Il n’a pas non plus mentionné une telle action comme étant la cause de la persuasion israélienne, nouvellement retrouvée !

 

Le gouvernement israélien se tait sur cette affaire, et seuls les journaux étrangers, repris par les médias locaux, font preuve d’imagination, ajoutent des détails reçus de sources sûres et bien informées !

En bref un brouillard d’informations noie le poisson dans l’eau : comme si toutes ces informations avaient envoyées d’une façon orchestrée pour justement empêcher toute clarté !

Prof. Zaky Shalom de l’Université Ben-Gourion de Beer-Sheva, a, dans un article dans Ynet, rappelé que l’Iran réagira sans doute à cette présumée attaque israélienne dans le Nord de la Syrie, tout comme les attentats de Buenos Aires après des actions de commandos israéliens sur le territoire libanais, dans les années 90.

Les services spéciaux israéliens et étrangers doivent être conscient d’une telle possibilité, bien plus réaliste qu’une attaque directe sur Israël à partir de la Syrie.

Cette dernière possibilité existe pourtant, et la tension au Nord du pays n’est pas encore retombée. Elle serait une des causes de l’inaction israélienne à Gaza alors que les Palestiniens continuent de tirer des obus de mortiers et des roquettes sur Israël.

La nomination du numéro deux du Parti Travailliste, l’Amiral de Réserve Aylon, au gouvernement semble renforcer l’idée que des temps durs sont à prévoir dans un avenir porche : une attaque concertée sur l’Iran, avec les US et l’Europe, la France compris ?

Cette possibilité n’a même pas été envisagée dans la presse et les médias israéliens qui n’ont vu dans cette nomination qu’un acte de politique intérieure, l’achat d’une des voix qui avaient exigé la démission d’Olmert suite au fiasco de la guerre de l’année dernière.

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6 septembre 2007 4 06 /09 /septembre /2007 05:53

L’été qui s’achève promettait une deuxième explication entre Tsahal et le Hezbollah qu’une majorité d’observateurs s’entête encore à déclarer victorieux de la confrontation de juillet et août 2006.

Mais il y a quelques semaines, quand deux roquettes étaient lancées du sud Liban sur la Galilée, la milice shiite s’empressait de se déclarer innocente d’une provocation qu’elle aurait revendiquée avec gourmandise douze mois plus tôt.

Et Nasrallah, son chef contraint de se terrer pour survivre, se l’attribuerait encore aujourd’hui si le sort des armes lui avait réellement souri hier.

Depuis, la nomination à la Défense d’un homme qui renoue avec la tradition de sérieux et de compétence des précédents titulaires, contribuera plus sûrement à restaurer la perception d’un pouvoir de dissuasion altérée par l’irresponsable erreur de casting que fut son prédécesseur à ce poste.

L’avenir...

Aujourd’hui, l’avenir d’Israël dépend certes de l’émergence d’une voix palestinienne sincèrement modérée en Judée Samarie après le coup de force des islamistes à Gaza et les témoignages irrécusables d’une Cause hélas incapable, depuis sa fécondation artificielle, de se hisser à la plus petite hauteur des mythes qui l’ont construite.

Ou encore de la convergence entre les prétentions ressuscitées d’une Russie ivre de son nouveau pouvoir énergétique et d’une capacité de nuisance grandement recouvrée d’une part, et les ambitions de l’Iran et de ses affidés du Hamas et du Hezbollah d’autre part.

Des humeurs syriennes, des langueurs saoudiennes, des facéties burlesques de la Ligue arabe ou de la guerre en Irak et en Afghanistan.

De la libération de quelques autres centaines de prisonniers palestiniens, et de l’abandon douloureux de territoires impérativement expurgés ici de toute présence juive et nettoyés là de la même intolérable souillure.

De la prétention narcissique et de l’inclination troublante de quelque pays européen à recommander doctement le dialogue avec des organisations d’assassins patentés et des états « néga-sionistes » et « éradica-sionistes ».

De l’opportunisme de certain « chef de gouvernement en version curé de campagne - R.Prodi - qui prêche un dialogue œcuménique et pédagogique » (P.Ostellino, Corriere della Sera - 14.08.07) avec des barbares arrogants pour sauvegarder, chez lui, l’équilibre improbable d’une coalition prise en otage, depuis son assemblage, par une gauche maximaliste et doctrinaire.

Des obsessions des médias et des fantasmes des ONG, de monomanies syndicales et d’hystéries universitaires.

Des lubies de la communauté internationale et de nombre de ses instruments dévoyés, de la réunion à Genève du 27 au 31 août dernier du Comité de planification de la « Conférence de l’ONU contre le Racisme » en 2009, héritière de celle, infâmante, de Durban en 2001, et de l’importation de cet esprit de Durban au Parlement européen ces 30 et 31 Août par le « Comité des Nations Unies pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien ».

Oui, l’avenir d’Israël dépend bien un peu de tout cela.

Mais quand cet Etat abandonne la sécurité de milliers de ses citoyens à la générosité d’un milliardaire et laisse, un an plus tard, ceux de sa frontière nord pareillement exposés aux tirs de roquettes ;

Quand il ne traite pas énergiquement les larges et profondes poches de pauvreté qui marginalisent des centaines de milliers d’autres, fragilisent irrémédiablement leurs liens familiaux et menacent sa cohésion sociale ;

Quand le pays des Juifs escorte sans détour ni délai le plus insignifiant de ses visiteurs officiels de Lod à Yad Vashem, mais mégotte aux indigents rescapés de l’enfer des camps une pension décente ;

Quand deux ans après les en avoir délogés, il se désintéresse des évacués de Gaza et les oublie dans des caravanes ou des villages de tentes ;

Quand un nombre croissant de ses fils se soustrait au devoir de servir une armée citoyenne qui a construit leur sécurité et contribué à façonner l’identité de leurs pères et l’histoire de leur pays ;

Quand une opinion publique désabusée et narquoise s’accommode des mœurs approximatives et de la morale relâchée de membres éminents de sa classe dirigeante ;

Quand cette opinion publique s’accommode de baisers volés dans les palais de certaines excellences, des faveurs et petits arrangements occultes entre amis, de la corruption, morale ou financière, d’une partie de ses institutions, de l’étalage grotesque de ses privilèges, et du contraste obscène du clinquant et du dénuement d’un père qui, de honte, fuit le regard de son fils ;

Quand une répartition trop inéquitable des dividendes de la croissance dédaigne les dégâts sociaux d’une économie à la santé pourtant insolente ;

Peut-être alors ne sont-ce pas les périls au-delà des frontières de l’Etat d’Israël, aussi préoccupants soient-ils, qui questionnent le plus sérieusement son identité et sa pérennité.

Pour ces menaces, de l’horizon d’un Iran nucléaire aux provocations de ses marionnettes régionales, de la frilosité européenne aux incohérences américaines, des ambiguïtés russes au cynisme insolent de la Ligue arabe et du dévoiement des institutions internationales à la trahison des clercs, une armée motivée, des diplomates aguerris, une excellence économique, des centres universitaires et de recherche créatifs, une vision et un minimum de cohésion des élites devraient suffire.

Mais face aux autres défis, Israël, « au cœur de la plus grande aventure non seulement de ce siècle, mais de ce millénaire » (Entretien avec F.Nirenstein, J.Post, août 2007), court bien le danger, non d’être un Etat juif, mais de ne pas l’être assez.

Isaac Franco © Primo, Bruxelles, Septembre 2007

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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 06:43

Être Israélien...

  • Allumer la télévision la nuit et voir qu'au lieu de "FRambo 3", on diffuse un film d'horreur local, dont nous sommes tous les acteurs.
  • Espérer qu'il n'y ait personne que tu connaisses, être content qu'il n'y ait personne que tu connaisses, avoir honte d'avoir été content.
  • Continuer de regarder l'écran, même si tu sais exactement quelle sera la prochaine image.
  • Dire : "Il y a deux semaines, j'étais exactement au même endroit, c'est incroyable !".
  • Sentir que tu y as échappé, alors que tu n'es même pas passé près.
  • Faire un tour dans la maison, à deux heures du matin, regarder en silence les enfants qui dorment, et penser que, comme ça, sous les couvertures, ils ont soudain l'air, à nouveau, si petits.

Être Israélien...

  • Savoir que quelque chose s'est passé, en fonction des chansons à la radio.
  • Te faire la remarque que c'est justement pendant les attentats qu'il y a les chansons les plus belles.
  • Comprendre que, quand le journaliste dit "Il y a des blessés", il veut dire, en fait, qu'il y a des morts, et que "état désespéré" signifie "lutte pour survivre".
  • Te demander ce que cela veut dire exactement "victimes en état de choc", et comprendre tout seul, après quelques secondes de réflexion.
  • Téléphoner à la famille, même tard, et demander si ça va, juste comme ça.
  • Aller au centre commercial comme si tu allais en "Milouim" [période militaire] et aller en "Milouim" comme si tu allais à la guerre.
  • Dire : "Si j'avais un minimum de cervelle, je partirais en Australie" mais ne pas en avoir sérieusement l'intention.
  • Se disputer un peu plus avec celui ou celle avec qui tu vis, mais ne pas t'avouer à toi-même que c'est à cause de la tension.

Être Israélien...

  • Dire : "Il faut leur rentrer dedans", sans savoir dans qui exactement.
  • Dire : "Ca ne peut pas continuer comme ça", mais craindre que c'est peut-être exactement comme ça que ça va continuer.
  • Dire : "Il faut leur reprendre Gaza", juste pour t'entendre le dire.
  • Comprendre qu'il n'y a pas de solution simple, mais espérer malgré tout qu'il y en a une.
  • Écouter des émissions radio, où des gens appellent et disent des choses horribles ; penser que cela montre à quel point nous avons dégringolé, et, toi aussi, avoir un peu envie d'appeler.
  • Te souvenir que tu as déjà fait confiance à trop de dirigeants qui t'ont déçu, mais te persuader qu'il y a peut-être encore quelqu'un.
  • Te dire que le temps est arrivé d'écrire ton testament, mais ne pas le faire.

Être Israélien...

  • Ressentir, en pleine journée, une fatigue inexplicable, qui part des épaules et descend le long de la colonne vertébrale.
  • Ne pas être religieux et se demander ce qu'il en est de Dieu, ou religieux, et se demander ce qu'il en est de l'armée.
  • Dire : "les accidents de la route font plus de morts", mais ne pas être sûr que ça soit encore vrai.
  • Faire le compte : après Jérusalem et Haïfa, bien sûr, arrivera le tour de Tel Aviv.
  • Être en colère quand on dit "attentat sophistiqué", parce que, même ce compliment, ils ne le méritent pas.
  • Rencontrer un ami qui te demande si tu as entendu que Georges Harrison est mort, et penser qu'il débarque de la lune.
  • Savoir, de manière claire et paralysante, que, dans un jour, maximum deux, il s'avérera que tu connaissais quelqu'un qui est mort. Et sinon, quelqu'un qui connaissait quelqu'un...

Être Israélien...

  • Dire: "Moi je vais bien. Le pays, lui, est dans la m…."
  • Commencer des phrases par les mots : "Mis à part la situation..."
  • Annuler des voyages parce que ce n'est pas le moment, et puis voyager quand même parce que m…. après tout...
  • Se souvenir, sans savoir pourquoi, de Rabin.
  • Découvrir que tu n'as jamais parlé de la guerre à ton fils et te jurer que tu trouveras le temps de le faire.
  • Vouloir aller voir le dernier film israélien dont tout le monde parle, parce que c'est quelque chose d'israélien.
  • Manger un peu plus que d'habitude, se lever tard, et puis, courir.
  • Remarquer que tout le monde raconte des blagues, ces derniers temps.
  • Savoir que tout cela veut dire quelque chose, mais sans être sûr de savoir quoi.

Être Israélien...

  • Sentir que le pays te dépasse.
  • Échanger des phrases connues avec des gens que tu ne connais pas, écouter des phrases que tu ne connaissais pas dans la bouche de gens que tu pensais bien connaître.
  • Entendre le Premier ministre parler de "la force d'endurer et de résister", et comprendre, avec retard, que c'est de toi qu'il s'agit.
  • Te consoler en te disant que, cette année, au moins, il pleut.
  • Rester debout à côté de la fenêtre avec un verre de thé et penser, pour la première fois depuis des années, à quel point il est beau, de la part de Dieu, de nettoyer comme cela le monde.
  • Accepter de recevoir des chèques à paiement différé, parce que cela aussi est en rapport avec la situation.
  • S'asseoir, pendant la nuit, face aux factures et décider qu'il faudra se serrer la ceinture.
  • Regarder des photos plutôt que lire le journal.

Être Israélien...

C'est aussi de savoir que l'on ne nous aime pas et prétendre que cela nous est égal.

Être Israélien...

Être quelqu'un d'un peu meilleur que ce que tu te croyais capable d'être.

 

Yair Lapid

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12 juin 2007 2 12 /06 /juin /2007 06:32

Sur le site de Alain Jean-Mairet
Et pendant ce temps, pas loin et selon un journal sympathisant des Palestiniens:

Palestinian children spend more of their school day studying Islam. Critical jobs in public education are filled by Islamic stalwarts. A once-banned social studies reader, crammed with hard-line rhetoric, is now in classrooms.

During a year in power, the Islamic Hamas movement has begun taking control of Palestinian schools and is making changes.

      

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12 juin 2007 2 12 /06 /juin /2007 05:50

 OFEK7Cette nuit Israël a envoyé dans l'espace un nouveau satellite (video) à partir de la base aérienne de Palmahim, à une trentaine de kilomètre au sud de Tel Aviv.
OFEK 7 est supposé emporter du matériel de renseignement sophistiqué et d'avoir un temps de vie d'environ 4-5 ans.
Le responsable du matériel et des technologies de l'IAF, le Général Docteur Kobi Burtman a exprimé la satisfaction de ce qui est appelé aujourd'hui "L'Armée de l'Air et de l'Espace" israélienne: une fois de plus un satellite OFEK justifie cette appellation de ce qu'on appelle IAF.
Cet envoi réussi  -contrairement à OFEK 6 qui s'était abîmé en mer en 2004 –augmentera les capacités de renseignements et d'actions d'Israël.
OFEK, développé par les industries israéliennes comme IAI, Elbit etc., est considéré pouvoir suivre de plus près ce qui se passe en Iran. Certains proches des affaires de sécurité israéliens prétendent de plus que l'Iran essaye aussi d'arriver à une réussite spatiale mais sans succès: l'Iran reçoit des services de renseignement de l'espace de la Russie et de l'Italie!

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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 07:08

Guéoula Cohen - Arouts Sheva


Guéoula Cohen espère que nous n'abandonnerons pas les parcelles de terres que nous avons récupérées lors de la Guerre des Six Jours. "Jusqu'à la Guerre des Six jours, Israël figurait sur la carte isolé et faible. A la suite de la Guerre des Six Jours, toute la carte du Moyen Orient changea et Israël prit de l'importance tant sur le plan diplomatique que sur le plan sécuritaire. Lorsque j'entends les récriminations et les protestations à propos de "la catastrophe qui nous est arrivée" lors de la Guerre des Six Jours, du fait que Jérusalem n'a pas été unifiée (ירושלים לא חוברה לה יחדיו), mais qu'elle est telle "une plaie dans le corps de la Nation" (היא חבורה בגוף האומה), je n'en crois pas mes oreilles, car il s'agit là d'une terrible falsification de l'Histoire"


Si nous n'étions pas entrés en guerre, nous n'aurions pas survécu. Nous avons fait face à une guerre d'extermination et le fait que nous ayons survécu fut un miracle et à mes yeux, ce fut la suite de la Guerre d'Indépendance en 1948.


Nous avons commis une grande erreur en n'enseignant pas à nos enfants et au monde que la "ligne verte" était une ligne provisoire de cessez le feu et que par la suite, ces territoires deviendraient officiellement nôtres, car ils font partie de notre patrimoine historique. Le Peuple d'Israël ne pourra jamais accepter un état privé du cœur même de l'Israël historique. Avec quoi vivra-t-il? Avec Ramat Gan? Ce n'est pas le cœur, le cœur, c'est Jérusalem, Bet-El, etc!


Cette guerre nous a été imposée. Nous ne sommes pas entrés en guerre pour conquérir, mais pour nous défendre et nous n'étions mentalement pas prêts à aller jusqu'au Golan et au Canal de Suez.


Mais il s'agit là du processus de la Guéoula, il s'agit de forces qui nous dépassent. Les gens ne regardent pas plus loin que le lendemain. Mais l'Histoire tourne selon une grande horloge, avec d'immenses aiguilles qui nous orientent et qui orientent les évènements en même temps.


Ce n'est pas étonnant si le Peuple d'Israël, de droite comme de gauche, courut en masse, ivre d'attente et d'espérance, vers les montagnes et les collines du Grand Israël. Jérusalem et Hévron étaient occupées par les Arabes et nous y sommes retournés. Nos avons entrepris de repeupler tous les terres de l'Etat dans un mouvement extraordinaire.


Nous avons payé très cher les propos de ceux qui jusqu'à ce jour, disent que nous sommes des colonisateurs et que nous opprimons un autre peuple. Le Peuple ne nous appartient pas, mais la Terre est bien à nous.


Nous paierons sans doute encore très cher pour chaque mot de ceux qui disent que Jérusalem n'a pas été unifiée et qu'ils sont prêts à retourner sur les frontières de 1967. Plus nous nous montrerons faibles et disposés à nous enfuir, et plus nous paierons cher.


Je suis aujourd'hui aussi émue que je le fus à l'époque en découvrant les paysages qui nous attendaient. Je veux croire de toutes mes forces que nous ne les abandonnerons jamais, car si, à D. ne plaise, nous les abandonnions, nous nous abandonnerions nous-mêmes.

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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 06:49

Claude Tencer - Desinfos.com

Au Moyen-Orient, la paix n’a pas la connotation universelle connue en Occident, ce n’est qu’un statu quo d’un processus de non agression. L’exemple de la paix signée à Camp David en 1979, entre l’Égypte et Israël, montre que cette paix s’inscrit essentiellement dans une « relation dilatoire » de tranquillité territoriale. Toutefois, ni le courage exemplaire d’Anouar Sadate se rendant au Parlement israélien à Jérusalem en novembre 1977, ni celle de Rabin qui permis la création de l’Autorité palestinienne, à la suite de la signature des accords d’Oslo, n’ont pu changer les mentalités, ni faire oublier la vieille rancœur des Arabes qui rendent Israël responsable de tous leurs maux.

 

On parle encore "d’occupation israélienne" pour justifier des actions suicidaires, on parle de "résistance" pour justifier les morts des civils, on propage la haine de l’Occident pour justifier une instrumentalisation de la religion pour des intérêts politiques. Il faut être un Etat naïf ou inconscient pour croire dans ces conditions à un espoir de paix, même virtuel, lorsque 22 pays arabes ou musulmans, privés pour l’instant de cohésion, peuvent un jour envahir à nouveau le monde.

Aussi, en lisant la Charte de l’OLP, toujours en vigueur, ou celle du Hamas, nul ne peut ignorer les intentions des leaders palestiniens. Pour l’exemple : dans le préambule de sa Charte, le Hamas annonce : « Israël s’élèvera et restera en place jusqu’à ce que l’Islam l’élimine, comme il a éliminé ses prédécesseurs ». L’article 2 annonce : « Le Mouvement de la résistance islamique [Hamas] est l’une des branches des Frères musulmans en Palestine. Le mouvement des Frères musulmans est une organisation mondiale, le plus important mouvement islamique à l’époque contemporaine  ». Dans l’article 7 on peut lire : « Le temps ne viendra pas avant que les musulmans ne combattent les juifs et ne les tuent. »

Certes, certains assimilent ces dires à une action de « résistance », d’autres les assimilent à la passion de la haine et à une incitation au meurtre. Cette haine est propagée aussi d’une façon complètement officielle sur la télévision palestinienne à Gaza. Pour l’exemple, observons quelques propos haineux propagés par le cheikh Ibrahim Mudeiris à la TV palestinienne dans son prêche du vendredi 13 mai 2005 : « Israël est un cancer [...] Les juifs sont un virus semblable au SIDA [...] Les juifs sont derrière toutes les guerres civiles de ce monde [...] Ce sont les juifs qui ont provoqué le nazisme [...] "Nous avons autrefois dominé le monde, et par Allah, le jour viendra où nous le dominerons à nouveau [...] Sous notre domination, les juifs n’auront pas une vie tranquille [...] Le jour viendra où tous seront soulagés des juifs ... Chaque arbre et chaque pierre voudront que les musulmans viennent à bout de tous les Juifs...

Ces propos n’ont guère de rapport avec une divergence territoriale , mais, avec la paix.

En juin 1951, le roi Abdallah, premier roi de Jordanie, déclare à un envoyé de l’ONU sa crainte face à l’action internationale en faveur de la paix : « Je suis un vieil homme ; je sais que mon pouvoir est limité ; je sais que je suis détesté par mon propre fils. Je sais aussi que mon propre peuple me déteste en raison de mes efforts de paix. Mais en dépit de tout, je sais que je pourrais obtenir un règlement de paix si seulement j’avais quelques encouragements et si je pouvais obtenir des concessions raisonnables de la part d’Israël... S’il vous plaît, aidez-moi. Je suis un vieil homme et je ne veux pas mourir le cœur brisé . » Le roi est assassiné un mois plus tard, après la prière à la mosquée Al Aqsa, par un homme du mufti de Jérusalem.

 

D’ailleurs, après la guerre de 1948, le roi Abdallah de Jordanie a proclamé : «  la Jordanie est prête à accueillir les réfugiés comme citoyens permanents  » (Le Monde, 21 avril 1951). Le roi Abdallah n’a fait qu’assumer rationnellement le rôle d’un Etat. La Jordanie est en effet majoritairement palestinienne.

Le royaume de Jordanie ou la Transjordanie a été fondé par les Britanniques en 1921, sans l’aval de la Société des nations ni d’aucune instance internationale. D’un point de vue historique, avant la guerre de 1948, la Cisjordanie ne faisait pas partie de la Jordanie. C’est durant la guerre de 1948, après le refus arabe de la résolution 181 (plan de partage de la Palestine) votée par l’ONU, que la Légion arabe et l’armée de volontaires arabes s’emparèrent de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

La Cisjordanie, faisant partie de l’espace du mandat britannique, n’a jamais été un État souverain, par conséquent, n’a jamais été un État palestinien. Le 24 avril 1950, le Parlement de la Jordanie vote une loi d’annexion de la Cisjordanie. Le 14 décembre 1955, la Jordanie est admise comme membre des Nations unies sans qu’aucune contestation ne soit faite quant à sa souveraineté sur la Cisjordanie annexée, un territoire pourtant conquis par la guerre, en contradiction avec le droit international.

Après sa victoire dans la Guerre des six jours en 1967, Israël s’empare de la Cisjordanie et de Gaza dans une guerre imposée par un casus belli. On parle alors de territoires occupés, que les Israéliens doivent rendre aux Palestiniens. Pourtant, aucun Etat palestinien n’existait ni n’a pris part à cette guerre. Comme le fait remarquer aussi J.F. Legrain : Nulle part on ne trouve revendiquée la création d’un État palestinien, impensable en période de panarabisme triomphant et, de toute façon, exclue par la Jordanie. »

Dans l’histoire contemporaine, nous ne connaissons pas d’exemple où un État récupère un territoire perdu à l’issue d’une guerre offensive.

 

 

 

 

Pour exemple, on peut citer le Japon, pourtant un État souverain, qui perd à l’issue de la Deuxième Guerre mondiale l’île de Sakhaline et l’archipel des Kouriles au bénéfice de l’URSS ; il ne les a toujours pas récupérés. La Prusse et la Poméranie orientale faisaient partie intégrante de l’Allemagne. Celle-ci les a définitivement perdues en 1945, au bénéfice de la Pologne et partiellement de l’URSS.

Etonnant de constater que l’OLP ne revendique guère un État, dans aucun des 33 articles de sa Charte, mais «  la libération de la Palestine  ». Un fait juridique controversé par le droit international, car l’espace de la Palestine inclut aussi bien la Jordanie que l’Irak. Il est invraisemblable aussi que l’OLP ne revendique pas, non plus, une souveraineté sur la Cisjordanie et Gaza, bien que nous soyons après la Guerre des six Jours et que ces régions soient sous autorité israélienne.

Le 1 janvier 1969, après la Guerre des six jours, le Comité central du Fatah expose les perspectives de la lutte palestinienne. Dans l’article 5 de sa déclaration, il est mentionné : « Le mouvement de libération nationale palestinienne Fatah proclame solennellement que l’objectif final de sa lutte est la restauration de l’État palestinien indépendant et démocratique dont tous les citoyens, quelle que soit leur religion, jouiront à droits égaux.  »

La formule la restauration de l’État palestinien laisse croire que l’État palestinien existait dans le passé, et que l’objectif palestinien n’est que de le libérer et de le restaurer. Une honnêteté intellectuelle qu’il convient de corriger.

Depuis les accords d’Oslo, l’Etat d’Israël a participé à la création de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie et à Gaza, acceptant même d’armer plus de 40 000 policiers. Certes, l’opinion internationale ne comprend pas pourquoi les négociations israélo-palestiniennes n’aboutissent pas à la création d’un Etat palestinien, et la rumeur veut que seul l’Etat d’Israël soit responsable de la détresse palestinienne.

En réalité, il est invraisemblable de constater qu’aucun accord, ni à Oslo ni ailleurs, prévoyant la création d’un Etat palestinien , n’a jamais été conclu officiellement entre Israël et les Palestiniens. Seules la création d’une Autorité et ses institutions de gestion ont été prévues. Certes, le comble, mais c’est une réalité.

Toutefois, si les accords d’Oslo ont fait naître l’espoir de paix au Moyen-Orient, Arafat anéantit tout rêve. Dans son discours à Johannesburg en mai 1994, il compare les accords d’Oslo à l’accord Khodeïbeh, que Mahomet signa avec la tribu de Koreïsh, lorsqu’il était en position de faiblesse. Il dénonce l’accord deux ans plus tard, les attaque et occupe la Mecque. Arafat explique l’apologue : « Les accords avec les mécréants et les infidèles ne sont toujours que des accords temporaires et sans valeur selon l’Islam, nous avons le droit de nous soustraire à nos obligations à tout moment, cela s’applique de même aux accords d’Oslo . »

Depuis son installation en 1994, l’Autorité palestinienne veut tout négocier, sauf ses exigences , à savoir : retrait israélien aux frontières du 4 juin 1967 (avant la Guerre des six jours), Jérusalem capitale, et le droit de retour des réfugiés palestiniens en Israël. Israël n’accepte guère ces conditions. A son sens, la création d’un Etat palestinien doit résoudre le problème des réfugiés dans l’espace de cet Etat. Etonnant de constater qu’une majorité desdits réfugiés demeurant hors des territoires n’a guère l’intention de déménager et de passer sous contrôle de l’Autorité palestinienne, préférant leur situation actuelle.

Sous le titre «  Un alibi pour la Ligue arabe  », Le Monde du 21 avril 1951 relate la réflexion de Richard Crossrrian, député travailliste, au cours du débat du 15 mars à la Chambre des communes au sujet des réfugiés : Tant que nous compterons sur l’ONU pour faire quelque chose de sérieux pour l’établissement des réfugiés, nous ne ferons que nous leurrer, car l’ONU est une organisation politique. II y a la Ligue arabe et toute la politique de la Ligue arabe... ! La Ligue arabe a besoin du problème des réfugiés pour maintenir la cohésion contre Israël... L’établissement des réfugiés la priverait de son sujet de plainte le plus important. En second lieu, une paix entre la Jordanie et Israël serait des plus embarrassantes du point de vue de la Ligue arabe, en levant l’embargo sur Israël... Telle est, me semble-t-il, l’impasse à laquelle nous nous trouvons acculés...

La conception de l’entité palestinienne est récente. Cette entité palestinienne ne se distingue d’aucune exception ou particularité de l’entité ou de l’identité arabe, comme ne cesse de le faire remarquer l’OLP dans sa Charte et ses diverses déclarations. Ceci étant, il ne serait pas exagéré d’imaginer la communauté maghrébine de Marseille ou celle de Roubaix revendiquer dans vingt, trente ou cinquante ans, «  au nom des peuples à disposer d’eux-mêmes  » et du «  droit à la terre  », le territoire marseillais ou celui du Nord comme territoire maghrébin. Cette revendication paraît entièrement logique et légitime dans le sens de la revendication palestinienne sur la Palestine.

Un fait au moins paraît certain dans cette tragédie ; le malheur des uns ne fait guère le bonheur des autres...

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6 juin 2007 3 06 /06 /juin /2007 06:56

Entretien avec Zeev Sternhell



Le sionisme, idéologie officielle de l'état d'Israël, joue-t-il aujourd'hui le même rôle qu'à l'époque des « pères fondateurs » ? Ou bien s'est-il transformé au fil des décennies, s'adaptant aux mutations de la société israélienne à mesure qu'arrivaient de nouvelles vagues d'immigrés et que s'enlisait le conflit palestinien ? Pour prendre la mesure de ces évolutions, nous sommes allés à la rencontre de Zeev Sternhell, historien de renom international et acteur engagé de la vie publique israélienne.


Né en Pologne en 1935, Zeev Sternhell s'est réfugié en France après la guerre, avant de s'installer dans le jeune État d'Israël au début des années 1950. De retour en France, il a soutenu une thèse de doctorat sur Maurice Barrès. En s'appuyant sur les œuvres de penseurs comme Vacher de Lapouge, Georges Valois, Georges Sorel ou Henri de Man, il a montré que le fascisme, fruit d'un nationalisme antirépublicain et d'un syndicalisme révolutionnaire millénariste, avait germé en France à la fin du XIXe siècle. Membre fondateur du mouvement Shalom Archav (« La paix maintenant »), il est professeur émérite de sciences politiques à l'Université hébraïque de Jérusalem.

Zeev Sternhell a publié, entre autres, Maurice Barrès et le nationalisme français (Armand Colin, 1972), La Droite révolutionnaire (1885-1914). Les origines françaises du fascisme (Seuil, 1978), Ni droite, ni gauche. L'idéologie fasciste en France (Seuil, 1983), Aux origines d'Israël : entre nationalisme et socialisme (Fayard, 1996) et Les Anti-Lumières du XVIIIe siècle à la Guerre froide (Fayard, 2006).

La Vie des Idées : à l'époque où vous vous êtes installé en Israël, dans les années 1950, vous rêviez d'un pays européen, laïc, avec des partis de gauche puissants. Vos espérances ont-elles été réalisées ?

Zeev Sternhell : Quand je suis arrivé en Israël, en février 1951, j'étais bercé par beaucoup de mythes. Parmi ces mythes - il m'a fallu quarante ans pour comprendre que c'en était un -, il y avait la volonté d'instaurer le socialisme en Israël. Je rêvais de voir naître un pouvoir ouvrier, et j'ignorais que, à sa place, c'était le pouvoir de la bureaucratie qui s'installait. Nous étions nombreux à vouloir construire un pays laïc, ancré à gauche, capable de réduire les inégalités sociales. Ces espérances, évidemment, n'ont pas été réalisées. Sans doute attendais-je trop de cette entreprise. J'étais peut-être naïf - je n'avais pas encore 16 ans. Mais l'âge n'était pas seul en jeu ; car, dix ou vingt ans plus tard, j'étais encore attaché à ce rêve alors même que les conséquences de la guerre des Six Jours et de celle du Kippour avaient ébranlé beaucoup de certitudes dans mon esprit. Mais je dois le reconnaître : ce à quoi j'aspirais en 1951, 1961 ou 1971, non, cela ne s'est pas réalisé.

vdi : Dans votre livre Aux origines d'Israël, vous montrez que le sionisme est un nationalisme. Cela signifie-t-il qu'Israël est un pays fondé sur l'idéologie barrésienne de la « terre » et des « morts » ?

z. s. : L'expression est trop forte mais, au fond, pas inexacte. Historiquement, le sionisme est par définition un nationalisme juif, et ce nationalisme ne pouvait être qu'un nationalisme culturel et ethnique parmi d'autres en Europe orientale. Même dans cet État-nation par excellence qu'est la France, la nation se définit - au moment où le sionisme prend corps - moins comme un ensemble de citoyens que comme un organisme vivant, un esprit, une âme. Il en est déjà ainsi chez Michelet. Sans doute cette idée a-t-elle été reprise par la droite et l'extrême droite, mais elle reste chevillée au corps de très nombreux Français. Être français aujourd'hui, c'est posséder une carte d'identité, c'est-à-dire un document juridique, mais c'est aussi appartenir à une nation qui, elle, est un produit de l'histoire. En Israël, ce sentiment est encore plus fort.

vdi : En tant qu'historien, vous avez passé plusieurs décennies à analyser le phénomène fasciste. Dans quel sens avez-vous évoqué, en 2001, une « fascisation de la société israélienne » ?

z. s. : L'occupation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza a pourri notre société. Il y a vingt ou trente ans, il aurait déjà fallu mettre fin à l'occupation pour rétablir la santé de notre société. L'exclusivisme juif à l'égard des Palestiniens représente un danger pour Israël plus encore que pour ses voisins. C'est l'esprit et la réalité de l'occupation : d'un côté, il y a les Israéliens, de l'autre, les Palestiniens, sous leur botte. C'est un désastre pour notre société. Évidemment, d'un point de vue physique et matériel, les Palestiniens en souffrent beaucoup plus que nous. Mais, en termes moraux, la société israélienne paie un prix exorbitant.

vdi : Plusieurs intellectuels israéliens réfléchissent au post-sionisme. D'autres appellent de leurs vœux une Constitution laïque. Où en est le processus de sécularisation en Israël ?

z. s. : Avant de répondre à votre question, je voudrais m'attarder un instant sur la notion de post-sionisme. Si par post-sionisme on entend une pensée d'où le sionisme a été évacué, je ne m'y reconnais pas. J'ai été et je reste un sioniste. Mais tout est affaire de définition. De quel sionisme parle-t-on ? Avant la création d'Israël, avant même Herzl, ses fondateurs parlaient en termes de mouvement national. Mais tout de suite se pose ici la question : quel nationalisme ? Herzl rêvait d'un nationalisme libéral qui, à cette époque déjà, était non seulement une chimère en Europe orientale et centrale, mais était aussi battu en brèche dans un pays comme la France. Là où vivaient les Juifs, la religion était un élément fondamental de l'identité nationale : le sionisme n'y a pas échappé et le processus de sécularisation que j'espérais n'a pu réellement se mettre en marche dans le sens où on l'entend en France.

C'est ainsi que la religion juive a façonné le mode de vie des Israéliens. À l'époque du mandat britannique, les habitants de Tel-Aviv, pour affirmer leur identité juive, ont pris sur eux de faire du shabbat un jour sans transports publics, sans restaurants ni cinémas. Dans les années 1950 et 1960, Tel-Aviv et naturellement Jérusalem se transformaient en villes mortes le vendredi à partir de trois ou quatre heures de l'après-midi, et cela jusqu'au samedi soir. Cette absence de vie sociale, imposée à tous, tenait de la dictature, mais était malgré tout acceptée. Aujourd'hui, tout cela appartient au passé. À Jérusalem, le vendredi soir, on peut dîner en ville, aller au cinéma, dans un pub ou dans une discothèque. La vie sociale est beaucoup plus souple, libérée des obligations religieuses. Mais, aujourd'hui encore, la religion contraint les laïcs à adopter des comportements conformes à des règles qui leur sont étrangères, comme le mariage religieux ou la définition du Juif comme une personne née de mère juive. En ce sens, le judaïsme fait partie intégrante de la société israélienne.

Je suis pourtant favorable au principe d'une Constitution laïque. La religion doit être ramenée dans la sphère privée. Il est nécessaire aussi qu'elle soit évacuée de la vie politique. Mais je crains que ceci, au moins à court terme, ne soit un vain espoir. Le judaïsme ne peut avoir l'histoire du christianisme car il est davantage qu'une religion : il est un pilier de l'identité nationale. Or le processus de transformation du judaïsme en simple religion sera long et difficile, ponctué d'innombrables affrontements. La plupart des laïcs pensent qu'Israël est confronté à des tâches plus urgentes, la paix par exemple. Le processus de sécularisation au sens français du terme, avec une séparation de l'Église et de l'État, n'est donc pas d'actualité en Israël, et il n'y a pas grand espoir qu'il le soit dans un avenir proche.

vdi : Depuis les années 1980, Israël a accueilli des dizaines de milliers de Juifs originaires du bloc soviétique. Beaucoup d'Ashkénazes ont vu favorablement cette arrivée parce qu'elle leur permettait de renouer avec leurs origines européennes. Mais ces immigrés continuent de parler russe, ils admirent l'American way of life, sont attirés par le Likoud et le parti d'Avigdor Lieberman. Que pensez-vous de ce mode d'intégration ?

z. s. : Là encore, pour comprendre la situation actuelle il faut revenir en arrière. Au début des années 1950, Israël a enregistré sa plus grosse vague d'immigration. L'année 1951, celle de mon arrivée, constitue à cet égard un record. Des centaines de milliers de personnes campaient sous des tentes à cause d'une pénurie de logements. À mon époque, l'intégration fonctionnait sur le mode du melting pot américain. Il fallait se couler dans le moule existant, ce qui correspondait à la volonté de « fabriquer » des Israéliens tout de suite. On ne nous demandait pas exactement d'abandonner notre bagage culturel ou d'oublier notre langue - l'assimilation devait se faire de manière naturelle -, mais de ranger notre bagage d'origine dans celui, plus grand, de la culture israélienne. Il fallait avant tout devenir un Israélien à part entière.

Dans les années 1930 et 1940, il y a eu une lutte féroce contre le yiddish, qui était la langue de 80 % des nouveaux Israéliens. Cette campagne s'est poursuivie après la création de l'État d'Israël, alors que le judaïsme d'Europe orientale avait cessé d'exister. J'ai la copie d'une lettre datant de 1950 et envoyée par la censure à une personne qui voulait monter une pièce de théâtre en yiddish ; cette lettre précisait que cette langue, interdite par la loi, n'était tolérée que pour les troupes étrangères. En 1950, il y avait donc - encore et toujours - une guerre à outrance menée contre le yiddish. Le modèle de l'Israélien, c'était celui qui parle hébreu, qui mène une vie en tout point contraire à celle de la diaspora, qui au fond méprise les Juifs restés en Europe.

Avec les Juifs de Russie, on est en présence d'une tout autre forme d'intégration. Ils admirent en effet l'American way of life, tout en voulant bénéficier des avantages de l'État-providence. Ils sont arrivés avec une haine viscérale à l'égard de tout ce qui touche au socialisme et même à la réduction des inégalités. Ce qui ne les empêche pas, par ailleurs, de refuser de rester eux-mêmes au bas de l'échelle sociale : il y a une contradiction flagrante entre leur idéologie et leur condition sociale. En outre, les Juifs de Russie ont apporté quelque chose que les Israéliens ignoraient : le nationalisme d'origine, la fierté de la nation et de la culture russes, associés à une espèce de fureur consumériste. Ce-la dit, l'immigration russe ne change pas la société dans un sens univoque. Les Juifs de Russie sont souvent laïcs et beaucoup, par exemple, n'ont aucun problème avec le fait de manger du porc. Ils sont pourtant les alliés les plus sûrs des colons intégristes.

vdi : Une des singularités d'Israël est que les Juifs vivant à l'étranger - diaspora européenne, Juifs russes ou argentins candidats à l'émigration, etc. - sont des citoyens en puissance. Cette dramaturgie du retour est-elle compatible avec la normalité à laquelle Israël aspire?

z. s. : Oui et non. Non, parce que les Juifs d'Israël regardent ceux de la diaspora comme faisant partie d'un même peuple. De ce fait, ils peuvent devenir des citoyens israéliens à tout moment ; ce n'est pas le cas pour les Arabes et les autres non-Juifs. Un Arabe israélien n'a pas le droit de faire venir chez lui une Palestinienne qu'il aurait épousée. Il peut évidemment l'épouser, mais elle devra continuer à vivre chez elle, en Cisjordanie. Tout ceci sert à défendre la communauté juive. Les Israéliens ont édifié une muraille autour d'eux pour empêcher que le rapport de force ethnique ne leur devienne défavorable.

Cette situation correspond en fait à la normalité à laquelle Israël aspire. La normalité consiste aujourd'hui à atteindre une compétence technologique, une économie prospère et une puissance militaire. Une fois ces trois aspects acquis - et ils le sont -, Israël se considère en équilibre. La normalité ne peut aller de pair avec un abandon du caractère juif de l'État. Dans le passé, la normalité ne signifiait pas autre chose que la création d'un État-nation. Il en est de même aujourd'hui et, sur ce point, le consensus est quasi général. Il y a là un problème qui ne sera pas réglé par notre génération. Israël restera non pas un État juif au sens théologique du terme, mais l'État des Juifs, l'État où les Juifs constituent la majorité et où ceux qui vivent ailleurs peuvent venir quand ils le désirent. Cette situation ne pourra pas changer, du moins tant que le conflit durera.

vdi : Précisément, quelle est la place de la minorité arabe dans cette démocratie qu'est Israël ?

z. s. : Les Juifs israéliens et les Arabes israéliens sont les citoyens d'un même État. Ces derniers ont le même droit de vote et bénéficient des mêmes allocations familiales que les premiers. Mais, au-delà de leur qualité de citoyens, les Arabes sont aussi membres de la communauté nationale palestinienne. Or, dans un État-nation, quand il faut choisir entre la qualité de membre d'une nation et la qualité de citoyen d'un État, c'est toujours la première qui l'emporte. Israël, qui est un État-nation juif, accorde les mêmes droits politiques et sociaux aux Arabes; mais comme la qualité de Juif a la préséance sur la qualité de citoyen israélien, les Arabes se trouvent dans une situation d'infériorité.

C'est là un problème grave et il reste beaucoup à faire pour le corriger. Bien sûr, les Arabes israéliens ont une qualité de vie très supérieure aux Arabes des autres pays du Moyen-Orient. Non seulement Israël est une démocratie politique, mais le pays accorde à ses citoyens un filet de protection sociale qui comprend l'assurance maladie, l'assurance chômage, etc., et qui n'existe pas dans la plupart des pays arabes. Les Arabes en bénéficient comme les autres Israéliens. Mais, comme je vous le disais, l'inégalité s'exprime, entre autres, dans le fait que n'importe quel Arabe palestinien ne peut venir s'installer en Israël ; en revanche, n'importe quel Juif peut émigrer en Israël quand il le souhaite. La raison de cette inégalité est simple: on craint que les Palestiniens des territoires occupés n'arrivent en masse et qu'Israël perde son caractère propre. Ce désir de venir s'installer en Israël est d'ailleurs bien compréhensible : ici, le niveau de vie est infiniment plus élevé que dans les pays voisins. Le PIB israélien est dix fois - parfois quinze fois - supérieur à celui des pays arabes.

En outre, la minorité arabe en Israël développe un nationalisme qui n'est pas seulement culturel et qui, pour tout ce qui concerne les rapports entre la majorité et la minorité, représente un danger pour l'avenir. Une minorité qui représente 20% de la population et qui jouit des droits de citoyenneté sans reconnaître la légitimité de l'état auquel elle appartient, cela pose un problème. Il faut donc aller au-delà de la situation actuelle, en faisant des Arabes des citoyens à part entière, en leur permettant d'accéder à tous les postes, en investissant massivement dans leur système éducatif, en instaurant une égalité absolue entre les deux communautés. Il faut qu'ils aient le sentiment que le pays est aussi le leur, mais - et je veux insister là-dessus - il faut que les Arabes acceptent la légitimité du sionisme.

vdi : Vous avez servi dans l'unité d'élite Golani et vous avez fait trois guerres dans le désert. L'honneur, la bravoure, la camaraderie sont pour vous des valeurs importantes. Il y a entre Israël et son armée des liens consubstantiels. Pourtant, il semble que l'éthique militaire soit, comme dans plusieurs pays d'Europe, en déclin.

z. s. : Oui, dans une certaine mesure. Mais l'essentiel demeure : les jeunes sont toujours prêts à se battre pour défendre leur pays. Au Liban, en juillet 2006, les soldats du rang, les chefs de section et les capitaines se sont battus courageusement. La faiblesse d'Israël se situait au niveau de son haut commandement. L'armée avait perdu l'habitude de manœuvrer en grandes unités. Depuis vingt ans, elle ne fait que courir après les Palestiniens dans les territoires occupés. Elle a tout simplement perdu l'habitude de faire la guerre parce qu'elle est devenue une police coloniale. Pourtant, la volonté de combattre est restée. Les trois divisions engagées au Liban étaient mal préparées, souvent mal commandées, mais les soldats se sont battus comme leurs pères et leurs grands-pères avant eux.

vdi : En tant qu'historien, mais aussi comme citoyen, on vous sent très épris de la pensée des Lumières, qu'elles soient juives ou « franco-kantiennes ». Nous entrons dans un siècle qui semble leur tourner le dos. Percevez-vous cette évolution chez les Juifs d'Israël et d'ailleurs ?

z. s. : Ce n'est pas un phénomène juif ; c'est un malheur universel. On attaque le rationalisme et les valeurs universelles, c'est-à-dire les fondements des droits de l'homme, au nom du particulier et du relatif. Or, dès que les valeurs absolues disparaissent et que s'instaure un relativisme moral, les fondements de toute société ouverte et libre s'effritent irrémédiablement. Je suis persuadé que, aujourd'hui comme hier, l'héritage des Lumières constitue le seul fondement d'un humanisme bien compris. En même temps, j'entrevois une lueur à l'horizon : l'engouement pour le post-modernisme, qui tend à dénigrer les Lumières, commence à perdre du terrain. Le sentiment que les valeurs des Lumières restent irremplaçables remonte progressivement à la surface. Je juge que c'est là un processus d'une importance capitale pour notre civilisation.

Propos recueillis par Ivan Jablonka

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